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Alibaba double son bénéfice net, grâce au mobile en Chine

Alibaba double son bénéfice net, grâce au mobile en Chine

Alibaba, le numéro un chinois de la vente en ligne, a vu son bénéfice net quasiment doubler au premier trimestre, performance meilleure qu’attendu sur fond de croissance robuste des transactions mobiles en Chine.

Le bénéfice net part du groupe a bondi de 94 % sur un an sur le trimestre achevé fin juin, à 14,68 milliards de yuans (2,17 milliards de dollars), selon son communiqué publié jeudi.
Dans le même temps, le groupe chinois, coté à New York, voyait son chiffre d’affaires s’envoler de 56 % à 50,18 milliards de yuans (7,4 milliards de dollars), C’est au-delà des attentes des experts sondés par Bloomberg.

Si le groupe a largement diversifié ses activités, il tire toujours l’écrasante majorité de ses revenus (86 %) de ses plateformes de commerce en ligne, et la demande toujours robuste des consommateurs chinois a largement contribué à ses solides résultats.

Certes, la conjoncture s’assombrit dans la deuxième économie mondiale, à l’heure où les autorités s’efforcent de resserrer le crédit, mais le commerce électronique y résiste avec aplomb.
Les ventes au détail en Chine ont ainsi généré pour Alibaba des revenus trimestriels de 5,4 milliards de dollars (+57 %). Et près des 9/10 des transactions dans le pays sont conclues via un appareil mobile.
Or, Alibaba se targue de fédérer un demi-milliard de consommateurs mobiles sur ses plateformes, avec fin juin quelque 529 millions d’usagers mensuels actifs se connectant via smartphone ou tablette — ce chiffre a gonflé de 22 % sur un an.

Conséquence, le résultat trimestriel ajusté par action, qui fait référence aux Etats-Unis, s’est établi à 1,17 dollar, très au-delà des 94 cents qu’anticipaient en moyenne les analystes.

Diversité d’activités

“C’est un très solide début d’exercice, qui reflète la robustesse et la diversité de nos activités (…) Nos technologies (…) renforcent notre position au-delà du commerce, notre coeur de métier”, a observé le directeur général Daniel Zhang, cité dans le communiqué.

De fait, le groupe insiste sur l’importante croissance des revenus tirés du stockage informatique dématérialisé “en nuage” (+96 % sur un an, à 359 millions de dollars).
Alibaba, qui gère la plateforme de vidéos Youku Tudou et a pris une participation minoritaire dans une société de production hollywoodienne, a également enregistré une hausse de 30 % des recettes générées par les contenus numériques et de divertissement.
C’est cependant un net refroidissement de cette activité, qui avait plus que triplé sur un an au trimestre précédent.

En réalité, face au ralentissement économique, le groupe fondé par l’emblématique milliardaire Jack Ma continue de miser sur le commerce en affinant les technologies utilisées sur ses plateformes.
Il table en particulier sur la puissance de ses algorithmes pour conforter ses recettes publicitaires.
“Les algorithmes nourris par les +big data+ (accumulation de données sur les clients, NDLR) permettent de trouver le bon équilibre entre le budget des annonceurs et les préférences des usagers”, notait Gregory Zhao, un analyste de Barclays cité par Bloomberg News.

Alibaba, avec sa plateforme Taobao, domine à 90 % le marché des échanges de particuliers à particuliers sur l’internet chinois et sa plateforme Tmall y contrôle la moitié des transactions en ligne entre professionnels et particuliers.

Magasins en dur

Parallèlement, Alibaba s’efforce de séduire la classe moyenne en gonflant l’offre de produits importés (notamment dans l’alimentaire), en développant ses partenariats avec des marques de luxe.
Mais surtout, à l’image du revirement stratégique de son alter-ego américain Amazon (lequel a racheté la chaîne d’alimentation Whole Foods), le groupe chinois enchaîne les rapprochements avec des chaînes de magasins en dur.
Après avoir racheté 20 % du distributeur d’électroménager Suning l’an dernier, Alibaba a ainsi annoncé en février un partenariat stratégique avec un géant de la distribution, Shanghai Bailian.
Le groupe de Hangzhou s’est aussi proposé en janvier de racheter l’opérateur chinois de centres commerciaux Intime — une opération évaluée à 2,42 milliards d’euros. Sa dernière “expérience” en date est le lancement de supérettes super-connectées et intégrées aux plateformes en ligne.

A l’heure où nombre de jeunes Chinois font désormais du lèche-vitrine en consultant leur écran de portable pour comparer les prix et commander en ligne, “ce +nouveau commerce de détail+ va façonner le modèle économique d’Alibaba sur le long terme”, estime l’analyste M. Zhao.

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