Accueil / Portraits / Alain Nkontchou : Le banquier camerounais « le plus réputé » d’Europe

Alain Nkontchou : Le banquier camerounais « le plus réputé » d’Europe

Alain Nkontchou : Le banquier camerounais « le plus réputé » d’Europe

Paris, Londres, Bruxelles cet infatigable financier est toujours entre deux vols. Alain Nkontchou, car c’est de lui qu’il s’agit, possède une personnalité typique. Véritable « fonceur », l’on peut dire que son parcours scolaire en disait long déjà sur le grand homme qu’il allait devenir.

Né en 1963 à Yaoundé au Cameroun, c’est au Lycée Général Le Clerc qu’il entame ses études secondaires. Après l’obtention de son diplôme de baccalauréat série scientifique, il décide de poursuivre ses études supérieures à Paris en France. Ainsi donc après un DEA d’Ingénieur en électronique de Supelec en 1987 et un master en finances à l’Ecole supérieure de commerce de Paris en 1989 en main, M. Nkontchou commence alors une longue carrière professionnelle des plus captivantes.

Un riche parcours professionnel
Il débute chez Matra Communication comme ingénieur de recherche en traitement de signal de 1987 à 1988. Après ce bref séjour chez Matra, il entame une nouvelle carrière en finance en 1989 dans la banque américaine Chemical Bank à Paris comme assistant trésorier. Il gagne par sa grande capacité d’innovation et de création, résolument tournée vers la modernité, l’estime et la confiance de sa hiérarchie. C’est ainsi qu’il est propulsé au poste prestigieux de trésorier chez Chemical Bank où il est responsable des activités de trading (vente de produits de taux d’intérêts de changes et de matières premières). D’année en année, sa réputation traverse le cadre de son entreprise. Il est sollicité par de grosses pointures de l’industrie mondiale et de la haute finance. Mais son employeur y tient. Pour le rassurer, Chemina Bank lui fait miroiter des lendemains radieux et un plan de développement de sa carrière. La plate-forme est trouvée. En 1994, il est propulsé à la filiale londonienne de Chemical Bank. Dès son arrivée dans la capitale anglaise, la Chemical Bank décide de fusionner avec la Chase Manhattan Bank. Pour Alain Nkontchou, c’était là une occasion pour prouver à ses employeurs ce que qu’il sentait dans ses tripes confiait-t-il. La flamme qui brûlait en lui était ardente. Il était surtout question pour lui de « Montrer surtout à certains que le négro-africain n’est pas né pour résider dans le wagon de derrière » ajoute-t-il. Une fois la base de la fusion jetée, la nouvelle mégastructure décide d’élever vers ses cimes Alain Nkontchou. Le Camerounais est nommé vice-président de la Chase Manhattan Bank à Londres en charge du département de stratégie et de développement. En un laps de temps, il réussit à faire le rayonnement de la banque au-delà des espérances du comité d’entreprise. Grande satisfaction des usagers et de l’employeur.

En 1997, il est promu managing director en charge du trading stratégique sur l’Europe. “C’est une fonction que j’animais et dont l’équipe était chargée d’investir les capitaux propres de la banque sur différents marchés financiers, via des produits de taux, changes et matières premières. Avec ces nouvelles fonctions au niveau du Vieux continent. J’ai tissé des relations solides dans les hautes sphères décisionnelles de la planète. J’ai également appris suffisamment surtout concernant la tolérance” explique-t-il. D’un pays à un autre, Alain Nkontchou a amassé et ramassé adresses et connaissances. Un regret : “c’est triste de voir très souvent des dirigeants africains d’un niveau très élevé, arriver en Occident, solliciter des experts qui à leur tour nous sollicitent à l’arrière-boutique pour élaborer des projets de développement. C’est choquant” regrette-t-il. Cette attitude ne décourage pas du tout celui qui se considère d’abord comme Africain avant d’être pris comme Camerounais.

En 2001 il est nommé vice-président de la Chase Manhattan Bank et en devient “Partner”. Ce qui lui permet d’être influent au comité d’entreprise. En 2002, il est promu Managing director. Par ailleurs, il est membre du conseil d’administration du fabricant de champagne Laurent-Perrier depuis 1999, et fait aussi partie du comité stratégique de l’entreprise. Passionné d’art africain, la résidence londonienne d’Alain Nkontchou ressemble à un musée à cause de la collection d’objets d’art amassés tout au long de ses multiples voyages. Il partage cet univers de rêve avec son épouse d’origine nigériane avec qui il a trois enfants. Quand il a du temps libre, Alain Nkontchou le partage entre le tennis et le golf, sport auquel il voue un vrai culte. En décembre dernier il a été promu comme Administrateur non exécutif au sein du Comité d’Administration de la Banque Panafricaine Ecobank. Fière de ce grand homme, l’on ne peut que lui souhaiter beaucoup de chance pour la suite.

Balguissa Sawadogo
ecodafrik.com

Aller en haut