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Addax, filiale genevoise de Sinopec, soupçonnée de corruption au Nigeria

Addax, filiale genevoise de Sinopec, soupçonnée de corruption au Nigeria

Genève (awp/ats) – Le négociant genevois de matières premières Addax, racheté en 2009 par la China Petroleum and Chemical Corporation (Sinopec), est ciblé pour des paiements douteux, notamment vers le Nigeria, pour 100 millions de dollars. Les relations d’affaires avec le cabinet d’audit Deloitte qui a pointé les transactions ont cessé en octobre dernier.

Elles se sont terminées d’un commun accord, a indiqué mardi à l’ats une responsable de la communication en Suisse romande du groupe d’audit britannique, confirmant une information publiée par les quotidiens Tribune de Genève et 24 Heures. Les paiements auraient été versés par une filiale britannique du groupe genevois racheté en 2009 par l’entreprise chinoise Sinopec.

Dans une déclaration datée de décembre dernier que l’ats a pu consulter, Deloitte pointe plus de 20 millions de dollars (plus de 20,16 millions de francs) de frais juridiques à plusieurs conseillers au Nigeria et aux Etats-Unis. Ces montants sont venus de comptes bancaires établis dans le pays africain et à l’île de Man. Deloitte explique n’avoir pu établir clairement quels services ont été apportés.

Autre incertitude, 80 millions ont été payés à une société d’ingénierie pour des travaux de construction au Nigeria. Le volume de cette transaction semble trop important par rapport aux prestations effectuées et leur but et calendrier “soulèvent des problèmes” qui n’ont pu être résolus.

MEMBRES DE LA DIRECTION VISÉS

Par ailleurs, des lanceurs d’alerte internes et externes ont mentionné à Deloitte que les versements ont pu profiter à des responsables gouvernements et que certains montants ont enrichi des membres de la direction d’Addax. Ces allégations “n’ont pas été prouvées”, admet le cabinet d’audit. Mais elles n’ont pu être démenties.

Deloitte évoque “des dépenses inappropriées faites depuis Genève, depuis la société établie à l’île de Man, ainsi que des irrégularités de salaires”. Après avoir alerté Addax en mars 2016, il lui a demandé en mai à des investigations indépendantes.

Contacté par l’ats, Addax n’avait pas répondu dans l’immédiat. Cité par les deux quotidiens, le groupe indique n’avoir été sensibilisé aux soupçons qu’en novembre après le renvoi, selon lui, de Deloitte. Il dit avoir depuis demandé à un autre acteur de l’audit de mener les investigations demandées par la société britannique.

ats/jh
romandie

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