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Air France : menace sur 2.900 postes, selon les syndicats

Air France : menace sur 2.900 postes, selon les syndicats

Les pilotes d’Air France seraient prêts à faire « de nouvelles propositions ». 2.900 emplois seraient menacés de disparition en 2016 et 2017 d’après les syndicats et cinq lignes menacées de fermeture.

La fermeté montrée par le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, qui a évoqué la possibilité de “départs contraints” a-t-elle payé ? Ou bien est-ce la perspective du déclassement d’Air France qui a joué ? Quoi qu’il en soit, le syndicat des pilotes d’Air France s’est dit prêt à revenir à la table des négociations. “Oui, nous sommes prêts à faire de nouvelles propositions. Nous sommes toujours ouverts à la discussion”, a déclaré à Reuters le président du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), Philippe Evain.

La direction d’Air France a présenté ce vendredi en conseil d’administration un scénario prévoyant le retrait de quatorze avions d’ici à fin 2017 et la fermeture de cinq lignes sur le réseau long-courrier, d’après des sources syndicales. La compagnie retirerait « cinq avions à l’été 2016 », puis « neuf autres » en 2017, en plus de la fermeture de cinq lignes sur le réseau long-courrier à une date non précisée, a indiqué Didier Fauverte (CGT). « Ces points ont été présentés en conseil d’administration pour information, mais aucun vote n’a été sollicité », a ajouté Didier Dague, administrateur (FO) représentant des salariés.

Un important plan de réduction d’emplois

Toujours d’après les représentants syndicaux, la direction d’Air France a évalué à 2.900 le nombre d’emploi menacés de disparition en 2016 et 2017, sans exclure de recourir à des départs contraints. « Le nombre de postes supprimés sera de 300 pilotes, 700 PNC (les hôtesses et stewards) et 1.900 au sol », a détaillé un représentant syndical. Une autre source au sein du conseil d’administration du groupe Air France a indiqué que le chiffre de 2.900 était présenté comme une estimation du sureffectif en 2017.

Plus tôt ce matin, Alexandre de Juniac avait prévenu que l’échec des négociations avec les pilotes sur le plan de compétitivité “Perform 2020″ allait se solder par des coupes sombres. ” Il y aura malheureusement un important plan de réduction d’emplois”, a déclaré le PDG du groupe Air France-KLM, sur Europe 1. “Ce que nous nous sommes engagés à faire, c’est essayer de privilégier les départs volontaires, ce que nous avons fait depuis plusieurs années”, a-t-il insisté. Mais “quand il le faudra”, la compagnie devra également “recourir à des départs non volontaires (…) Quand il le faudra et en dernier recours, nous y procéderons” a-t-il ajouté, en précisant “ce sera exceptionnel et limité”.

Le conseil d’administration d’Air France-KLM a mandaté jeudi la direction d’Air France pour mettre en oeuvre un plan de restructuration après l’échec des négociations avec les syndicats de pilotes sur son plan Perform 2020 qui prévoit une réduction de l’activité de la compagnie française en 2016 et 2017.

Appel à la responsabilité des pilotes

De son côté, le gouvernement français “appuie” la direction d’Air France pour réformer la compagnie aérienne, a indiqué ce vendredi le ministre de l’Economie Emmanuel Macron “Il faut regarder les chiffres en face : la situation financière, industrielle du groupe est difficile”, a déclaré Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien avec le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac. “Donc le gouvernement appuie l’entreprise dans la voie des réformes qui sont conduites, et ces réformes ne peuvent être conduites que si tout le monde prend ses responsabilités, et en l’espèce, les syndicats de pilotes”, a-t-il ajouté, invitant les syndicats à faire des contre-propositions.

Hier soir, le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, avait évoqué sur RTL son inquiétude quant à l’avenir d’Air France “Je suis inquiet dans la mesure où le gouvernement partage le diagnostic de la direction de l’entreprise mais aussi de beaucoup de salariés. C’est une entreprise qui est aujourd’hui fragile”, a-t-il déclaré en appelant à la reprise du dialogue.

Une inquiétude partagée par le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux. Evoquant le risque d’une “disparition du pavillon français”, il a pointé vendredi à la responsabilité des pilotes qui représentent 8 % des effectifs. “Le sentiment que j’ai eu ces dernières heures, a-t-il déclaré, c’est que les pilotes qui se sont assis à la table des discussions n’ont pas pris ces discussions au sérieux”. Et le député socialistes, auteur d’un rapport pertinent mas resté lettre morte sur la perte de compétitivité du pavillon aérien français , d’ajouter : “On demande qu’il y ait un effort de productivité qui a été fait par toutes les autres catégories de personnel dans la compagnie”.

lesechos.fr

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