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Ainsi parlait Lloyd Blankfein, le patron mythique de Goldman Sachs

Ainsi parlait Lloyd Blankfein, le patron mythique de Goldman Sachs

Humour, sens de la formule, provocations: rien de tel que de relire quelques phrases de ce banquier vedette pour en faire le portrait.

« Quelle était la probabilité qu’un gamin élevé dans un HLM dirige un jour l’une des plus grandes banques du monde ? »

En juin 2013, Lloyd Blankfein, qui a grandi dans un HLM de Brooklyn, s’exprime devant les élèves de La Guardia Community College, une université du Queens dont Goldman est partenaire. Il revient sur ses origines modestes : son père travaillant de nuit dans un centre de tri, sa mère réceptionniste dans une société de sécurité, l’appartement partagé avec ses oncles et cousins… et sa rage de réussir.

Les banquiers font le « travail de Dieu »

Lloyd Blankfein lâche cette phrase devenue célèbre dans un article assassin du « Times » de Londres en pleine crise financière. Dix jours après sa publication, il fait amende honorable. « Nous avons participé à des choses qui étaient clairement dommageables… Nous demandons pardon », dit-il lors d’une conférence à New York en 2009.

« Je crois en l’euro »

En 2013, alors que la crise des dettes souveraines ébranle l’Europe, Lloyd Blankfein affirme son soutien à la monnaie européenne, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt. « Les Américains ont toujours eu du mal à comprendre la volonté politique des Européens de bâtir une Europe unie et réussie. Je ne vais pas faire la même erreur ».

« Malgré toute la m…, les valeurs américaines continueront de resplendir »

Lloyd Blankfein, qui a soutenu Hillary Clinton pendant la campagne, intervient en janvier 2018, après que Donald Trump a désigné Haïti et les pays d’Afrique comme des « trous de merde ». Peu après, le patron de Goldman Sachs attribuera toutefois la performance de l’économie américaine au président.

« On dirait qu’un nouveau jour se lève sur la France »

Depuis la victoire d’Emmanuel Macron, Lloyd Blankfein dit son optimisme pour la France. Fin 2017, il se disait « frappé par l’énergie positive ici, à Paris », sur Twitter. « Et en plus la nourriture est bonne ! ». En janvier 2018, il a participé avec enthousiasme à la rencontre organisée à Versailles avec les grands patrons.

« Si j’enlevais la couche Goldman que j’ai sur la peau, est-ce qu’il y aurait quelque chose en dessous ? ».

Sa dernière soirée en tant que patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein l’a passée dans un gala de charité organisé par le médecin qui l’a soigné de son cancer en 2015 jeudi soir à New York. Il y a trois ans, l’annonce sa maladie – un lymphome « hautement guérissable » – avait lancé les premières rumeurs sur sa succession.

« Si j’avais su que vous veniez, je serais allé chez le coiffeur »

En 2007, Blankfein accueille par une plaisanterie un photographe qui s’apprête à faire son portrait. A Wall Street, la calvitie est devenue comme un emblème des patrons de Goldman. Le prédécesseur de Blankfein, Hank Paulson, était chauve, tout comme son successeur David Solomon. Ce qui leur a valu une couverture de Businessweek titrée : « Gros changements au sommet ».

« C’est la 12e fois que je m’adresse à vous, mais ne vous emballez pas. Je vais rester – au moins jusqu’à la fin du dîner ».

En décembre dernier, Lloyd Blankfein ouvre le dîner annuel des anciens de la banque au Mandarin Oriental de New York, alors que Wall Street bruisse de rumeurs sur sa succession, et se passionne pour le duel entre ses deux lieutenants, Harvey Schwartz et David Solomon. Ce dernier l’emportera finalement.

Elsa Conesa
lesechos

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