Accueil / Mines & Energies / Accès universel à l’électricité : La Cedeao travaille sur un corridor des énergies renouvelables

Accès universel à l’électricité : La Cedeao travaille sur un corridor des énergies renouvelables

Accès universel à l’électricité : La Cedeao travaille sur un corridor des énergies renouvelables

Avec un objectif d’accès universel à l’énergie en 2030 et l’augmentation de la part des énergies renouvelables de 35% en 2020 et 48% en 2030 intégrant les grandes centrales hydroélectriques, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) vise le développement des énergies vertes.

La sous région travaille sur un corridor des énergies renouvelables. Les spécialistes qui prenaient part aux ateliers lors du Forum des énergies renouvelables organisé du 11 au 13 octobre, à Dakar, par le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la Cedeao (Ecreee) ont insisté sur la nécessité d’interconnecter les pays de cet espace communautaire. La Cedeao veut que d’ici à 2020, l’ensemble des pays de la zone soient interconnectés par un réseau des énergies renouvelables. Toutefois, l’organisation sous-régionale note des contraintes. A l’intérieur des pays membres, le réseau ne couvre pas la totalité du territoire. A cela s’ajoute la faiblesse de la capacité de planification du déploiement d’équipements solaires. L’équipe dirigée par Morlaye Bangoura, Commissaire en charge des Énergies et des Mines de la Cedeao, estime que des préalables sont essentiels dans la mise en œuvre de ce corridor.

Le premier préalable dans la concrétisation de ce corridor des énergies renouvelables passe par de grands investissements et l’implication du privé même si des acteurs du secteur privé pensent qu’il faut relever certains défis pour faciliter l’investissement. Ibrahima Togola, promoteur et investisseur dans les énergies renouvelables affirme que l’un des obstacles, c’est la durée du montage des projets alors que, dit-il, «plus on perd du temps, plus on a des coûts élevés et les sociétés nationales d’électricité veulent l’énergie moins chère». L’investisseur malien demande aussi aux autorités d’harmoniser leur discours, soutenant que souvent, beaucoup de ministères et de structures des pays tiennent des discours différents face aux promoteurs pour le même projet.

Les défis du financement du secteur

Cependant, M. Togola souligne que «le Sénégal est un très bon cadre pour l’investissement privé dans le secteur des énergies renouvelables» du fait des projets lancés dans le solaire en mode Partenariat public/privé.

Mor Ndiaye du Programme national de Biogaz du Sénégal a demandé l’assouplissement des procédures d’accès au financement. Il révèle que ce programme dont l’objectif est d’installer près de 70.000 bio-digesteurs pour la production de gaz destinés à l’éclairage, la production d’engrais naturel entre autres, a des problèmes de financement alors qu’il entre dans le Fonds vert et vise l’atténuation des changements climatiques. L’ancien ministre Sénégalais Abdou Fall, membre du secteur privé dans le domaine des énergies renouvelables a assuré qu’ils sont déterminés à accompagner la Cedeao pour l’atteinte de l’objectif de l’accès universel à l’énergie. «Aucune politique de lutte contre la pauvreté ne peut aboutir si nos populations sont dans la précarité énergétique», a-t-il affirmé. Saluant le cadre réglementaire amélioré au Sénégal, Abdou Fall demande de lever les obstacles liés au financement des projets dans le cadre du corridor de la Cedeao.

Sur le financement, Fatoumata Cissokho Sy, de Proparco, filiale de financement du secteur privé de l’Agence française de développement (Afd) indique que le temps et l’argent ne sont pas un frein car pour les projets bancables, le financement ne sera pas difficile. Eric Amoussou de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) indique que le challenge pour sa banque, c’est de mobiliser des ressources moins chères pour le financement du secteur des énergies renouvelables. « Le Fonds Vert pour le climat nous permet de mettre en place un outil de financement des projets d’énergies renouvelables à des taux intéressants», a déclaré M. Amoussou qui reconnaît que les banques commerciales sont souvent frileuses sur le financement de ces projets.

Oumar KANDE
lesoleil.sn

Aller en haut