samedi 31 octobre 2020
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Accélération de l’open sky en Afrique : La clé de sortie de crise

Accélération de l’open sky en Afrique : La clé de sortie de crise

Dès 1999, 44 pays africains avaient fait gage de bonne volonté en ce qui concerne la libéralisation du trafic aérien, en adoptant l’Accord de Yamoussoukro. Cette libéralisation avait pour but d’ouvrir le ciel des pays africains signataires afin de permettre un développement du secteur aérien et une impulsion des économies africaines. Malheureusement, vingt ans, plus tard, aucune avancée significative n’a été enregistrée dans ce sens et les pays signataires n’ont pas traduit l’Accord en actes.

«Ce manque d’initiative a résulté en un retard de l’Afrique par rapport aux autres régions et n’a pas permis d’atteindre la croissance économique souhaitée. Seulement 2,1% du transport aérien mondial est opéré par des pays africains. De plus, les pays étant repliés sur eux-mêmes, le transport aérien intercontinental n’en est que plus complexe. Avec la crise sanitaire, le secteur aérien africain inquiète encore plus qu’ailleurs, du fait de ses antécédents. La reprise sera d’autant plus importante, puisque plusieurs compagnies se trouvent aujourd’hui en grande difficulté pendant que le virus a eu raison de certaines d’entre elles», estime Oumnia Boutaleb qui précise que l’Afrique a tout intérêt à investir dans son secteur aérien puisqu’il permet de catalyser un certain nombre de secteurs économiques.

«Bien que le tourisme ne reprenne peut-être pas avec l’ampleur habituelle qui lui est connue sur le continent. Un développement du secteur aérien permettrait une convalescence certaine mais lente. Comme certains pays l’ont déjà compris, les transporteurs ne devraient pas se limiter à une reprise des vols passagers mais se convertir et développer les vols cargo et de fret qui sont tout aussi rentables surtout dans le contexte actuel», ajoute-t-elle.

En 2018, ils étaient 23 pays africains à tenter une nouvelle tentative avec l’adoption du Marché unique de transport aérien africain (Mutaa). Ce projet, devant offrir un meilleur accès au transport aérien à plus d’1 milliard de personnes sur le continent en plus de stimuler le commerce et favoriser l’intégration régionale, est toujours au point de départ. En mai dernier, le projet semble remis sur la table avec l’annonce d’un don de la part de la Banque africaine de développement (Bad) d’une enveloppe de 7 millions de dollars US, ce don devrait permettre à la Commission africaine de l’aviation civile d’enclencher l’entrée en vigueur du Marché unique de transport aérien africain sur une durée de 3 ans. Ainsi, il s’agit de renforcer le cadre institutionnel, d’appuyer le développement durable du transport aérien en permettant une sécurisation des activités du secteur et un renforcement de la sûreté et, enfin, de faire un suivi et une évaluation du projet afin d’en assurer le bon fonctionnement. «La réalisation de l’importance d’instaurer cette ouverture du ciel africain arrive aujourd’hui à un moment opportun. Afin de se remettre des effets de la crise, les pays africains devront s’appuyer sur un développement plus accéléré de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (Zleca). Cette dernière permettrait aux économies du continent de se remettre des effets de la crise et participerait à la relance des marchés africains. Par ailleurs, comme c’est le cas de plusieurs pays africains, il existe une dépendance vis-à-vis des partenaires occidentaux. Cette Zone de libre-échange africaine encouragerait une meilleure intégration régionale permettant aux pays de développer le commerce intercontinental. Le Marché unique africain représente l’un des piliers de cette dernière, puisqu’il pourra appuyer la libre circulation des personnes et des marchandises et permettre une croissance commerciale importante», indique l’analyste en relations internationales chez Policy Center for the New South.

afrimag

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