samedi 26 septembre 2020
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AppGallery : l’arme de Huawei pour pallier l’absence du Google Play Store

AppGallery : l’arme de Huawei pour pallier l’absence du Google Play Store

Alternative de Huawei au Play Store, l’AppGallery peine fortement à convaincre. Afin de vendre à un plus large public ses nouveaux fleurons, l’entreprise redouble d’efforts pour attirer les développeurs et rendre moins frileux les clients.

Privé des services Google depuis le mois de mai 2019, Huawei a fait l’autruche pendant un temps. C’est lors de la présentation du Mate 30 Pro, son vaisseau amiral de fin d’année, que la firme s’est décidée à réagir officiellement. Il ne lui faut désormais plus compter sur le Play Store et tout miser sur sa boutique alternative : l’AppGallery.

Avant toute cette histoire, peu avaient connaissance de ce magasin d’applications alternatif. Ceux qui voyaient ce que c’était ne s’attardaient pas plus que ça, et pour cause. La grande majorité des applications présentes sont inutiles, étranges ou encore non localisées. Sur la version française, toutes les grosses apps trouvables sur le Play Store sont indisponibles sur cette AppGallery. La faute à Huawei qui n’a pas su miser plus tôt sur ce projet pourtant lancé en 2011.

Mais tout cela va changer. L’entreprise chinoise compte bien faire de son AppGallery une option de taille face au Play Store, voire à l’App Store d’Apple. Pour cela, elle se donne les moyens, mais offre surtout aux développeurs des outils pour faciliter la création et la mise à disposition de leurs applications.

Un investissement sur le long terme

C’est lors de sa Developer Conference d’août 2019 que la firme a annoncé pour la première fois son souhait d’attirer les développeurs sur sa boutique applicative. Et elle ne l’a pas fait de la pire des manières puisqu’il a été question de mettre à disposition tous les outils nécessaires pour faciliter de développement et/ou le portage d’applications déjà existantes sur les autres magasins. Les Huawei Mobile Services (HMS) ont donc été introduits à ce moment-là, de même que Harmony, l’OS développé par la marque et qui pourrait, à terme, équiper ses futurs smartphones.

Et ce n’est pas tout. Huawei fait du gringue aux développeurs en organisant plusieurs conférences, en ouvrant une plateforme d’entraide ou, plus simplement, en investissant massivement. Sur l’année 2019, ce sont 1,5 milliard d’euros qui ont déjà été dépensés. À terme, l’entreprise évoque environ 23 milliards d’euros injectés dans le développement de son AppGallery. Huawei se voit d’ores et déjà en acteur de poids face aux gros poissons Google et Apple. Avec une telle enveloppe pécuniaire, la firme espère pouvoir offrir les mêmes services que la concurrence.

Partenariats localisés

Le travail pour avoir un semblant de magasin d’apps viable a déjà bien commencé. Hier, Richard Yu annonçait que des partenariats régionaux ont été déployés, le but étant de proposer les best-sellers présents sur le Play Store. Pour la France, on trouve donc des noms comme Booking, Zara, Opéra, Deezer ou encore Trainline. Par contre, toujours aucune trace d’Instagram, WhatsApp ou même YouTube. Et l’on doute que ces dernières soient un jour disponibles sur l’AppGallery. Malgré tout, sur les appareils de démonstration, nous avons pu voir un MatePad Pro avec ces applications sur son écran d’accueil. L’installation via APK reste donc la solution la plus envisageable si l’on veut profiter pleinement de son produit.

L’optique d’une utilisation simplifiée

L’une des nouveautés de l’AppGallery pour 2020 est la mise en place des Quick Apps. Une fonctionnalité qui permet de lancer des applications instantanément, en un clic. Pour ce faire, l’AppGallery ne télécharge que le nécessaire pour faire tourner l’app et ne s’embarrasse pas du reste de l’APK. Ces applications sont également simplifiées dans leur codage. L’écriture ne nécessite qu’un cinquième du code nécessaire pour une app tournant sur le Play Store. Aussi, elles prennent beaucoup moins de place. Huawei précise que 2 000 Quick Apps occupent autant d’espace que 20 homologues “classiques”. Pour le moment, ce sont 1 700 applications qui sont disponibles en Quick Apps, mais ce parc devrait grandement évoluer dans les prochains mois.

À noter que toutes ces applications seront disponibles sur tous les supports de l’entreprise. Cela passe du smartphone à la tablette, le PC ou bien la télévision. Il suffira d’une ID unique. Cela rappelle — encore une fois — énormément ce que propose Apple en matière de communication entre ses appareils.

Ce déploiement suffira-t-il à donner confiance aux utilisateurs en un smartphone qui ne bénéficierait pas des services Google ? Devoir s’habituer à de nouvelles mécaniques qui semblaient innées sur Android pourrait en refroidir plus d’un. Mais peut-être qu’avec son matraquage publicitaire vantant les mérites de l’AppGallery, Huawei pourra attirer les curieux désireux de choisir autre chose que les boutiques des deux géants étasuniens.

Le prochain fleuron de Huawei, le P40, sera dévoilé le 26 mars prochain à Paris. Nul doute que lors de cette conférence, nous en saurons plus sur l’état d’avancée de l’AppGallery et, pourquoi pas, sur ce que l’entreprise compte faire pour attirer les potentiels clients français vers son téléphone dénué des Google Mobile Services.

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