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109 entreprises québécoises rattachées aux Panama Papers

109 entreprises québécoises rattachées aux Panama Papers

Au Québec, plus d’une centaine d’entreprises ont au moins un «actionnaire» ou un «adminis­trateur» domicilié au cabinet d’avocats Mossack Fonseca, au centre des Panama Papers, la fuite massive de documents qui défraie la chronique à travers le monde depuis une semaine.

Après des recherches approfondies, notre Bureau d’enquête a pu recenser jusqu’ici pas moins de 109 compagnies québécoises liées aux bureaux de ce cabinet au Panama, aux Îles Vierges britanniques, aux Seychelles et aux Bahamas.

Pour la plupart de ces entreprises, impossible de connaître les véritables actionnaires: ils sont systématiquement camouflés derrière des employés de Mossack Fonseca et d’autres professionnels de l’optimisation fiscale, ici et aux quatre coins du monde.

Pétrole, diamants et soccer

Selon les documents officiels, la plupart de ces entreprises agissent comme «société de portefeuille», en gérant des actifs financiers. Plusieurs autres secteurs d’activités sont cependant présents dans les fiches des compagnies liées à Mossack Fonseca.

Un grand nombre d’entre elles évoluent dans l’immobilier ou le courtage d’hydrocarbures, selon les informations officielles déposées au Registre des entreprises. D’autres encore font dans le trafic de diamants, comme le rapportait notre Bureau d’enquête samedi.

Le Journal a même repéré une entreprise qui fait dans la «représentation de joueurs de football», selon sa fiche. Elle est représentée par un avocat français, qui donne une adresse… en Suisse.

Un journaliste prend une photo de la façade du bâtiment de la firme Mossack Fonseca, à Panama City.

Un journaliste prend une photo de la façade du bâtiment de la firme Mossack Fonseca, à Panama City.

De Grandpré Chait

Des dizaines d’entreprises mentionnent l’adresse de bureaux d’avocats montréalais comme «domicile élu». Parmi eux, le plus populaire est De Grandpré Chait. Son adresse figure dans la fiche de 23 compagnies québécoises différentes ayant un actionnaire domicilié chez Mossack Fonseca, dans un paradis fiscal quelconque.

«Oui, le cabinet, surtout à travers certains parajuristes, a eu des communications avec Mossack Fonseca. Mais jamais on ne leur a envoyé un client», assure Martin Raymond, chef de la fiscalité chez De Granpré Chait.

Il affirme que le gros des clients actuels liés au bureau panaméen font appel à son cabinet pour se mettre en règle avec le fisc. En vertu d’un programme fédéral, les Canadiens qui n’ont pas payé leurs impôts peuvent ainsi rembourser leur dû sans payer d’amende.

«Nous avons 225 dossiers de divulgation volontaire d’ouverts, pour des actifs d’une valeur totale de 500 M$», dit Martin Raymond.

Mais le cabinet a aussi multiplié les clients aux relations obscures, dont la Société financière internationale Emaxon. Cette entreprise appartient à Dan Gertler. Même Mossack Fonseca s’est débarrassé de lui, l’associant aux «diamants du sang» du Congo en guerre.

Selon les recherches de notre Bureau d’enquête, plusieurs entreprises liées à Mossack Fonseca ont également mentionné un domicile élu chez Lavery de Billy et dans les bureaux d’une avocate spécialisée en immigration, dans le Vieux-Montréal.

Les responsables n’ont cependant pas rappelé pour répondre à nos questions.

– Avec la collaboration de Sarah Sanchez et Philippe Langlois
Hugo Joncas
journaldemontreal.com

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