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Alphabet (Google) déçoit au premier trimestre malgré un bond de 20% du bénéfice net

Alphabet (Google) déçoit au premier trimestre malgré un bond de 20% du bénéfice net

La maison mère du géant internet Google, Alphabet, a déçu Wall Street jeudi avec une croissance un peu moins forte qu’espéré de ses bénéfices trimestriels, sur fond de dépenses en hausse pour ses services de cloud, YouTube et ses projets futuristes.

Sur les trois premiers mois de l’année, le bénéfice net de la holding américaine a grimpé de 20% à 4,2 milliards de dollars.

Le bénéfice par action, qui sert de référence à Wall Street, a atteint seulement 7,50 dollars, quand les analystes espéraient 46 cents de mieux.

La déception se ressentait dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York, où l’action Google perdait plus de 6% vers 23H00 GMT.

Le chiffre d’affaires a progressé sur le trimestre de 17% à 20,3 milliards de dollars, et la hausse aurait même atteint 23% sans l’appréciation du dollar par rapport à d’autres devises, qui pèse sur les revenus réalisés par le groupe à l’international.

«Le principal moteur est l’utilisation accrue de la recherche mobile par les consommateurs», a souligné la directrice financière Ruth Porat, lors de la traditionnelle téléconférence explicative avec des analystes.

Google s’est efforcé d’améliorer son service de recherche en ligne pour les utilisateurs mobiles, ainsi que les formats de ses publicités qui représentent la majeure partie de ses revenus.

Mais les coûts ont augmenté en parallèle, notamment pour les centres de données, les contenus destinés à la filiale de vidéo YouTube, ou le réseau expérimental de fibre optique ultra-rapide («Fiber») en construction actuellement dans quelques villes américaines, a noté Mme Porat.

YouTube, qui représente un autre moteur de croissance du groupe avec le mobile, a lancé récemment une offre payante sans publicité, et a prévu d’en augmenter l’attrait avec des séries et des films originaux.

Les investissements dans les centres de données sont nécessaires pour les activités propres de Google, mais aussi pour soutenir la croissance de ses services en ligne à destination des entreprises («cloud»), désormais présentés comme une priorité.

Google met actuellement les bouchées doubles pour tenter de rattraper Amazon et Microsoft, qui ont pris beaucoup d’avance dans le cloud. Il avait notamment en fin d’année dernière réuni toutes ses initiatives en la matière en une seule division supervisée par Diane Greene. «Cette décision paye déjà», avec des activités qui «gagnent de l’élan», a assuré jeudi aux analystes le patron de Google, Sundar Pichai.

- Perte creusée pour les paris futuristes -

Alphabet tire la majeure partie de ses revenus de sa filiale Google, qui réunit ses activités en ligne et mobile (moteur de recherche, publicité, YouTube et Android): le chiffre d’affaires de cette filiale de Google a grimpé de 17% à 20,1 milliards de dollars, et son bénéfice d’exploitation de 21% à 6,3 milliards.

Les paris futuristes comme les voitures autonomes «sans chauffeur» ou le projet Loon d’internet par montgolfière dépendent pour leur part directement d’Alphabet.

Ruth Porat a souligné que ces investissements, censés alimenter la croissance à long terme, étaient réalisés «de manière réfléchie», mais que la plupart ne dégageaient pas encore de revenus, à l’exception de Fiber et des filiales Nest (objets connectés pour la maison) et Verily (projets dans le domaine de la santé).

Au total, le chiffre d’affaires des paris futuristes a doublé ce trimestre à 166 millions de dollars, mais leur perte d’exploitation s’est parallèlement creusée pour atteindre 802 millions de dollars, contre 633 millions sur les trois premiers mois de 2015.

Brian Wieser, analyste chez Pivotal Research Group, a évoqué des résultats globalement «décents», renforçant son opinion favorable sur le groupe à long terme.

Il a néanmoins dit s’attendre à une réduction graduelle de ses marges au fil du temps, et rester «attentif» aux développements sur le front antitrust au lendemain d’une nouvelle charge des autorités européennes de la concurrence contre le système d’exploitation mobile Android, au sujet de laquelle le direction du groupe n’a fait jeudi aucun commentaire.

afp/20minutes.fr

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