mardi 22 septembre 2020
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Afrique: les 4 prochaines années seront dures pour les industries du divertissement et des médias

Afrique: les 4 prochaines années seront dures pour les industries du divertissement et des médias

La Covid-19 affecte les médias et le divertissement en Afrique. Le continent sera entrainé dans la chute globale de ces secteurs dont les revenus de 2020 pourraient baisser de 6 % par rapport à 2019. Mais, dans un monde d’après très numérique, ces industries auront des occasions de briller en Afrique.

En Afrique, comme partout dans le monde, l’économie apprend à cohabiter avec la pandémie de Covid-19, les spécialistes des différentes industries essaient de cerner les contours de l’avenir dessiné par la crise sanitaire. Dans divers domaines, on essaie de prévoir ce à quoi ressemblera le monde d’après. Du côté des industries du divertissement et des médias africains, comme c’est le cas partout dans le monde, l’avenir semble plus obscur que clair, en tout cas pour les 4 prochaines années.

C’est également ce que pense le cabinet PwC, qui a rendu accessibles sur son site Internet les premières tendances de son étude annuelle sur les perspectives des industries du divertissement et des médias en Afrique. Bien évidemment, le nouveau coronavirus sera la grande vedette de l’étude. « En peu de temps, les habitudes des consommateurs ont changé radicalement, la fréquentation des évènements en direct s’étant arrêtée et l’utilisation des données sur Internet ayant grimpé en flèche. Cette année, la baisse des revenus mondiaux du secteur des médias et du divertissement sera la plus forte jamais enregistrée, suivie de la plus forte hausse en 2021, mais l’année 2020 sera une base trompeuse pour juger de la croissance », prévient PwC.

D’après les experts du cabinet, les revenus mondiaux du secteur du divertissement et des médias devraient chuter de près de 6 % cette année, par rapport à 2019. Autrement dit, les médias et le divertissement généreront 120 milliards de dollars de moins en 2020, alors qu’en 2019 les revenus avaient augmenté de 4,7 % en glissement par rapport à 2018. La publicité sera le secteur qui prendra le plus de temps à se relancer. Selon PwC, le secteur ne devrait pas dépasser les chiffres de 2019 avant 2022.

 Les annonceurs se détournent des canaux de publicités traditionnels comme l’affichage, durement touché par le confinement. La publicité étant l’un des principaux moyens de générer des revenus dans le divertissement et les médias, on peut déjà dire que les prochains mois seront rudes. L’arrêt du tourisme, du sport, et de nombreux autres secteurs a privé les médias de précieux annonceurs, qui dans leurs tentatives de se maintenir à flot ont considérablement réduit les budgets dédiés à la communication. Même Google a vu ses revenus publicitaires baisser de 5,3 % en 2020 aux Etats-Unis. C’est la première fois depuis 2008 qu’une telle situation se produit chez le géant du web.

La vidéo à la demande et les différents agrégateurs de contenus pourront, quant à eux, continuer de bénéficier de revenus normaux, voire d’observer une tendance haussière. Du côté de la télévision, les opérateurs de plateformes payantes, malgré des hausses d’abonnés individuels par moment, devraient voir leurs chiffres affectés à la fois par la crise sanitaire mais par l’augmentation croissante de la popularité des plateformes de vidéo à la demande.

D’une manière générale, comme prévu, l’Afrique n’échappe pas aux tendances globales qui prédisent des années de vaches maigres aux industries des médias et du divertissement. Encore plus inquiétant, des marchés importants comme le Nigeria subissent de profonds changements au niveau du cadre réglementaire. Ces modifications effraient les investisseurs étrangers ainsi que les principaux acteurs du secteur du divertissement présents sur le territoire de la République fédérale. Dans un contexte où la résilience semble être l’une des principales armes contre la crise, les changements brusques du marché nigérian du divertissement et des médias, qui a le plus progressé ces dernières années, ne sont néanmoins pas représentatifs de tout le continent.

Malgré tout, les effets de la crise, eux, seront vraisemblablement les mêmes. Déjà, plusieurs médias sont à bout de souffle financièrement. La création de contenu est ralentie. Les évènements et différents marchés doivent se contenter de vidéoconférences. Le passage à la télévision numérique, déjà compliqué dans une période normale, est plus que jamais incertain dans de nombreux pays africains. Comme toutes les autres industries, le divertissement et les médias africains prendront du temps pour se relever. Néanmoins, l’avenir n’est pas non plus entièrement dépourvu d’espoir. A défaut d’espérer une disparition totale de la maladie et de ses conséquences, dans un futur proche, les acteurs des médias et du divertissement doivent se préparer à la prochaine étape. Le numérique est l’une des principales clés du « monde d’après », dans quasiment tous les secteurs, y compris ceux du divertissement et des médias. Sur un continent qui s’ouvre au streaming et à la vidéo à la demande, il y a du contenu à produire, des services à fournir et des modèles de distribution adaptés à mettre en place.

agenceecofin

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