vendredi 15 novembre 2019
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5 PROJETS QUI FONT PROGRESSER LA E-SANTÉ EN AFRIQUE

5 PROJETS QUI FONT PROGRESSER LA E-SANTÉ EN AFRIQUE
Rendre les systèmes de santé des pays en développement plus efficaces face aux maladies chroniques, au manque de personnel ou au déficit d’informations sanitaires : voilà la promesse des nouvelles technologies de santé. Zoom sur 5 projets soutenus par l’Agence française de développement.

chiffre 1EN TUNISIE, LA TÉLÉMÉDECINE COMBLE LES DÉSERTS MÉDICAUX

Tunisie télémédecine AFD
© Agustin Le Gall / AFD

En Tunisie, le désert peut aussi être médical. Dans le centre du pays, certaines zones souffrent d’un déficit chronique de médecins spécialisés : cardiologues, radiologues, obstétriciens… Pour y remédier, l’Agence française de développement (AFD) accompagne depuis 2016 la Tunisie dans le déploiement d’une solution adaptée : la télémédecine.

« La télémédecine permet la consultation et le diagnostic à distance entre les patients et des spécialistes situés dans des grands hôpitaux à plusieurs centaines de kilomètres », explique Anne Roos-Weil, responsable d’équipe projet Santé à l’AFD.

Le programme tunisien de numérisation des services de santé soutenu par l’AFD a bénéficié d’une subvention de 500 000 euros et doit recevoir un prêt de 27 millions d’euros. Il vise à réduire les inégalités territoriales de santé dans cinq domaines : la cardiologie, l’obstétrique, la périnatalité, la radiologie et les urgences.

« Cet outil permet aussi de réduire les déplacements, et donc les dépenses de transport des patients ainsi que les émissions de gaz à effet de serre », observe Anne Roos-Weil. Les porteurs du projet évaluent cette réduction à près de 5000 tonnes de CO2 sur trois ans.

chiffre 2AU CAMEROUN, DES COUVEUSES CONNECTÉES AU SECOURS DES NOURRISSONS

Cameroun AUI couveuse connecté santé AFD
© AUI

Au Cameroun, on compte moins de 100 couveuses pour plus de 7000 établissement de santé. Résultat : plus de 20 000 femmes perdent chaque année leur bébé né prématurément, faute, notamment, d’équipements adaptés. Dans le pays, un prématuré a ainsi 12 fois moins de chance de survivre qu’en Europe.

Primée cette année à l’AFD Digital challenge – ce qui lui permet de bénéficier de conseils, de formations et d’une subvention de 15 000 euros – la start-up camerounaise AUI Techno, basée à Yaoundé, entend cependant pallier ce manque avec la couveuse néonatale connectée qu’elle a conçue.

Celle-ci intègre un système de photothérapie, des capteurs et une caméra permettant au médecin de suivre en temps réel, via une application mobile, l’état de santé du nourrisson. Le spécialiste peut aussi régler la couveuse à distance et visualiser le stock d’appareils disponibles. Les données devraient quant à elle être partagées avec des chercheurs afin d’améliorer la prise en charge des nourrissons à l’avenir.

Entièrement élaborée au Cameroun, cette couveuse promet surtout d’être moins chère que les équipements aujourd’hui disponibles. Elle devrait ainsi permettre à davantage d’établissements de santé de s’équiper. Au Cameroun, en Afrique, et sans doute ailleurs.

chiffre 3AU KENYA, L’ASSURANCE SANTÉ DANS LE TÉLÉPHONE

Kenya Carepay AFD assurance santé téléphone
© Nyasha Kadandara

Au Kenya, où 93 % des habitants n’avaient pas, il y a peu, accès à une couverture santé, les patients peuvent désormais souscrire une assurance santé et régler leurs soins dans un vaste réseau d’hôpitaux grâce à un simple objet : leur téléphone portable.

C’est ce qu’a rendu possible la start-up kényane CarePay avec sa plateforme M-Tiba. Surfant sur l’essor des solutions de paiements par mobile en Afrique, le système permet aux Kenyans de déclencher le paiement de la consultation en activant un code via leur téléphone.

Le système est aujourd’hui utilisé par plus de 4 millions d’utilisateurs et près de 2700 prestataires de soins au Kenya. CarePay a notamment bénéficié début 2019 d’un prêt de 150 millions de shillings kényans (1,3 million d’euros) de l’Agence française de développement qui lui a permis d’étendre la plateforme à 500 nouveaux prestataires de soins. Fort de ce succès, CarePay prépare aujourd’hui le lancement de son service dans d’autres pays, dont le Nigéria, la Tanzanie, l’Inde et les Pays-Bas.

chiffre 4AU BURKINA FASO, DES SMS POUR SENSIBILISER AUX BONNES PRATIQUES DE SANTÉ

allolaafia santé Burkina AFD téléphone
© GRET

Dans la région du Gourma, à l’est du Burkina Faso, où les taux de malnutrition et de mortalité infantile sont extrêmement élevés, l’ONG Gret a mis en place avec le soutien de l’AFD un système facilitant l’accès des familles aux informations de santé.

Son service AlloLaafia (« Allô santé » en moré) a permis à des familles de s’abonner à des envois par sms et messages vocaux de conseils personnalisés sur différentes thématique de santé : bonnes pratiques nutritionnelles, suivi de la grossesse et du nourrisson, planification familiale… « Ces messages les incitent à prendre rendez-vous en centre de santé quand il le faut. Les patients sont mieux suivis », indique Gwenael Prié, responsable d’équipe projet Numérique à l’AFD.

« Cet outil permet aussi aux populations de lire les conseils de santé dans un cadre plus intime. Il autorise aussi les proches, enfants, grand-mères ou mari, à avoir accès aux informations », ajoute-t-il. Surprise : parmi les 25 000 abonnés au service dans la région de Fada N’Gourma où le dispositif a été mis en place se retrouvent 50 % d’hommes. Un plébiscite pour ce nouveau moyen de communication qui complète au quotidien les traditionnelles séances d’information des agents de santé locaux.

chiffre 5AU SÉNÉGAL, L’ÉCHOGRAPHIE DANS UNE VALISE

Sénégal valise connecté santé Amref
© AMRef

La région de Kolda, au sud du Sénégal, dispose d’une poignée de gynécologues pour une population dépassant les 800 000 habitants. Autant dire que les femmes des villages de brousse ne les consultent pas souvent.

Mais la situation est en train de changer grâce au programme Cellal e Kisal de l’AMRef, une ONG africaine qui fait référence dans le domaine de la santé publique. Financé par l’AFD, il a permis de développer une valise de télémédecine équipée d’un échographe afin de démocratiser les consultations prénatales au plus près des femmes enceintes.

Cette valise connectée est déjà disponible pour plusieurs centres de santé, et des sages-femmes ont été formées à son utilisation. Les femmes enceintes des villages de Kolda peuvent ainsi venir consulter pour une échographie près de chez elles. En cas d’image suspecte, celle-ci est aussitôt transmise par internet via une clé 3G à l’un des cinq gynécologues participant à l’opération, afin d’établir un diagnostic à distance. La valise contient aussi des outils permettant de réaliser d’autres tests de santé : glycémie, dépistage du VIH…

« Cette valise permet de solliciter l’avis d’un spécialiste et d’obtenir une réponse rapide en cas d’urgence », souligne Anne Roos-Weil. La possibilité pour les femmes d’avoir un suivi régulier de leur grossesse, et à la portée de leurs moyens, a transformé leur rapport avec le centre de santé. Un véritable progrès.

afd

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