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Afrique: la place du secteur privé dans l’urbanisation durable

Afrique: la place du secteur privé dans l’urbanisation durable

« Travailler ensemble pour atteindre les objectifs de développement durable. » C’est sous ce thème que s’est tenu mercredi 5 avril à Paris un forum mondial sur le développement, organisé par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Une session de la journée a été consacrée à l’urbanisation durable en Afrique et au rôle que le secteur privé peut jouer.

L’organisation de forums et la publication de documents de planification est une bonne chose, mais les actions de développement ne sont efficaces que si elles sont initiées localement, selon le maire de la ville de Dori au Burkina Faso. Pour lui, les partenariats publics-privés (PPP), peuvent accélérer une urbanisation durable en Afrique : « C’est possible mais c’est inégal. Cela dépend de la commune dans laquelle vous êtes ; le secteur privé va être intéressé s’il y a des ressources et s’il y a des profits à faire. » Il y a pourtant, souvent, de bons plans d’urbanisation non exécutés faute de financements. Le maire de Dori explique que, moins dotées par les Etats, les collectivités doivent se débrouiller : « Aujourd’hui au Burkina Faso, c’est 4% du budget du budget national qui sont transférés au niveau des collectivités. Si on avait le budget des Etats-Unis ou de l’Angleterre, on ne se plaindrait pas. Mais nous sommes un pays pauvre, avec des ressources assez limitées. On a un gouvernement qui ambitionne d’amener ce taux à 15% d’ici 2025, mais pour l’instant, c’est 4%. »
Les communes doivent donc être capables de mobiliser des ressources extérieures.

Le faible niveau d’infrastructures et leur vétusté

Les urgences face à l’urbanisation rapide du continent sont nombreuses : la vétusté des installations sanitaires, des systèmes de traitements d’eau et de traitement des ordures, selon Jacques Rivkine, très impliqué dans la promotion de la qualité de l’Environnement : « On ne peut pas développer une économie sans avoir une structure de ville en bonne santé, où on respire, où on peut boire de l’eau. C’est bien la révolution qui a été faite au 19ème siècle à Londres, à Liverpool, à Paris et à New-York ; le nombre de morts était absolument considérable. Qu’est-ce qui s’est passé ? Les maires ont pris la résolution de rénover. Ce n’est pas un grand problème de ressources, c’est un problème d’équipements. »

La réalité est qu’il n’y a pas d’équipements avec des machines adaptées aux villes africaines. Ces cités ont également du mal à intégrer le secteur informel dans leurs sources de financement. Conseillère chargée de la protection sociale au sein du réseau Wiego, Rachel Moussié fait le plaidoyer des acteurs de l’économie informelle : « L’emploi dans le secteur informel compte deux tiers de l’emploi total. C’est donc un secteur extrêmement important. Par exemple à Niamey, 73% des travailleurs sont dans l’économie informelle, à Lomé c’est 82%. On ne peut donc pas parler de ville durable sans parler de comment est-ce qu’on intègre l’économie informelle. »

Toute la difficulté aujourd’hui est de convaincre les secteurs public et privé, à inviter les travailleurs du secteur informel dans les débats autour du développement des villes durables.

Stanislas Ndayishimiye
rfi

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