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Après dix ans d’iPhone, Apple est assis sur 250 milliards de dollars de cash

Après dix ans d’iPhone, Apple est assis sur 250 milliards de dollars de cash

Le groupe à la pomme est le seul au monde à posséder une telle manne de cash. Il pourrait s’en servir pour verser davantage de dividendes aux actionnaires et procéder à des acquisitions d’envergure.

Difficile de faire plus moelleux que le matelas de trésorerie sur lequel est assis Apple. Lors de la publication de ses résultats trimestriels ce mardi soir, le groupe à la pomme devrait annoncer qu’il dispose désormais de plus de 250 milliards de dollars de cash, contre 246,09 milliards au dernier pointage fin décembre.

En quatre ans et demi seulement, ce montant a doublé ; Apple avait franchi la barre des 100 milliards de dollars au début de l’année 2012, puis celle des 200 milliards quatre ans plus tard. Une situation sans équivalent puisque le groupe possédant le plus de trésorerie, derrière Apple, se trouve être Microsoft, mais avec “seulement” 126 milliards.

Cette généreuse trésorerie se double paradoxalement pour Apple d’un endettement en forte croissance, alors que la dette du groupe était encore nulle en 2013. Un an plus tôt, la société de Cupertino avait pris la décision de verser de nouveau de l’argent à ses actionnaires via les dividendes et des rachats d’actions. Initialement fixé à 100 milliards de dollars, ce programme d’augmentation de la rémunération des actionnaires, financé par la dette, a été porté à 200 milliards en avril 2015.

Une trésorerie hébergée à l’étranger

Avec la pile de cash qu’Apple détient, pourquoi le groupe emprunte-il aux marchés financiers ? “Près de 93% de la trésorerie du groupe est hébergée à l’étranger. Apple ne les rapatrie pas aux Etats-Unis car ces fonds seraient alors taxés, via l’impôt sur les sociétés, par le fisc américain”, répond, Leslie Griffe de Malval, gérant chez Fourpoints.

Les Etats-Unis sont l’un des rares pays où les sociétés sont imposées sur leurs bénéfices mondiaux. Pour contourner cette taxation, certains grands groupes, à l’instar d’Apple, thésaurisent un gros volume de liquidités en-dehors de leur marché domestique. Résultat, la société californienne a émis, depuis 2012, pour 88 milliards de dollars d’obligations en vue de financer ces rachats d’actions et le versement de dividendes.

Mais le groupe pourrait bientôt ne plus avoir à procéder de la sorte. La semaine dernière, Donald Trump a promis qu’il allait mettre en place « la plus grosse baisse d’impôts jamais annoncée ». La Maison-Blanche souhaite instaurer un système d’imposition territorialisé qui permettrait aux entreprises américaines rapatriant leur trésorerie de l’étranger de ne pas voir celle-ci être taxées à 35%.

Fin 2016, Tim Cook, en personne, avait déclaré qu’il “adorerai(t)” rapatrier le cash d’Apple sur le sol américain, mais que c’était irréaliste, à ses yeux. « Quand nous le rapatrierons, nous paierons 35% d’impôt fédéral, mais aussi des impôts locaux, d’en moyenne 5%, ce qui fait 40%. Nous ne le ramènerons pas tant qu’il n’y aura pas un taux plus raisonnable. »

Plus de dividendes

L’accumulation de cette trésorerie est évidemment la conséquence des montagnes de bénéfices générés par les succès de l’iPhone et, dans une moindre mesure de l’iPad, depuis dix ans. Elle trouve aussi son origine dans l’histoire-même de la société. “Lorsque Steve Jobs a repris Apple, il n’avait que trois mois de trésorerie devant lui. Ensuite, la société a longtemps été en forte croissance et il considérait qu’il lui fallait de la trésorerie pour financer son développement. Le groupe a été marqué par cette vision-là”, rappelle Leslie Griffe de Malval.

“Mais aujourd’hui, c’est une société mature dont la croissance ralentit (en 2016, les revenus du groupe ont diminué, sur un an, lors de trois trimestres consécutifs : NDLR) et dont les besoins en investissements sont largement couverts”, poursuit-il.

Mais que peut faire Apple de cette trésorerie ? Les marchés financiers attendent, en premier lieu, une augmentation du dividende. A l’heure actuelle, le groupe à la pomme croquée possède un taux de distribution (“payout ratio”, c’est-à-dire le rapport entre le bénéfice net et le dividende versé) parmi les plus faibles du S&P 500. En 2016, celui d’Apple s’est monté à 23,5%, quand la norme est plutôt de 40%.

Vers des acquisitions d’envergure ?

Surtout, le groupe pourrait se servir de cette manne pour procéder à des acquisitions d’envergure. Car si le groupe rachète plus d’une dizaine de sociétés tous les ans , la plus grosse opération de son histoire reste celle de Beats pour 3 milliards de dollars en 2014 . Loin des montants versés par Facebook pour WhatsApp (22 milliards) , ou par Microsoft pour LinkedIn (26,2 milliards) .

Tesla, Time Warner , Netflix, voire Disney : les bruits de couloir n’évoluent guère outre-Atlantique concernant les sociétés sur lesquelles Apple pourrait mettre le grappin. Le groupe a notamment décidé d’accélérer dans le domaine de la voiture autonome . Mais aussi de se développer, plus encore, dans les contenus, en vue de générer des revenus récurrents permettant de compenser la baisse de son chiffre d’affaires dans le hardware (iPhone, iPad, Mac).

A noter que l’addition de la capitalisation boursière de Netflix (66,6 milliards de dollars), Time Warner (76,2 milliards) et Tesla (53,9 milliards) ne s’élève qu’à 196,7 milliards et est donc largement couvert par la trésorerie d’Apple.

Nicolas Richaud
lesechos

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