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A Shanghai, Xi Jinping peine à rassurer les investisseurs étrangers

A Shanghai, Xi Jinping peine à rassurer les investisseurs étrangers

Inaugurant la première grande foire aux importations de Shanghai, l’homme fort de Pékin est resté très évasif sur l’ouverture économique de la Chine.

Droit dans ses bottes. Inaugurant la première grande foire aux importations qui se tient jusqu’au 10 novembre à Shanghai, Xi Jinping a déroulé le tapis rouge aux importations, mais est resté – une fois de plus – très évasif sur l’ouverture économique du pays aux investisseurs étrangers. De même qu’il n’a annoncé aucune nouvelle mesure de relance, à l’heure où la croissance du géant asiatique montre des signes de faiblesse .

En pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis , l’homme fort de Pékin a donné une leçon de libre-échange à l’Amérique de Donald Trump, dénonçant tour à tour le « protectionnisme » et l’« isolationnisme », dans la droite ligne de ses discours tenus à Davos en janvier 2007 et au Bao Forum en avril. « Ils ne devraient pas montrer les autres du doigt pour faire oublier leurs propres problèmes », a martelé Xi Jinping, tout en prenant soin de ne jamais nommer son homologue américain. « Ils ne devraient pas se promener avec une lampe torche dirigée vers les défauts des autres sans éclairer les leurs. »

Devant 18 chefs d’Etat et de gouvernement (seul le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, avait répondu présent parmi les pays du G20), la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, ou encore le fondateur de Microsoft Bill Gates, le chef d’Etat chinois n’a en revanche pas annoncé de grandes mesures concrètes sur l’ouverture de son marché intérieur aux entreprises étrangères, se contentant d’assurer que la Chine allait « augmenter ses efforts » et s’ouvrir davantage. De quoi décevoir les diplomates et les dirigeants d’entreprises étrangères, qui se plaignent quotidiennement des barrières et difficultés d’accès au marché chinois.

Plaidoyer européen

En fin de semaine dernière, l’Union européenne avait exhorté la Chine à prendre des « mesures concrètes et systématiques » d’ouverture, allant au-delà de la seule réduction des droits de douane. Dans un communiqué, elle avait dit espérer « une déclaration claire » du gouvernement chinois détaillant les mesures et leur calendrier d’application à l’occasion de la foire de Shanghai.

Dans une rare tribune commune publiée jeudi dans le journal économique chinois « Caixin », les ambassadeurs de France et d’Allemagne avaient exhorté la Chine à « en faire plus » pour garantir un traitement équitable entre les entreprises européennes et chinoises. « L’année 2018 marquant le 40e anniversaire des politiques de réforme et d’ouverture, il serait approprié que la Chine aille au-delà de la rhétorique », plaidait de son côté la Chambre de commerce européenne dans un livre blanc paru vendredi. Peine perdue.

Pas de nouvelles réformes annoncées

Plutôt que de nouvelles réformes, Xi Jinping s’est contenté de promettre de nouvelles baisses de droits de douane à l’avenir et d’assurer que la Chine allait dépenser davantage en biens étrangers, au moment où ses immenses excédents commerciaux sont critiqués par certains partenaires. Le leader chinois s’est ainsi engagé à importer pour 30.000 milliards de dollars de marchandises au cours des 15 prochaines années (contre 24.000 milliards de dollars dans les estimations précédentes), tandis que les importations de services dépasseront les 10.000 milliards de dollars.

Des annonces qui ne règlent rien aux critiques de fond adressées à la Chine par les Etats-Unis et l’Union européenne. La Chine a déjà abaissé ses tarifs douaniers à six reprises ces deux dernières années, à l’heure où les produits importés sont de plus en plus recherchés par la classe moyenne.

A l’heure où la croissance économique chinoise ralentit et où la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis commence à se faire sentir, le discours de Xi Jinping était particulièrement attendu des investisseurs qui souhaitaient juger des velléités réelles d’ouverture de l’économie chinoise. Mais rien n’indique qu’une avancée décisive soit imminente. « Il a répété bon nombre des politiques planifiées que nous avons déjà entendues ces derniers mois », a déclaré Sue Trinh, responsable de la stratégie des changes chez RBC Capital Markets à Hong Kong, interrogé par Bloomberg.

Frédéric Schaeffer
lesechos

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