A l’instar d’Orange Afrique, de Lamborghini ou encore Deliveroo, Airbnb est une des introductions en Bourse les plus attendues par les investisseurs en actions. La mise sur le marché de cette licorne (start-up non cotée valant plus d’un milliard de dollars) de Californie est un serpent de mer depuis de longues années… Pour autant, la plateforme de location de logements entre particuliers est à la peine cette année, sur fond de retombées massives de la crise sanitaire et économique (qui plombe le tourisme mondial) et de bad buzz lié à de nombreuses affaires.

Au mois de mai, le fondateur Brian Chesky s’était résolu à se séparer d’un salarié sur quatre, parmi les 7.500 du groupe. “Nous traversons collectivement la crise la plus douloureuse de notre vie”, avait-il alors déploré. Airbnb a également “révisé ses plans pour se développer dans d’autres secteurs, en réduisant ses investissements dans les hôtels et en suspendant ses projets de transport”, souligne de son côté Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse marchés chez le courtier eToro.

En dépit des vents contraires et d’une valorisation divisée par 2 (selon des estimations relayées par le Financial Times) en un an, à “seulement” 18 milliards de dollars, Airbnb a officiellement lancé la procédure d’une introduction en Bourse à Wall Street, mais sans divulguer d’informations financières, ni préciser combien d’actions seraient mises sur le marché ! Airbnb devrait réaliser en 2020 un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de dollars, contre 4,8 milliards en 2019. Le groupe a toutefois “pris conscience du virage stratégique à adopter pour faire repartir l’activité, en se concentrant sur son cœur de métier : la location entre particuliers. Il n’est donc plus question à court terme de se diversifier en visant le secteur des transports ou des hôtels comme il en avait été question”, souligne eToro.

Dès juin, Airbnb a profité du redémarrage des séjours courts et à proximité des domiciles des clients, notamment en France, l’un de ses principaux marchés dans le monde. Pour autant, “un retour en force de la pandémie de coronavirus et une méfiance à la fois des propriétaires et des locataires malgré les normes sanitaires qu’Airbnb a instaurées risquent de contrarier le rebond de l’activité débuté il y a trois mois”, met en garde Antoine Fraysse-Soulier.

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