mardi 21 janvier 2020
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Adrien Diouf, UMOA-Titres : «nous allons mobiliser 3500 à 4000 milliards FCFA en 2020»

Adrien Diouf, UMOA-Titres : «nous allons mobiliser 3500 à 4000 milliards FCFA en 2020»

Le Directeur de l’Agence UMOA-TITRES, Adrien Diouf,  a accordé   un entretien à Financial Afrik en marge de la deuxième édition des Rencontres du marché des titres publics (REMTP 2020) tenues du 8 au 10 janvier 2020 à Dakar en présence d’une pléthore de représentants de la finance régionale et mondiale. Dans cet entretien, Adrien Diouf  est revenu sur la faiblesse du marché secondaire et entre autres sur la possibilité de lever des fonds sur le marché de la finance verte. Le directeur de l’Agence UMOA-Titres a également  dévoilé les perspectives de l’institution qu’il dirige à court, moyen et long terme.

Pouvez-vous  revenir sur l’objectif des Rencontres du marché des titres publics (REMTP 2020) ?

L’objectif  essentiel  de cette rencontre était de réunir l’ensemble des acteurs du secteur financier  afin de travailler sur les approfondissements  de ce marché  à travers la mobilisation de l’épargne  et l’innovation financière. Cette initiative organisée par l’Agence UMOA-TITRES, de concert avec l’institution britannique FSD Africa,  visait aussi à passer en revue la situation du  marché et les innovations nécessaires à son expansion.

La REMPT en est à sa deuxième édition, quel bilan en tirez-vous ?

Ecoutez !  Il est très tôt de  tirer un bilan de fond  mais ce qu’on peut relever pour l’instant, c’est la forte affluence  des acteurs, notamment les agents des institutions bancaires,  des structures  de caisse de retraite et des sociétés d’assurances. Cet engouement démontre que l’initiative intéresse de près les investisseurs,  les émetteurs  ainsi que les autres acteurs du milieu.

Quelles sont les avancées majeures  en termes de réalisations ?

La réalisation la plus concrète est le montant levé sur  ce marché  financier en 2019. Sur cet  exercice, on a levé 3 420 milliards de FCFA sur le marché des titres UMOA, ce qui constitue un record  depuis la création de l’agence en 2013. De plus, cette  levée a été faite  à 50%  sur des titres obligataires, ce qui aussi, en termes  de proportions, correspond  à un record. Et enfin, je dirais que 20%  de ce montant a été fait sur des titres d’une maturité supérieure  à 5 ans. Autant d’éléments qui prouvent que notre marché  est en train d’évoluer vers sa maturité.  Nous allons de plus en plus  vers des financements à long terme.

Quelles sont les contraintes  que vous rencontrez  pour le développement de ce marché financier ?

Une des principales contraintes que nous rencontrons est la faiblesse du marché secondaire. Malheureusement,  les titres  de seconde vie  sur notre marché  enregistrent des volumes de transaction très faibles. C’est la principale contrainte parce qu’elle  empêche  le marché de se développer. Cela est dû un peu  au fait que notre base d’investisseurs est constitué à 80%  de  banques. Ce qui en fait un modèle monolithique  et rend notre travail difficile. Mais nous espérons  pouvoir  y arriver  et continuons  à travailler dans le sens  de la diversification  de la base des investisseurs.

Justement, vous parlez de marché  secondaire. Quelles sont les solutions concrètes préconisées pour l’améliorer ?

Il y a un certain nombre de solutions  qui doivent être mises en place  pour dynamiser ce compartiment. La première  est la diversification des acteurs du marché. Il est important d’avoir,  au-delà  des acteurs  habituels  qui font du “buy and hold”, des  intervenants qui font du trading. Le deuxième axe porte sur la disposition à entreprendre des réformes. Il est important qu’on ait une Market Place, c’est-à-dire un endroit où l’ensemble des demandes  et des offres pourront  être  confrontées  afin  de pouvoir  «matcher». Du reste, il y a des paramètres liés à la culture. Nous devons évoluer de la stratégie de “buy and hold” vers une culture de “trading”.

Le marché  UMOA-Titres est-il vraiment au service des économies de l’Union ?

Absolument !  Aujourd’hui, les 3400 milliards FCFA  que nous avons mobilisés  en 2019 sont  destinés au financement des budgets   de nos Etats. Donc, réinjectés dans les économies nationales avec un impact sur l’économie réelle de l’UEMOA. Parmi les 8 Etats, il y en a un qui finance 10% de son budget à travers le marché. Je pense que l’utilité du  marché est largement démontrée.

La finance verte est une opportunité pour lever des fonds. Quelle sera la stratégie de l’Agence UMOA-Titres  pour capter les ressources à ce niveau ?

Notre stratégie en ce qui concerne la finance verte  est celle d’un émetteur. Nous allons travailler avec  notre partenaire FSD Africa pour exploiter les types d’émissions, concernant certaines niches d’investissements. Mais,  comme vous le savez,  la condition préalable est  de pouvoir identifier tous  les projets  pouvant être financés  par ces ressources. Donc la première étape de notre stratégie consistera à identifier les projets phares afin de lever des fonds verts.

Pour finir, quelle est votre feuille de route à court, moyen et long terme?

Notre feuille de route  à court terme est de répondre aux demandes des Etats. C’est à dire aux objectifs fixés  pour 2020. Nous comptons mobiliser  entre 3500 et 4000 milliards de FCFA  de fonds pour   le compte des Etats de l’UEMOA. Ce  qui constitue un objectif direct à court terme. Dans un horizon un peu plus éloigné, nous allons procéder à la diversification des  acteurs du marché notamment des investisseurs (investisseurs institutionnels et étrangers). L’objectif à moyen terme est  de rendre  notre marché attractif à 100 % afin d’attirer le maximum d’investisseurs, notamment étrangers.

financialafrik

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