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Android, le cheval de Troie de Google

Android, le cheval de Troie de Google

TV, santé, automobile : Google étend son empire grâce à son système d’exploitation

Grâce à l’accord qu’il vient de signer avec Renault-Nissan-Mitsubishi, Google va s’inviter à bord de millions de véhicules neufs chaque année. C’est une étape majeure pour le groupe californien. Mais pas une surprise.

Dès 2014, Google avait dévoilé ses ambitions en la matière en présentant « Android Auto », la version dédiée à la voiture de son système d’exploitation mobile. Depuis, ce sont 59 constructeurs qui ont embrayé et offrent l’interface familière d’Android aux conducteurs de plus de 400 modèles de voitures – de l’Audi A3 à la Citroën Berlingo en passant par la Nexon de Tata Motors.


TV, box, montres

La même année, Google avait présenté plusieurs autres déclinaisons de son OS. Android Wear visait les objets connectés, et au premier chef les montres. Android TV prenait pour cible les téléviseurs, mais également les box des opérateurs.

Et, comme dans l’automobile, Google a marqué des points. Android équipe les montres connectées de grands noms de la tech (Huawei) comme de l’horlogerie (Tag Heuer). On retrouve le logiciel de Google dans les télés de Sony et dans les box de grands opérateurs (Free, Bouygues Telecom, SFR).

Des poches de résistance

Bien sûr, la poussée de Google sur ces nouveaux territoires rencontre des résistances. Après avoir embarqué Android dans sa première montre, Samsung mise désormais sur ses propres forces, avec un OS maison baptisé « Tyzen ».

Chez les opérateurs télécoms, on cantonne encore les box Android à l’entrée de gamme pour garder la main sur le logiciel des box premium. Quant aux constructeurs automobiles, plusieurs grands noms de l’industrie outre-Rhin ont mis 2,8 milliards d’euros sur la table en 2015 pour récupérer Here, le service de cartographie de Nokia, et tenir la dragée haute à Google Maps.

Une technique imparable

Résister à l’ogre Google n’est pas facile, car son offre est très séduisante. Pour s’imposer dans les smartphones, où Android détient près de 80 % des parts de marché, le groupe a imaginé une technique imparable : proposer, quasi gratuitement, un excellent produit.

Google ne se rémunère qu’ensuite. Il prend notamment une juteuse commission sur les ventes réalisées au sein de son magasin d’applications. Et utilise les données des utilisateurs pour leur envoyer des publicités taillées sur-mesure – son coeur d’activité.

Amende record

Pour pousser son avantage dans d’autres industries, Google n’a qu’à suivre cette recette. D’autant que sa domination dans les smartphones lui donne un avantage supplémentaire. Un large public est habitué à utiliser Android et apprécie la synchronisation de ses préférences – les contacts ou la musique lorsqu’il monte à bord d’une voiture par exemple.

Jusqu’à présent, un seul véritable obstacle s’est dressé sur la route de Google : l’antitrust européen. En juillet dernier, la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager a infligé une amende de 4,3 milliards d’euros au groupe pour avoir entravé la concurrence dans les smartphones avec Android. De quoi freiner le géant ?

Sébastien Dumoulin
lesechos

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