jeudi 26 novembre 2020
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Amazon stoppe sa campagne pré-Black Friday

Amazon stoppe sa campagne pré-Black Friday

Business : Dans le viseur des commerçants, Amazon suspend sa campagne pré-Black Friday à la demande du gouvernement.

Un vent anti-Amazon souffle de plus belle cet automne, à la faveur du reconfinement de l’Hexagone. Dans le viseur des petits commerçants « non essentiels », forcés à fermer boutique en raison des mesures sanitaires, le géant du e-commerce américain redevient l’ennemi public numéro un. A la demande du gouvernement, Amazon a accepté de mettre fin à sa campagne pré-Black Friday.

Interrogée sur Europe 1 samedi matin, Agnès Pannier-Runacher indique avoir demandé à Amazon de suspendre sa campagne pré-Black Friday, ce que le géant américain a accepté. « J’ai demandé à Amazon la suspension de la campagne sur le pré-Black Friday parce que ça n’était pas du tout approprié dans ce moment où 200 000 commerçants vont devoir fermer leurs portes », explique la ministre déléguée à l’Industrie, alors que le groupe Fnac-Darty a été contraint de fermer les rayons librairie de ses magasins.

Amazon devait proposer des promos en avant-première jusqu’au 19 novembre, avant la semaine du Black Friday qui débute le 27 novembre. Mais c’est une goutte d’eau dans la mer pour le géant américain, qui affichera quoi qu’il arrive des milliers des produits en promotion pendant l’opération commerciale traditionnellement organisée à partir du vendredi suivant Thanksgiving aux Etats-Unis, et que les grandes enseignes de vente en ligne, comme la Fnac ou CDiscount, ont repris à leur compte en France et en Europe depuis quelques années.

Amazon se porte comme un charme, comme en attestent ses résultats du troisième trimestre. Le groupe prédit une hausse de ses ventes durant la période des fêtes de fin d’année, alors que les consommateurs devraient continuer à se tourner davantage vers le commerce en ligne, comme c’était le cas pendant la première vague.

Les commerçants dénoncent une concurrence déloyale

Pour les commerçants, la décision du gouvernement de fermer les boutiques physiques non essentielles accentue la « concurrence déloyale » avec les grandes acteurs du e-commerce. Le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) regrette que cette décision « encourage officiellement les Français à recourir aux services des pires concurrents du commerce physique : les plateformes internationales du e-commerce et de la livraison à domicile ». La fédération estime que « ces prédateurs prospèrent (…) en détruisant les emplois dans une proportion d’un emploi créé pour quatre détruits et polluent les villes avec leurs camionnettes de livraison, leurs emballages et suremballages, en pratiquant un dumping et des ventes à perte en permanence », précise-t-elle.

L’Alliance du Commerce a quant à elle fait savoir dans la presse que toutes les voies de recours juridiques possibles pourraient être envisagées en cas de maintien de la décision de l’Etat.

Ce ne sont pas seulement les positions des représentants de commerce, mais aussi celle de la vice-présidente et porte-parole du Medef, qui s’est exprimée contre la fermeture des enseignes de proximité à l’approche de la période des fêtes. « On fait le lit d’Amazon et ça tue le petit commerce (…) Faire ses cadeaux en bas de chez soi était de nature à redynamiser l’activité. Faire ses cadeaux de Noël sur Amazon, ce n’est pas citoyen et c’est la clé de pertes d’emplois sur le sol français », exprimait Dominique Carlac’h dimanche sur France Inter.

Une seule issue, le click & collect

Face à la fronde des commerçants et élus locaux, le gouvernement a décidé de restreindre dès mardi la liste des produits autorisés à la vente en grande surface, a annoncé dimanche le Premier ministre Jean Castex sur TF1.

Quelques heures avant l’intervention de Jean Castex, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait reconnu les risques liés à l’interdiction d’ouverture des petits commerçants. « Il ne faut pas que ça soit Amazon, pour faire simple, qui soit le grand gagnant de cette crise, au détriment des commerces de proximité ou même d’ailleurs des grandes surfaces qui embauchent des centaines de milliers de personnes », a-t-il ainsi déclaré sur le plateau de BFMTV.

Le ministre a promis le déblocage d’une centaine de millions d’euros pour accélérer « la digitalisation des petits commerces ». Bruno Le Maire a aussi encouragé les petits commerces à se tourner vers le retrait de commande pour maintenir leur activité.

Parmi les mesures spécifiques au commerce, un décret du 29 octobre précise que le retrait des commandes par les clients est expressément autorisé. Parmi les dérogations à l’interdiction de déplacement figurent les déplacements pour effectuer des achats de fourniture nécessaires à l’activité professionnelle, des achats de première nécessité, des retraits de commandes et des livraisons à domicile, ce qui inclut le click & collect.

zdnet

 

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