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Après la manif anti-Franc CFA, jusqu’où ira Kémi Séba ?

Après la manif anti-Franc CFA, jusqu’où ira Kémi Séba ?

Après la manifestation anti-Franc CFA du samedi 7 janvier, les initiateurs du mouvement entendent passer à la vitesse supérieure. Surfant sur la polémique actuelle, Kémi Séba et son organisation n’hésitent désormais plus à menacer les entreprises françaises de boycott au cas où leurs doléances ne sont pas prises en compte par la France. Du bruit pour l’heure mais qui peut faire mouche au vu de l’ampleur de la contestation.

C’était une manifestation qui se voulait avant tout symbolique mais qui a été un véritable coup d’éclat pour les membres de l’ONG Urgences Panafricanistes (URPANAF) qui a appelé à une manifestation « Anti Franc CFA » pour le samedi 7 janvier dernier. L’événement a suscité, en effet, un vaste engouement au niveau de plusieurs villes africaines et occidentales où plusieurs activités ont été menées dans le cadre de cette journée, lancée par Kémi Séba, le très médiatisé et non moins controversé leader de l’URPANAF.

A Dakar, Bruxelles, Ouidah, Londres, Kinshasa, Brazzaville, Paris ou Bamako, des activistes et membres d’organisations locales se sont ainsi intégrés à la dynamique portée par le mouvement « Stop CFA », une contestation qui prend de plus en plus de l’ampleur au delà des pays membres de la « Zone Franc » qui regroupe les 15 pays d’Afrique de l’ouest et du centre partageant en commun cette monnaie. « Cette mobilisation historique permet d’envisager avec confiance et sérénité l’avenir immédiat, à savoir l’abandon définitif du Franc CFA », se sont réjouis les membres de l’URPANAF au lendemain de la manifestation de samedi.

« En répondant massivement à l’appel du militant panafricaniste, écrivain et chroniqueur télé Kemi Seba, leader d’URPANAF, les panafricains ont clairement exprimé leur refus du paternalisme politico-économique de la France et leur volonté d’en finir définitivement avec une monnaie qui appauvrit les populations des quinze pays où elle est en circulation ».

De nouvelles actions à venir

Désormais, l’organisation non gouvernementale internationale entend passer à la vitesse supérieure dans son combat contre ce qu’elle considère comme « l’un des derniers avatars de la décolonisation inachevée ». C’est en ce sens qu’il a été annoncé la constitution d’un Comité d’experts économiques, financiers, juridiques et sociaux, afin de travailler, entre autres, sur une série de résolutions qui seront transmises aux chefs d’Etat de la Zone Franc CFA. Et pour mieux faire porter son mouvement par les populations des pays membres de cette zone économique, un « Front Anti Franc CFA » a été mis en place entre les initiateurs du mouvement et la société civile dans le but d’envoyer « un signal fort aux autorités françaises » pour les inviter à prendre leurs responsabilités « en renonçant à un système monétaire obsolète hérité de la colonisation ».

Galvanisé par ce qu’il considère comme un succès même si le mouvement reste encore circonscrit pour l’heure à des cercles d’intellectuels et des réseaux d’ONG du continent, Kébi Seba prend un malin plaisir à faire monter les enchères en envisageant de nouvelles actions de grande envergure. « Dans l’hypothèse où, en dépit du bon sens, les dirigeants français feraient obstacle aux aspirations légitimes des peuples africains, l’ONG Urgences Panafricanistes se réserve le droit d’envisager des campagnes de sanctions économiques ciblées contre les entreprises françaises opérant en Afrique » lit-on dans le même document. Un chantage certes pour certains mais que les hommes d’affaires français auront tort de ne pas prendre au sérieux, eux qui se plaignent déjà d’une mauvaise image au sein de l’opinion continentale. De quoi faire bouger enfin les choses?

Du bruit qui risque de faire mouche

Les entreprises françaises sont donc averties car ce genre d’actions ne manqueront pas de nuire à leur image déjà fortement mise à l’épreuve sur le continent. En lançant des campagnes de boycott, Kémi Séba et ses partisans sont certains de réussir leur mouvement qui n’est pas prêt de s’estomper. Surtout qu’au delà de l’amplification de la polémique que fait entretenir ces manifestations, les dirigeants africains seront également appelés à s’exprimer publiquement pour prendre position. Il est vrai que depuis un certains temps, certains présidents ont été poussés à afficher leur opinion par rapport à cette controverse. Ce qui s’est traduit par une levée de boucliers au sein de l’opinion comme c’est le cas dernièrement au Sénégal après que Macky Sall ait affiché sa préférence pour cette monnaie. Et c’est visiblement sur cette corde qu’entend tirer Kémi Séba et ses partisans pour porter cette épineuse problématique au delà du débat surtout qu’elle est perçue en Afrique et particulièrement dans les pays de la Zone Franc où des comités locaux se mettent en place pour intégrer la fronde.

Les entreprises françaises sont donc averties car ce genre d’actions ne manqueront pas de nuire à leur image déjà fortement mise à l’épreuve sur le continent. En lançant des campagnes de boycott, Kémi Séba et ses partisans sont certains de réussir leur mouvement qui n’est pas prêt de s’estomper. Surtout qu’au delà de l’amplification de la polémique que fait entretenir ces manifestations, les dirigeants africains seront également appelés à s’exprimer publiquement pour prendre position. Il est vrai que depuis un certains temps, certains présidents ont été poussés à afficher leur opinion par rapport à cette controverse. Ce qui s’est traduit par une levée de boucliers au sein de l’opinion comme c’est le cas dernièrement au Sénégal après que Macky Sall ait affiché sa préférence pour cette monnaie. Et c’est visiblement sur cette corde qu’entend tirer Kémi Séba et ses partisans pour porter cette épineuse problématique au delà du débat surtout qu’elle est perçue en Afrique et particulièrement dans les pays de la Zone Franc où des comités locaux se mettent en place pour intégrer la fronde.

Aboubacar Yacouba Barma
latribune afrique

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