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AMANCIO ORTEGA GAONA : Un richissime homme d’affaire discret et mystérieux

AMANCIO ORTEGA GAONA : Un richissime homme d’affaire discret et mystérieux

Connu comme l’homme le plus riche d’Espagne, sa fortune est estimée à 64 milliards de dollars par le magazine Forbes en 2014. Classé troisième homme riche du monde par le même magazine, Amancio Ortega Gaona n’est pourtant pas « né avec une cuillère d’argent dans la bouche. » Sa richesse, il l’a obtenu au prix de sa combativité, de sacrifices, du travail et de son courage. Allons à la découverte du portrait d’un modèle de réussite qui donnera de leçons de vie et d’entreprenariat à plus d’uns.

Pour ses proches, il est l’incarnation de la discrétion. D’aucuns disent qu’il vit selon le principe du très célèbre Rockefeller « Tu ne dois apparaître que trois fois dans les journaux : quand tu nais, quand tu te maries et quand tu meurs. » Il existe très peu d’interviews sur ce grand homme qui refuse de parler de lui-même, et de ses expériences. Il qualifie cela d’égoïste d’ailleurs. Pourtant, son histoire en dit long sur lui, sur sa personne, sa réussite. Celle d’un fils de cheminot devenu première fortune européenne. Celle d’un adolescent sans formation devenu le concepteur visionnaire de la « fast fashion » – renouvellement perpétuel des collections en fonction des tendances avec une extrême rapidité de fabrication- Celle d’un autodidacte devenu maître d’un empire textile sur lequel le soleil ne se couche jamais.
Né le 28 mars 1936, d’un père cheminot, Amancio Ortega est le dernier des quatre enfants d’une famille aux revenus limités. Cela l’a d’ailleurs conduit à abandonner les bancs de l’école à l’âge de 13 ans. Il devient coursier dans un magasin de textiles, puis vendeur de chemises. En 1963, il crée Confecciones Goa, fabricant et vendeur de robes de chambre. Il réalise avec succès un pull en shetland qu’il commercialise aux étudiants de Saint-Jacques de Compostelle, avant d’ouvrir en 1975 le premier magasin Zara en Espagne. Il en compte 5 de plus quatre ans après, et plus de 5 500 de nos jours (dont plus de 1 800 sous l’enseigne Zara). Marié deux fois (avec Rosalía Mera cofondatrice d’Inditex et qui s’occupe actuellement de la fondation Amancio Ortega avec sa fille, puis depuis 2001 avec Flora Pérez Marcote ex-employée de Zara), souvent représenté par sa seconde femme lors des mondanités, la légende voulait que cet homme très secret n’existe pas tellement. Sa discrétion était forte. Il a trois enfants avec sa seconde épouse : Sandra Ortega Mera, Marcos Ortega Mera et Marta Ortega Pérez, future héritière du groupe Inditex.

« Il reste leader sur le segment grâce à des coupes impeccables »
Amancio Ortega Gaona a eu une idée simple, réaliser des vêtements en grande série inspirée des meilleurs couturiers. En démocratisant ainsi le luxe, il révolutionne le monde du prêt à porter. Partout où une boutique Zara ouvre, c’est le jackpot ! Aujourd’hui, même si l’idée d’Amancio a été maintes fois copiée, il reste leader sur le segment grâce à des coupes impeccables et une fabrication de qualité à laquelle il veille personnellement. En 2001, il crée la Fondation Amancio Ortega, une institution à but non lucratif qui cherche à promouvoir tout type d’activités dans différents domaines tels que l’enquête, l’éducation et la science.

Son model business : Démocratisation de la mode
Là encore, les fondamentaux de Zara sont déjà visibles : Ortega choisit un vêtement à la mode, qui plaît à toutes les femmes, mais reste trop cher pour certaines. « Amancio a passé du temps à trouver une solution pour imiter ce vêtement et le rendre accessible à toutes les bourses », rapporte David Martinez, un journaliste qui a écrit un livre sur l’homme. De la copie, diront certains. Démocratisation de la mode, diront d’autres. Le succès est au rendez-vous. Tant et si bien qu’un jour Amancio ne peut plus mener ses deux activités de front. En 1963, il quitte la Maja avec famille et amis et fonde avec eux GOA, l’ancêtre d’Inditex. Amancio a un peu moins de trente ans, mais il lui faudra encore attendre plus de dix ans pour ouvrir sa première boutique Zara.

Les étapes de sa carrière
1949-60 : coursier dans un magasin de textile à Corogne, puis drapier et assistant tailleur.
1960-72 : gérant d’un magasin de lingerie.
1963 : création de Confecciones Goa, société spécialisée dans la confection de peignoirs de bain et de robes de chambre, et première usine du futur groupe Inditex.
1975 : création de la première boutique Zara, à La Corogne, dans le Nord-Ouest de l’Espagne.
1985 : mise en place du holding Inditex (INdustria de DIseno TEXtil), qui regroupe l’ensemble des sociétés détenues par Amancio Ortega.
1991 : création de l’enseigne Pull & Bear.
1995 : rachat de la marque Massimo Dutti.
1998 : création de l’enseigne de prêt-à-porter Bershka.
1999 : acquisition l’enseigne de prêt-à-porter Stradivarius.
2001 : lancement de la marque de lingerie Oysho.
2003 : création de Zara Home.
1985-2011 : président-directeur général d’Inditex.

Loin de s’être bâti en un jour, son empire est donc une somme d’efforts quotidiens, de talent et d’intuition. « Je n’aurais jamais imaginé un tel développement quand nous avons commencé, confie-t-il lors d’une interview. Quand tu chemines jour après jour, tu observes comment la route s’ouvre petit à petit en face de toi. Ça ne m’a jamais plu de vendre à un distributeur (ce qu’il faisait du temps de GOA, NDLR). J’étais convaincu qu’il fallait maîtriser le client et en même temps être à ses côtés, ce que je pouvais seulement faire en lui vendant directement » ajoute-t-il. Que faut-il d’avantages que de la foi de l’espoir, et de la combativité pour garantir de meilleurs jours. La vie de Amancio Ortega restera un bel exemple de succès story.

Balguissa Sawadogo
Les Echos du Faso

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