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A400M : Airbus reste optimiste malgré le crash

A400M : Airbus reste optimiste malgré le crash

Le groupe revendique une dizaine de campagnes commerciales en cours, dont une pourrait déboucher cette année.

Méthode coué ? Pour Marwan Lahoud, il ne fait aucun doute que l’A400M, tout comme l’A380, a encore de beaux jours devant lui. L’avion, qui volera finalement au Bourget, un mois et demi après le crash de Séville qui a fait quatre mort, conserve « toujours son potentiel commercial », affirme-t-il.

La preuve ? « J’étais en Asie il y a deux semaines avec Tom Enders [le Président exécutif d’Airbus Group, Ndlr]. Nous avons reçu énormément de sollicitations, sans compter la dizaine de campagnes actives. » Des campagnes actives dont une débouchera cette année, est-il prêt à parier.

Ces propos risquent d’en faire sourire plus d’un. Ce n’est pas en effet la première fois qu’Airbus laisse miroiter la signature d’un contrat export dans l’année en cours. Surtout, bien que Marwan Lahoud affirme que le programme est maîtrisé, l’ex-EADS se débat toujours avec la mise au point de son avion de transport militaire.

En 2010, du fait de problèmes sur les moteurs, Airbus avait dû encaisser 5,2 milliards de surcoûts aux termes d’une négociation très dure avec ses clients. On croyait le programme remis définitivement sur les rails. Quatre ans plus tard, le groupe a rajouté un demi-milliard d’euros de charges supplémentaires. En cause, la mise au point des différentes fonctions de l’avion, occasionnant son lot de retards de livraison. Et c’est sans compter les éventuelles conséquences financières, en cours d’évaluation, du crash de Séville.

Airbus estime toujours possible de livrer entre 13 et 17 A400M cette année

Pour justifier son optimisme, Marwan Lahoud met en avant le fait que le crash, aussi dramatique soit-il, ne remet pas en cause la conception de l’appareil, ni ses performances. Fort de l’autorisation de décoller pour les exemplaires sortis de chaîne donnée jeudi par les autorités espagnoles, Airbus estime toujours possible de livrer entre 13 et 17 A400M cette année, dont trois ou quatre à la France.

La grande muette, qui en exploite déjà six, piaffe d’impatience. « On ne peut plus s’en passer », a déclaré la semaine dernière le général Denis Mercier, chef d’Etat-major de l’armée de l’air. Quand il faut 2 jours pour transporter 8 tonnes à N’Djamena, un A400M en amène trois fois plus en six heures seulement.

Les soucis de jeunesse réglés, l’appareil devrait disposer de ses capacités tactiques l’année prochaine, largage de parachutistes par les portes latérales, ravitaillement d’avions de combat, auto-protection… « On commencera à disposer de l’avion qu’on voulait », s’est réjoui Denis Mercier. Pour ce qui est du ravitaillement d’hélicoptères, l’espoir est plus mince en revanche…

Alain Ruello
lesechos.fr

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