dimanche 08 décembre 2019
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African Women’s Forum : un nouveau rôle pour les femmes dans l’agriculture en Afrique

African Women’s Forum : un nouveau rôle pour les femmes dans l’agriculture en Afrique

Bruxelles a accueilli l’édition 2019 de l’African Women’s Forum. L’événement a réuni chefs de gouvernement, responsables politiques, dirigeants d’entreprise et ONG pour échanger des idées et travailler ensemble à changer la donne pour les femmes sur le continent africain.

Organisée par le Forum suisse de Crans Montana fondé il y a plus de trente ans, cette rencontre avait notamment pour thème, le renforcement du rôle des femmes dans les zones rurales d’Afrique.

« Nous encourageons les femmes à faire de l’agriculture une activité : celle-ci ne doit pas être uniquement vivrière, » indique Josefa Leonel Correia Sacko, commissaire à l’Économie rurale et à l’Agriculture de l’Union africaine, présente au Forum.

« Nous voulons changer de paradigme et donner aux femmes, les moyens de moderniser l’agriculture pour qu’elles puissent augmenter la productivité et leurs revenus pour leur foyer, » insiste-t-elle.

Le potentiel de l’agriculture verticale

L’agriculture est la principale source d’emplois en Afrique. Les femmes assurent par leur travail, 80% de l’approvisionnement alimentaire du continent. Or elles ne sont propriétaires que de 15% des terres.

L’une des solutions innovantes évoquées lors du Forum, c’est l’agriculture verticale. Cette méthode de culture hors-sol utilise 95% d’eau en moins que l’agriculture traditionnelle et n’est pas soumise aux intempéries.

« Dans l’agriculture verticale, on n’a pas besoin de terre ; tout ce qu’il faut, c’est de l’espace, » fait remarquer Josephine Favre, présidente de l’Association africaine pour l’agriculture verticale« Quand une ou deux femmes peuvent avoir un espace donné par la communauté, elles peuvent construire leur propre ferme verticale : ce qui veut dire que par la suite, elles peuvent avoir une certaine indépendance qui bénéficient à leur famille et à elles-mêmes, » dit-elle. « Si on peut donner aux femmes africaines, cette opportunité de nourrir leur famille et d’utiliser le surplus pour en faire une entreprise, alors on va totalement dans la bonne direction, » estime-t-elle.

Le soutien de la diaspora

Selon la Banque mondiale, l’agrobusiness représentera en Afrique sub-saharienne, 1000 milliards de dollars d’ici 2030. Plus d’un quart des femmes de cette région sont déjà des dirigeantes d’entreprise, le taux le plus élevé au monde. Mais celles-ci sont largement désavantagées quand elles veulent développer leur activité : elles obtiennent bien moins de financements que les hommes,l’écart étant de 20 milliards de dollars.

L’avocate britannique Grace Camara s’appuie sur la force de la diaspora africaine pour y remédier. Elle a créé un fonds d’investissement appelé RemitFund abondé sous la forme de petites donations par les Africains expatriés qui envoient de l’argent dans leur pays. Cet argent sert ensuite à financer des entreprises à vocation sociale en Afrique dans divers secteurs : l’agriculture, les technologies ou encore la mode.

« La mode africaine est tendance aujourd’hui, on la voit beaucoup sur les podiums ; donc, pour moi, c’était vraiment l’opportunité de voir comment on pouvait soutenir ces stylistes pour ramener leur production manufacturière sur le continent et pour créer peut-être entre 50 et 100 emplois, » indique Grace Camara. « Notre philosophie, c’est un développement alimenté par la diaspora et on est là pour l’aider à faire la différence sur le continent, » poursuit-elle.

Étendre son réseau

Le Forum a aussi été l’occasion pour les participantes de développer leurs réseaux et de tisser des liens avec des femmes d’autres pays.

« Si l’on veut véritablement aider la femme africaine, » souligne Jean-Paul Carteron, président du Forum de Crans Montana, « il faut non seulement aller en Afrique pour l’aider – c’est essentiel -, mais il faut aussi lui permettre d’avoir des relations internationales, de connaître du monde, d’échanger, de consolider son réseau. »

Pour le Forum, un dernier constat s’impose : en devenant indépendantes financièrement, les femmes contribueront aussi plus largement à la lutte contre la faim, la malnutrition et l’insécurité alimentaire en Afrique.

euronews

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