dimanche 09 août 2020
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Air France prévoit la suppression de plus de 7 500 postes d’ici fin 2022

Air France prévoit la suppression de plus de 7 500 postes d’ici fin 2022

Il devrait s’agir pour l’essentiel de départs non remplacés et de départs volontaires, même si des licenciements dans le court-courrier ne sont pas exclus.

Le groupe Air France doit officialiser, vendredi 3 juillet, la suppression de plus de 7 500 postes d’ici à la fin 2022. Il devrait s’agir pour l’essentiel de départs non remplacés et de départs volontaires, même si des licenciements dans le court-courrier ne sont pas exclus.

Les directions d’Air France et de sa filiale régionale Hop ! devaient présenter les perspectives sur l’emploi dans les deux compagnies au cours de plusieurs réunions : un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire à Paris pour la compagnie historique, et un CSE extraordinaire à l’aéroport de Nantes pour Hop !.

Les représentants du personnel de Hop ! ont « décidé unanimement de ne pas participer » à cette instance pour « faire barrage » à la « disparition programmée » de la compagnie, a annoncé le secrétaire du CSE de Hop !, Joël Rondel. Ce dernier s’y est rendu seul afin d’obtenir la nomination d’un expert.

A Nantes, près d’une cinquantaine de personnes présentes dès l’aube ont cadenassé le portail pour bloquer l’accès au siège de la compagnie régionale. Plusieurs cadres n’ont pas pu accéder au CSE, aux abords duquel a été allumé un feu de palettes et de pneus.

Chez Hop !, la réduction des effectifs va atteindre 40 %, avec un peu plus de 1 000 postes supprimés sur environ 2 400 emplois, a précisé M. Rondel en fin de matinée. Ces suppressions concernent aussi bien les pilotes (328) que les hôtesses et stewards (286), le personnel de maintenance (291) et les services administratifs (117). La direction a aussi annoncé la fermeture de 12 des 14 bases de personnel navigant (toutes sauf Paris-Charles-de-Gaulle et Lyon) et des sites de maintenance de Lille et Morlaix, selon lui.

« La stratégie du choc, on n’en veut pas »

Devant le siège de Air France à Roissy, vendredi 3 juillet, une centaine de personnes étaient rassemblées pour exprimer leur « colère » face aux suppressions de postes.

Chez Air France, la direction veut supprimer 6 560 postes en contrat à durée indéterminée (CDI) équivalents temps plein (ETP) sur environ 41 000 – soit 16 % des effectifs, a appris l’Agence France-Presse (AFP). Un peu plus de la moitié (3 500) doit être supprimée lors de départs non remplacés.

La direction d’Air France n’a pas souhaité confirmer ces chiffres en amont du CSEC extraordinaire, se contentant de déclarer que « la baisse durable d’activité et le contexte économique liés à la crise du Covid-19 imposent d’accélérer la transformation d’Air France ».

Devant le siège d’Air France, à Roissy (Val-d’Oise), une centaine de personnes étaient rassemblées pour exprimer leur « colère » quant aux suppressions de postes. « La stratégie du choc, on n’en veut pas, le trafic reprend, ne prenons pas de décisions à la hâte », a estimé Guillaume Pollard (syndicat Alter), pilote Air France. « La crise, on ne la nie pas, mais [la direction] en profite pour faire passer ce plan qui a été concocté bien avant la crise », a-t-il accusé.

Chez Air France, la direction souhaite négocier des ruptures conventionnelles collectives (RCC) chez le personnel navigant. Le SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes, a déjà donné son feu vert.

Pour le personnel au sol, elle cible 2 630 postes (hors départs non remplacés) et s’oriente vers un projet de plan de départs volontaires-plan de sauvegarde de l’emploi (PDV-PSE) destiné à « accompagner les réductions d’emploi en privilégiant le volontariat ».

Le réseau court-courrier fera figure d’exception : si les départs volontaires ne sont pas suffisants et les mobilités géographiques refusées par les salariés, il pourrait y avoir des licenciements secs, une première chez Air France. Il en sera de même chez Hop !, dont le personnel a déjà connu plusieurs restructurations. La compagnie connaîtra des départs non remplacés et un PDV-PSE pour l’ensemble du personnel.

L’Etat français, après avoir accordé à Air France-KLM un soutien financier de 7 milliards d’euros, avait demandé au printemps au groupe franco-néerlandais d’améliorer sa rentabilité et son impact environnemental.

lemonde

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