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Seglaro Abel Somé : «Le Burkina veut augmenter le taux de bancarisation à au moins 20% d’ici à 2015»

Seglaro Abel Somé : «Le Burkina veut augmenter le taux de bancarisation à au moins 20% d’ici à 2015»

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A quelques mois de la publication des résultats de l’évaluation 2011-2013 de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), son Secrétaire exécutif technique national se prononce pour les Echos du Faso sur les opportunités qu’offre cet instrument pour le développement du secteur privé comme moteur du développement du Burkina Faso.

Le Burkina Faso va bientôt procéder à la révision de sa Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). Qu’est-ce qu’on peut tirer comme bilan de la première étape de mise en œuvre ?

Le premier cycle de la SCADD couvre la période 2011-2015. À près de deux ans de l’échéance, il parait un peu trop tôt d’en tirer un bilan. Même pour l’évaluation indépendante prévue tous les trois ans par le dispositif de suivi et d’évaluation de la SCADD, nous ne disposons pas encore des résultats de l’évaluation 2011-2013 qui sont attendus d’ici à fin juillet 2014.

Néanmoins, les bilans annuels réalisés permettent d’indiquer que de 2011 à 2013, le taux moyen de la réalisation des mesures et actions de la matrice de performance de la SCADD a été de 63,34% et le taux moyen de l’atteinte des cibles des indicateurs, de 60%. En l’occurrence, bien que le taux de croissance annuelle du PIB réel n’ait pas encore atteint les 10% escomptés, il s’est situé à 7% en moyenne annuelle, entre 2011 et 2013, contre 5,2% entre 2000 et 2009.

En fait, ces chiffres reflètent les avancées certaines dans les domaines de la promotion des pôles de croissance, dans les secteurs agricole (agriculture, élevage, pêche et foresterie), minier, des infrastructures (hydro agricoles, routes, énergie, TIC), de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, dans la gouvernance (économique, politique, administrative et locale) et dans les questions transversales comme le genre, l’environnement, l’aménagement du territoire ou la démographie, mais également, les difficultés (défaillances dans les marchés publics, capacités humaines, matérielles et financières limitées) qui entravent la bonne exécution des politiques sectorielles et régionales.

 

Quelles sont les forces de cette Stratégie ?

Sa première force réside dans son approche plus logique de réduction de la pauvreté. Alors que le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) privilégiait une approche par l’offre des services sociaux aux couches les plus démunies, la SCADD entend développer les capacités productives en mettant l’accent sur les secteurs de production (ou créneaux stratégiques) dont la croissance a les effets les plus significatifs en termes de création de richesses, d’emplois et donc d’amélioration des revenus des populations, pour leur permettre d’accéder aux services sociaux. En d’autres termes, la SCADD s’attaque aux causes plutôt qu’aux conséquences de la pauvreté ; elle fait sienne l’adage selon lequel, il vaut mieux apprendre à pêcher aux populations, plutôt que de leur donner du poisson.

La deuxième force de la SCADD vient de son processus d’élaboration endogène, participatif et inclusif. C’est en effet, sous le leadership plein et entier du gouvernement qu’elle a été élaborée par l’expertise nationale, avec la contribution de l’administration publique centrale, de toutes les régions du pays, du secteur privé, de la société civile, des partenaires techniques et financiers, de l’Assemblée nationale et du Conseil économique et social, à travers une série de consultations.

Enfin, la troisième force de la SCADD réside dans ses dispositions de mise en œuvre qui accordent une grande importance aux politiques sectorielles, au budget de l’État (financement sur ressources propres à 63,33%), à la décentralisation et à l’appropriation par les populations (définition d’une stratégie de communication de masse), tandis que le suivi et l’évaluation au niveau global s’appuie sur une matrice de performance triennale glissante, un rapport de performance annuel et un rapport d’évaluation d’impact trisannuel.

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Quelles en sont les principales faiblesses et comment les transformer en opportunités ?

 

Si faiblesses il y a, il faudra les rechercher du côté des difficultés que nous avons déjà signalées en répondant à votre première question.

De façon plus rigoureuse, c’est l’évaluation complète du premier cycle de la SCADD, après 2015, qui pourra mettre en évidence d’éventuelles insuffisances, bien que l’évaluation d’impact 2011-2013 puisse déjà en révéler quelques-unes.

 

Quel peut être le rôle des PME/PMI dans l’atteinte des objectifs de la SCADD ?

Les PME/PMI figurent en bonne place dans l’Axe 1 de la SCADD (le développement des piliers de la croissance accélérée), en tant que l’un des secteurs prioritaires, avec le secteur agricole, les mines, l’artisanat, les industries culturelles et touristiques. Leur rôle est donc important pour l’atteinte de l’objectif d’accélération de la croissance, mais aussi de réduction de la pauvreté, car elles jouent un rôle primordial dans le système socioéconomique burkinabè et constituent un pas dans l’industrialisation et la dépolarisation des activités économiques. Le développement des PME/PMI, dans le cadre de la SCADD, vise à permettre la transformation des excédents agricoles. La promotion des PME/PMI, à travers la connexion de l’industrie agroalimentaire avec les producteurs ruraux, dans une approche partenariale génératrice de bénéfices pour tous, permettra de développer la chaîne de valeur production – transformation – commercialisation – consommation.

 

Quelles sont les clés que les acteurs (banques et gestionnaires d’entreprises essentiellement) du secteur privé doivent détenir pour mieux jouer leur partition dans la SCADD ?

La SCADD fait une place de choix au secteur privé, en tant que moteur de la croissance. De ce fait, l’amélioration du climat des affaires, la création des pôles de croissance, la promotion du partenariat public – privé et des PME/PMI, sont autant d’opportunités de développement du secteur privé. En particulier, une stratégie de développement du secteur financier est en exécution pour : améliorer le cadre juridique et judicaire du secteur financier, augmenter le taux de bancarisation à au moins 20% d’ici à 2015, favoriser la création et le développement des PME/PMI et micro entreprises, encourager la création des banques d’affaires ou spécialisées (habitat, industries de transformation/artisanat, exportation, etc.) et développer les activités de micro finance. Ce sont autant de clés que les acteurs du secteur privé peuvent utiliser pour jouer leur partition dans la SCADD.

Interview réalisée par Koffi Amétépé

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