vendredi 22 janvier 2021
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Afrique subsaharienne : la récession attendue en 2020 devrait être plus importante que prévu (Banque mondiale)

Afrique subsaharienne : la récession attendue en 2020 devrait être plus importante que prévu (Banque mondiale)

La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait considérablement chuter cette année du fait de la covid-19. Dans son dernier rapport, la Banque mondiale prévoit une récession de 2,8% du PIB de la région. Des projections plus alarmantes que celles du FMI, qui tablaient sur un recul de 1,6% en 2020.

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales publié récemment, la Banque mondiale prévoit que le PIB de l’Afrique subsaharienne devrait se contracter de 2,8% en 2020, du fait de la crise sanitaire de covid-19. Le PIB par habitant devrait chuter encore plus fortement poussant probablement des millions de personnes dans la région vers l’extrême pauvreté, estime l’institution.

Ces projections de la Banque mondiale sont plus alarmantes que celles du Fonds monétaire international (FMI) publiées au mois d’avril et qui tablaient sur un recul de la croissance de cette partie du continent de l’ordre de 1,6% en 2020. Deux projections qui illustrent tout de même « la récession la plus forte jamais enregistrée » par l’Afrique subsaharienne.

Selon la Banque mondiale, la région a subi les effets de la pandémie et l’activité économique s’est effondrée au premier semestre de cette année. Cet impact s’est particulièrement fait ressentir au niveau de ses principaux partenaires commerciaux, ainsi qu’à travers la perturbation des voyages mondiaux, des chaînes d’approvisionnement et l’effondrement des prix mondiaux des produits de base, en particulier le pétrole et les métaux industriels. Ces chocs ont accru l’aversion au risque chez les investisseurs et provoqué des sorties de capitaux sans précédent.

A titre d’exemple, au Nigeria et en Afrique du Sud, les deux poids lourds du continent, l’activité a chuté brutalement au premier semestre. L’économie du Nigeria devrait reculer de 3,2% cette année, compte tenu de l’effondrement des prix du pétrole qui représente 80% des exportations du pays, soit environ un tiers des crédits du secteur bancaire et la moitié des recettes publiques. La production sud-africaine devrait quant à elle, se contracter de 7,1% cette année, la contraction la plus profonde en un siècle, car les mesures de confinement « strictes, mais nécessaires » freinent l’activité économique.

Plusieurs exportateurs de matières premières industrielles, comme l’Angola, la République démocratique du Congo et le Ghana, ont dû par ailleurs faire face à une demande extérieure plus faible et à des prix du pétrole et des métaux plus faibles en plus des perturbations intérieures. Les exportateurs de produits agricoles, dont la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie et le Kenya, ont souffert de l’effondrement de la demande et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. La baisse des voyages dans le monde à la suite de la pandémie a durement touché des pays tels que le Cap-Vert, l’Ethiopie, Maurice, et les Seychelles.

La Banque mondiale craint également que la pandémie ne provoque une crise de la sécurité alimentaire dans la région ; la fermeture des frontières et les restrictions commerciales perturbant le commerce des produits alimentaires et agricoles. A cela s’ajoute un risque de troubles sociaux, car les gouvernements accordent la priorité aux efforts de lutte contre le virus et les efforts de maintien de la paix perdent de leur élan. L’augmentation du chômage, la baisse des revenus et les pénuries potentielles d’articles essentiels pourraient entraîner une instabilité et peser sur l’activité bien après la fin de la pandémie.

Toutefois, en supposant que la pandémie s’estompe au second semestre de cette année, associé à un regain d’activité chez les principaux partenaires commerciaux du continent, la Banque mondiale projette un rebond de la croissance économique en Afrique subsaharienne à 3,1% en 2021.

agenceecofin

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