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A Lima, les ministres et les banquiers du monde trouvent des milliards pour le climat

A Lima, les ministres et les banquiers du monde trouvent des milliards pour le climat

ENVIRONNEMENT La course aux 100 milliards se poursuit…

Cent milliards de dollars. Soit 88 milliards d’euros. C’est la somme que les pays développés se sont engagés à fournir chaque année, à partir de 2020, aux pays pauvres pour freiner la hausse du thermomètre mondial.

Nous sommes pour l’instant encore loin de cette somme : d’après l’OCDE, la communauté internationale alloue aux pays les moins développés seulement 62 milliards de dollars par an, soit 54 milliards d’euros. Sans compter que ces milliards s’obtiennent en agrégeant « un peu tout et n’importe quoi », comme le démontre cet article de Libération.

Ceci dit, les engagements ont progressé cette semaine. Deux mois avant la conférence pour le climat (COP21) de Paris, les ministres des Finances se sont retrouvés à Lima (Pérou), en marge des réunions d’automne du FMI et de la Banque mondiale, pour trouver de nouveaux fonds. Et ça a marché.

Le risque d’éclatement de la bulle carbone

Alors, qui va lâcher des milliards ? Principalement les banques de développement. Vendredi à Lima, elles ont promis 15 milliards de dollars annuels supplémentaires (13 milliards d’euros). Ce nouvel effort a notamment été apporté par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne de reconstruction et de développement. Concrètement, elles se sont engagées à augmenter la part de leurs investissements consacrés à des projets verts.

Reste que, 62 + 15 ne faisant jamais que 77 milliards de dollars, il en manque toujours 23 pour atteindre les 100. Pour combler le reste, la communauté internationale compte sur les Etats. A commencer par ceux de l’Union européenne, qui fournissent déjà 4,7 milliards de dollars. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont notamment annoncé leur volonté d’accroître leur participation.

Mais rien ne sera possible sans l’argent des investisseurs privés. Pour les attirer, il faut leur faire financer des projets rentables… Mais pas trop. Car il ne faudrait pas qu’ils se détournent trop rapidement des industries polluantes, ce qui pourrait faire éclater «la bulle carbone», a expliqué Rachel Kyte, la « Madame Climat » de la Banque mondiale, à l’AFP.

Selon elle, l’accord climatique qui pourrait être conclu dans deux mois à Paris a la capacité de déstabiliser ces entreprises, qui font par ailleurs face à un mouvement croissant de « désinvestissement » hors des activités polluantes. Les banquiers centraux, qui ont commencé à pencher sur cette question, doivent « analyser si on fait face à un risque systémique» qui pourrait faire chanceler l’économie dans son ensemble, a-t-elle ajouté, espérant que cette transition sera gérée «de manière ordonnée ».

Les conséquences d’une surchauffe

Reste que, pour limiter la hausse de la température à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudra bien laisser dans le sol 80 % des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) déjà découvertes… Si, au final, toutes ces réserves étaient brûlées, la température progresserait de +4°C, ce qui menacerait notre sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau potable de plusieurs régions, tout en causant l’extinction de nombreuses espèces et la multiplication des événements climatiques extrêmes.

Il y aurait donc une hausse considérable du nombre de réfugiés climatiques, alors que les catastrophes naturelles ont déjà poussé 19,3 millions de personnes à quitter leur territoire en 2014, selon l’Observatoire des situations de déplacement interne. Rappelons que les pays pauvres sont les premières victimes des changements climatiques (désertification, cyclones, inondations, etc.).

Céline Boff
20minutes.fr

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