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Afrique du Sud : grande polémique autour de l’actionnariat noir dans les mines

Afrique du Sud : grande polémique autour de l’actionnariat noir dans les mines

L’adoption de la règle des 30% pour l’industrie minière est loin d’être acceptée par les opérateurs qui ont décidé de porter l’affaire devant la Haute Cour de Pretoria. Pour les industriels, ce recours représente l’ultime possibilité pour bloquer la mise en application de la nouvelle mouture de la Charte minière qui jouit du soutien présidentiel.

Les opérateurs du secteur minier sud-africain viennent de saisir la Haute Cour de Pretoria dans l’espoir de bloquer la Charte minière adoptée par le gouvernement. Une décision que les professionnels justifient par le danger que représentent les mesures de la Charte pour ce secteur.

La résistance s’organise

L’enjeu majeur pour les opérateurs miniers est le retrait de la mesure qui les obligent à augmenter les niveaux de participation d’investisseurs noirs à 30%, soit une hausse de 4% par rapport à l’ancien seuil minimal. Une réglementation qui obligera les opérateurs à vendre des parts supplémentaires de leur capital, ce qui fait craindre à ces derniers de voir leur majorité diluée. Du côté de Pretoria, cette mesure est jugée «nécessaire» pour remédier aux inégalités causées par l’apartheid.

Pour la Chambre des mines qui regroupe les entreprises du secteur, «la charte dans sa forme actuelle risquerait de détruire cette industrie, dont la survie est nécessaire pour l’économie sud-africaine». Les professionnels s’alarment également du manque de clarté dans cette charte qui ne permettrait pas aux clients comme aux investisseurs potentiels d’avoir de la visibilité. Les principaux intéressés par cette mesure, à savoir les investisseurs noirs, pâtissent du refus des banques à leurs demandes de crédits.

Absence de capitaux

Ces derniers ont rarement les fonds propres leur permettant d’acquérir des parts en propre dans les entreprises minières, puisqu’une large frange de la population subit à ce jour les convictions héritées du régime de l’Apartheid. Conséquence : le détournement des flux de trésorerie pour rembourser les dettes des nouveaux investisseurs noirs, ce qui signifie que la propriété effective n’est acquise par les noirs que des années plus tard.

Parallèlement, le secteur ne représente plus la base de l’économie sud-africaine et ne contribue qu’à 7,3% du PIB. Les investissements dédiés au secteur ont également reculé lors de la dernière décennie, alors que le pays compte des réserves immenses de platine, de chrome et de manganèse. Le secteur pâtit également du vieillissement du process industriel, des mouvements sociaux qui en découlent ou encore d’un taux de mortalité galopant.

Les opérateurs souhaitent également la mise en place de modalité de financement dans la charte. Une mesure qui pourrait débloquer la situation, alors que le président Jacob Zuma, affaibli politiquement par l’affaire Gordhan et l’entrée du pays en récession, appuie la charte. Une manière pour ce dernier de resserrer les rangs de son parti et de renouer avec le discours égalitaire, à l’approche des élections de 2019 qui risquent de déboucher sur une première défaire de l’ANC depuis 1994.

Amine Ater
la tribune afrique

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