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Apple s’effondre en Bourse, malgré l’envolée de ses revenus et profits

Apple s’effondre en Bourse, malgré l’envolée de ses revenus et profits

Apple a vendu moins d’Iphones que prévu au troisième trimestre. Il a perdu 66 milliards en Bourse.

La magie d’Apple commencerait-elle à s’estomper ? L’entreprise a vu sa valorisation boursière s’effondrer de 66 milliards de dollars mardi soir (– 8 %), à l’annonce de ses résultats trimestriels. Ses performances restent pourtant extraordinaires à plus d’un titre : son chiffre d’affaires a frôlé les 50 milliards de dollars sur trois mois, en hausse d’un tiers par rapport à la même période de l’année précédente.

Ses téléphones Iphone 6 rencontrent un succès inespéré en Chine : leurs ventes y ont quasiment doublé sur un an. L’entreprise a dégagé plus de 10 milliards de dollars de profit au total, ce qui marque là encore une hausse exceptionnelle par rapport à l’an passé (+38 %). Profits et ventes ont dépassé les attentes des analystes, et ce pour le neuvième trimestre consécutif. « C’est une croissance époustouflante, pour une entreprise affichant 200 milliards de chiffre d’affaires par an », résume Toni Sacconaghi, analyste chez Sanford C. Bernstein. « Mais les marchés attendaient encore plus ».

Baisse de 22 % du nombre d’iPhones en un trimestre

Les investisseurs voient plusieurs raisons de s’inquiéter. D’abord, parce qu’Apple doit l’essentiel de son succès à un seul produit : son téléphone. Les Iphones génèrent deux tiers de ses profits. Ils en représentaient à peine la moitié l’an dernier. « La bonne nouvelle, c’est que les Iphone sont fantastiques. La mauvaise, c’est qu’ils tirent 100 % de la croissance d’Apple », résume Toni Sacconaghi. Cette dépendance est effectivement anxiogène : un essoufflement de l’Iphone, aussi faible soit-il, est perçu comme un danger majeur pour le groupe. C’est ce qui est arrivé au dernier trimestre : l’entreprise a vendu plus de 47 millions d’Iphones dans le monde, soit un tiers de plus que l’an dernier. Mais c’est 22 % de moins qu’au dernier trimestre, remarquent les analystes de Wall Street. C’est surtout moins que les 49 millions que la plupart d’entre eux avaient anticipés. Le troisième trimestre (qui correspond en fait à la période d’avril à juin chez Apple) est traditionnellement faible pour l’entreprise. Ses clients sont nombreux à reporter leurs achats à l’automne, pour profiter des nouveaux modèles.

Mais il n’est pas certain que le trimestre en cours soit meilleur que le précédent. Le PDG Tim Cook a douché les attentes, en pronostiquant un chiffre d’affaires inférieur de 1 à 2 milliards aux projections de Wall Street. Il reste encore très secret sur la réussite de sa montre Apple Watch (lire ci-dessous). C’est le seul produit réellement nouveau que le groupe ait lancé depuis le décès de Steve Jobs. Son succès est donc crucial pour Tim Cook, qui doit trouver une nouvelle vache à lait, capable de prendre le relais des téléphones quand ceux-ci cesseront de tirer la croissance du groupe.

Les nouveaux produits sont d’autant plus cruciaux que les anciens s’essoufflent. Les ventes de tablettes (Ipad) se sont encore effondrées de 18 % au dernier trimestre. Les fans d’Apple ressentent visiblement moins d’urgence à remplacer leur tablette que leur téléphone. Apple a noué des partenariats avec IBM pour imposer ses tablettes sur les lieux de travail. Mais ils n’ont pas réussi, pour l’instant, à conjurer la baisse des ventes.

Lucie Robequain / Correspondante à New York
lesechos.fr

203 milliards de dollars dans les caissesApple a beau distribuer des dividendes et racheter des actions, sa trésorerie ne cesse de grimper. La firme détient désormais 203 milliards de dollars en caisse. Ironie de l’histoire, elle ne peut y toucher : 181 milliards dorment dans des caisses à l’étranger, le groupe ayant mis en place des systèmes d’optimisation fiscale élaborés. Rapatrier ces sommes l’obligerait à reverser au fisc américain environ un tiers de leur montant. Pour récompenser ses actionnaires, Apple en est donc réduit à emprunter.
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