mardi 22 septembre 2020
Accueil / Développement / Annulation des dettes des pays africains : démêler le vrai du faux

Annulation des dettes des pays africains : démêler le vrai du faux

Annulation des dettes des pays africains : démêler le vrai du faux

Depuis quelques jours, un débat secoue la toile par tribunes interposées en ce qui concerne le sort de la dette des pays africains. Ce débat oppose les partisans de l’annulation de la dette (Sénégal, France…) à ceux qui prônent une allocation de nouveaux DTS (les autorités béninoises dans le cadre d’une tribune publiée le 23 avril dernier dans Jeune Afrique). Ces deux approches visent à permettre aux Etats africains de dégager des marges de manœuvre budgétaires ou de mobiliser de nouveaux financements afin de faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la crise. La décision prise par le G20 le 15 avril dernier est allée dans le sens d’un moratoire de six mois sur les intérêts de la dette bilatérale.

Le dernier communiqué du FMI concernant le Bénin indiquait que « le plan de riposte [béninois] est estimé à 1,7 % du PIB et comprend une hausse des dépenses de santé, une aide aux couches les plus vulnérables de la population et un soutien ciblé et temporaire aux entreprises affectées ; le déficit budgétaire pour 2020 s’établirait à 3,5% du PIB, « en raison de la baisse des recettes, de l’augmentation des dépenses de santé et des mesures de soutien à l’économie ».  L’impact de la crise sanitaire et économique sera plus ou moins marqué et différent d’un pays africain à un autre compte tenu des disparités qui existent au niveau de nos économies. L’économie béninoise, déjà très éprouvée par la fermeture des frontières avec le Nigéria n’en fera pas exception. Revendiquer de nouveaux financements, une allocation de nouveaux DTS, un moratoire sur les dettes ou une annulation partielle ou totale de la dette bilatérale ou privée ne constituent pas la seule solution à apporter à cette situation.

Comment peut-on d’ailleurs revendiquer des ressources additionnelles (qu’elles émanent de l’annulation de la dette, d’un moratoire ou de l’allocation de nouveaux DTS) si au préalable un travail rigoureux d’évaluation des conséquences de la crise n’est pas réalisé par nos gouvernants. A ce jour, aucune communication n’a été produite par les autorités béninoises en la matière alors que bon nombre d’entreprises commencent à souffrir de la crise (l’hôtellerie, les transports, le tourisme, les entreprises exportatrices, les commerçants…) ; aucun plan de soutien n’a été annoncé pour soutenir les entreprises en difficulté. L’annulation de la dette (notamment bilatérale) ou l’allocation par le FMI de nouveaux DTS telle que proposée par les autorités béninoises, si elle ne s’inscrit pas dans un plan de relance cohérent pour notre économie sera inefficace et pure fuite en avant.

lanouvelletribune

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut