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« Panama Papers » : Crédit Agricole et BNP Paribas n’échappent pas au scandale

« Panama Papers » : Crédit Agricole et BNP Paribas n’échappent pas au scandale

Selon les informations du journal Le Monde, les deux banques recourent également aux services de cabinets spécialisés dans les montages de sociétés offshore. Michel Sapin a demandé à voir les patrons des établissements.

Après Société Générale , c’est au tour de Crédit Agricole d’être visé par les révélations des « Panama Papers », qui mettent au jour les mécanismes de la finance offshore. Selon le journal Le Monde (lien payant), la banque aurait administré « auprès de Mossack Fonseca pas moins de 1.129 sociétés offshore depuis les années 1990 ». Toujours selon le quotidien « c’est par ses filiales historiques, en Suisse et au Luxembourg, que la majorité de ces montages offshore ont été gérés. »

Peu après ces révélations, le ministre des Finances Michel Sapin a demandé et reçu des explications de la part des banques françaises. Il rencontrera les deux patrons « dans les tous prochains jours », affirme Bercy.

La banque verte assure au journal « s’être engagé[e], depuis plusieurs années, dans une “démarche” active afin de détecter d’éventuelles irrégularités fiscales commises par ses clients, y compris français ». Le quotidien relève d’ailleurs que des notes internes montrent que « le siège parisien du groupe a réclamé à plusieurs de ses filiales l’arrêt des domiciliations de sociétés offshore, pour les concentrer sur la Suisse ».

Les banques n’en ont pas fini avec les paradis fiscaux

Dans les documents de référence , les dernières traces du paradis fiscal remontent à 2010. La banque verte détaille ses implantations directes ou indirectes dans les « Etats ou territoires non coopératifs ». L’établissement détenait 97,77 % de Parklight International S.A, dissoute le 13 janvier 2011. Cette société était spécialisée dans le « financement maritime ». Outre le Panama, la banque verte était également implantée à Brunei, au Liberia (pour du financement maritime aussi) et aux Philippines.

Cependant les banques n’en ont pas fini avec les paradis fiscaux. Selon Le Monde elles ont simplement « externalisé l’offshore à des cabinets privés ». Ainsi le groupe Crédit Agricole aurait « évacué de son bilan plus de la moitié des sociétés offshore qu’il gérait en conservant ses clients ».

Après cette mise en cause du Monde, dans la journée de mercredi, le Crédit Agricole a réagi. Dans un communiqué, la banque verte affirme qu’elle « ne crée ni n’administre de structures dites offshore pour ses clients. Cette activité a été progressivement arrêtée et a cessé de manière définitive en 2015 ». La banque affirme par ailleurs ne pas être présente au Panama, ni « dans aucun paradis fiscal ». Elle assure également avoir « engagé son retrait des territoires non-coopératifs à partir de 2010 ».

Quant à BNP Paribas, le quotidien du soir souligne qu’elle était « moins gourmande » des services de Mossack Fonseca, mais traitait avec d’autres cabinets comme Equity Trust ou Trident Trust. « Ce qui laisse deviner un portefeuille global de sociétés offshore bien plus large que celui découvert par notre enquête », souligne Le Monde.

Société Générale s’explique devant les sénateurs

Ce mercredi matin, le patron de Société Générale, Frédéric Oudéa, était auditionné par le Sénat pour s’expliquer sur les activités de la banque au Panama. « Laisser penser que le groupe Société générale serait au coeur de l’évasion fiscale est une information erronée et injustifiée », a déclaré Frédéric Oudéa devant les sénateurs.

Certains élus reprochaient également à Frédéric Oudéa d’avoir menti lors d’une précédente audition en 2012 en assurant que sa banque avait fermé ses implantations dans les paradis fiscaux. En conséquence, ils réclamaient des poursuites judiciaires pour « faux témoignage » contre Frédéric Oudéa. Or selon l’ancien président de la commission d’enquête du Sénat, Philippe Dominati (LR) rien ne peut amener le Sénat à poursuivre Frédéric Oudéa pour faux témoignage. « Je ne vois rien qui puisse amener le bureau du Sénat à poursuivre sur cette déclaration de Monsieur Oudéa », a-t-il déclaré.

Etienne Goetz
lesechos.fr

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