La dette des pays émergents, qui se sont engouffrés dans la brèche ouverte par la faiblesse des taux, atteint un montant record. Selon un rapport de l’Institute of International Finance (IIF), elle a atteint au premier trimestre 2019 un montant record de près de 70.000 milliards de dollars, soit plus de deux fois leur produit intérieur brut (PIB). Sur un an, le ratio d’endettement, qui rapporte le stock de dettes au PIB a progressé le plus rapidement au Chili, en Corée du Sud, au Brésil, en Afrique du Sud, au Pakistan et en Chine.

“La dette des entreprises chinoises est de l’ordre de 150% du produit intérieur brut (PIB) aujourd’hui. Un des ratios les plus élevés au monde. Ceci est d’autant plus remarquable que les pays émergents ont en général des ratios de dette sur PIB moins élevés. Plus impressionnant encore, ce ratio était proche de 100% avant la crise de 2008. La croissance des emprunts des entreprises a donc été explosive”, souligne à cet égard Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez la société de gestion genevoise Pictet Asset Management.

Une tendance de fond qui inquiète, même si, sous l’impulsion du gouvernement (qui exhorte les sociétés à privilégier la qualité des investissements plutôt que leur quantité), le ratio de dette des entreprises sur PIB s’est quelque peu tassé depuis 2016, année où il a marqué un pic de 160%.