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Angola : Isabel dos Santos sous le feu des critiques pour sa gestion « opaque » de Sonagol

Angola : Isabel dos Santos sous le feu des critiques pour sa gestion « opaque » de Sonagol

En Angola, la patronne de la Sonangol, Isabel dos Santos, est à nouveau sous le feu des critiques. Après la remise en cause de sa légitimé à la tête du conseil d’administration de la compagnie pétrolière nationale, des révélations de la presse locale lui prêtent une « gestion douteuse » de cette structure, avec entre autres, le « secret » autour de la rémunération des administrateurs et d’un nombre important de consultants portugais.

« Nous sommes très engagés dans la transparence. Nous sommes déterminés à améliorer nos profits à Sonangol et à l’amélioration de notre organisation », déclarait en juin dernier Isabel dos Santos lors de sa première sortie médiatique à l’occasion de sa nomination en qualité de président du conseil d’administration de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale de l’Angola. Des paroles qui inspirent confiance, mais qui pourraient se retourner aujourd’hui contre la nouvelle « Mme pétrole » de l’Angola.

Et pour cause, le site d’investigation Moka Angola révèle des zones d’ombres autour de la gestion de la compagnie, avec notamment la rémunération des membres du conseil d’administration qui relèverait d’un « secret exclusif » entre ledit conseil et la direction financière du groupe. Depuis, la société compterait « plus de 60 consultants portugais », dont les salaires ne trouvent pas ses traces dans les comptes de Sonangol à Luanda. Ces derniers seraient plutôt rémunérés par la filiale londonienne de la compagnie via les comptes de cette dernière chez Investec Bank à Maurice et à Hong Kong.

Le média révèle également qu’Isabel Dos Santos serait conseillée dans sa gestion de la Sonangol par un cabinet international dont les services seraient facturés d’un montant équivalent à l’ensemble de la masse salariale déclarée de la société.

Soupçons d’évasion fiscale

Interrogée par Moka Angola, une source au Ministère des Finances a estimé que les pratiques salariales de Sonangol à l’endroit de ses consultants portugais constitueraient potentiellement une violation de la loi n° 7/97 relative la taxe industrielle Régime Retenue spéciale. « L’entité à laquelle le service est fourni doit faire la retenue à la source en Angola, même pour les devises des non-résidents, car le service réel est fourni dans le pays », a déclaré la source avant d’ajouter : « Avec ce système, les consultants ne paient pas d’impôts en Angola et Sonangol fuient leurs responsabilités fiscales à ce niveau ».

Pour l’heure, Isabel dos Santos n’a pas encore réagit à ces allégations comme elle l’avait fait le 1er mars sur son compte Twitter, pour démentir une information diffusée par le journal portugais Expresso sur sa gestion de la Sonangol. Mais vu la crédibilité accordée à Moka Angola, les informations fraîchement révélées sont en train de faire le tour des médias internationaux.

Le même site révélait en février dernier la transmission au personnel de la Sonangol d’une circulaire de mise en garde contre toute personne qui serait à l’origine de « fuite d’information » au sujet de la gestion du pétrole angolais. Une réaction faisant suite aux révélations à la presse du paiement par la compagnie des frais de crèche pour les enfants d’un administrateur. Une information à laquelle la « princesse » n’avait également pas réagi.

Depuis sa nomination -par son père le président Eduardo José dos Santos- à la tête de la Sonangol en juin 2016, Isabel dos Santos est constamment sous le feu des critiques. En novembre dernier, la Cours suprême créait la surprise en acceptant d’examiner le recours d’une douzaine de juristes contre la nomination de la « princesse » qui dénonçaient notamment un acte de « népotisme ». Une tournure à laquelle la femme la plus riche d’Afrique avait réagi avec lucidité. « J’ai été cadre supérieure dans plusieurs sociétés en Angola, mon CV parle de lui-même », avait-elle déclaré, s’estimant victime de « manœuvre politique de l’opposition ».

Ristel Tchounand
la tribune afrique

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