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2016 : la fin d’un cycle mondial gagnant-perdant

2016 : la fin d’un cycle mondial gagnant-perdant

Pour François-Xavier Chauchat, économiste et membre du comité d’investissement de Dorval AM, 2016 est tout sauf une année pour rien. Elle a été au contraire le théâtre d’une inflexion majeure dans le cycle mondial dont les implications seront plus que signifiantes pour les investisseurs.

Les craintes liées au ralentissement chinois, à l’écroulement des prix des matières premières et aux déceptions sur la croissance américaine avaient déprimé les marchés boursiers depuis l’été 2015. Face à l’évidence que ces risques étaient très exagérés, les marchés actions ont remonté depuis le point bas de février 2016, brièvement interrompus par l’épisode du Brexit. Ainsi, Les indices mondiaux se retrouvent proches de leur niveau de début d’année. Alors, une année pour rien ? Contrairement aux apparences, cette année 2016 marque en réalité une rupture cyclique importante, lourde de conséquences pour les investisseurs.

Pendant plus de trois ans, nous avons connu un cycle gagnant-perdant où la stabilité de la croissance globale – autour de 3% par an – masquait de considérables divergences. Les pays et secteurs les plus liés au monde émergent et aux matières premières souffraient considérablement, alors que l’univers de la consommation dans les pays développés – et particulièrement en Europe – repartait sous l’effet des gains de pouvoir d’achat, de l’écroulement des taux intérêt et de la nette atténuation de l’austérité budgétaire. Quant à l’Amérique, ses consommateurs bénéficiaient certes de la baisse des prix de l’énergie, mais une partie de la production s’écroulait du fait de la fermeture de très nombreux puits de pétrole. Nul doute que ces disparités régionales et sectorielles extrêmes ont joué un grand rôle dans l’instabilité des marchés financiers et dans la nervosité des investisseurs.

Depuis le début de l’année, en revanche, de nombreux changements sont à l’œuvre. Les prix du pétrole et d’autres matières premières se sont stabilisés, la Chine a montré sa détermination à assurer un atterrissage en douceur de son économie en relançant le crédit chaque fois que nécessaire, et des pays comme la Russie ou le Brésil sont en train de sortir d’une récession très sévère, et sont même en position de baisser leur taux d’intérêt. Résultat : les entreprises occidentales les plus sensibles aux économies émergentes connaissent un bien meilleur sort en bourse, et surperforment les indices mondiaux depuis février dernier, après plusieurs années de grandes difficultés.

En Europe, la grande accélération est terminée, qui a vu le continent sortir d’une terrible récession pour atteindre une croissance d’environ +1.5%, créatrice d’emplois. L’enjeu pour le vieux continent est le maintien de ce rythme de croissance malgré les incertitudes associées au Brexit. Sauf accident politique majeur touchant à l’intégrité de la zone euro, ce pari devrait être gagné grâce à la fin du sadomasochisme budgétaire et à l’impact de la politique de la BCE. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les entreprises du secteur-clef de la construction, avec une reprise des commandes depuis quelques mois, après des années de dépression.

 


2016 : la fin d'un cycle mondial gagnant-perdant 

Pour les Etats-Unis, enfin, la sortie de l’économie à deux vitesses – consommation forte mais investissement très affaiblie par la crise du secteur énergétique – est encore difficile à discerner. Cette hésitation se manifeste dans la variabilité et la disparité des résultats des enquêtes auprès des entreprises. Mais le diagnostic fait peu de doute : l’économie américaine va bien, les marges élevées des entreprises ont tenu, et la réserve fédérale américaine est en passe d’atteindre ses objectifs de plein emploi et de normalisation de l’inflation. Reste à lever l’hypothèse Donald Trump, soit par l’élection d’Hillary Clinton, soit par l’édulcoration des projets protectionnistes du candidat républicain.

Au final, chez Dorval AM nous nous attendons à ce que la croissance mondiale reste stable – autour de 3-3.5% en 2017 – et surtout mieux synchronisée. Cette croissance est suffisante pour que plus 40% des sociétés occidentales cotées connaissent une augmentation de plus de 10% de leur bénéfices par action. Et elle n’est pas suffisamment forte pour qu’un choc de taux d’intérêt soit crédible. A condition que la politique ne vienne pas saper les infrastructures économiques et financières – commerce mondial, intégrité de l’euro – cette meilleure synchronisation devrait permettre aux investisseurs d’être un peu plus confiants qu’aujourd’hui quant à la soutenabilité de la croissance que le monde connaît depuis 2010.

François-Xavier Chauchat,

Economiste et membre du comité d’investissement

Dorval AM

sicavonline.fr

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