dimanche 29 mars 2020
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Après la publication des stratégies du développement africain par Roger Ndokolo : pas d’accord avec lui !

Après la publication des stratégies du développement africain par Roger Ndokolo : pas d’accord avec lui !

Roger Ndokolo, le président du parti du Centre UNIRR (Union pour la Refondation Républicaine ) a publié dans L’horizon africain, n° 47, édition du jeudi 20 février 2020, un article très scientifique sur les stratégies de développement du continent africain. Il porte le titre de : « Les investissements directs étrangers, une opportunité que les Etats africains doivent saisir. »

Ce texte a été repris par Congopage. Et, c’est sur ce site que nous l’avons lu et relu entre les lignes et dans les filigranes des mots. Il nous est paru très intéressant parce qu’il parle de l’aide publique au développement. Pourtant, nous ne sommes pas d’accord avec lui sur toute la ligne.

En effet, pour avoir proposé aux Congolais et aux Africains un concept de développement à savoir « Le Congo dans l’Afrique et l’Afrique dans le Congo  ». Un concept qui peut aider l’Afrique à créer et compter sur son capital matériel, humain et financier. Un concept que nous avons développé dans notre ouvrage, « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président », 205 pages, 2019, Editions Edilivre, et dans lequel nous proposons, nous aussi, des stratégies de développement pour le Congo et tout le continent africain.

Nous pensons que la vision du président du parti du Centre UNIRR est complètement erronée et hors saison pour deux principales raisons : Premièrement parce qu’elle maintient l’Afrique dans les vieux schémas du capitalisme conçus par l’Occident pour dominer le monde ; deuxièmement parce qu’elle ne rime pas avec la nouvelle vision des Africains et les atouts que présentent l’Afrique d’aujourd’hui et celle de demain.
L’inoubliable discours du président ghanéen, Nana Akufo-Addo, devant son homologue français, Emmanuel Macron, dans lequel il a refusé l’aide financière de la France, alors que le président français lui rendait une visite officielle, et notre propre vision nous servent de bâtir notre argumentaire. Nous, nous expliquons dans la suite de notre article.

Maintenir l’Afrique dans les vieux schémas du capitalisme ?

Dans l’introduction de son article, Roger Ndokolo écrit ceci : «  Les économistes s’accordent à reconnaître que les investissements directs étrangers offrent une possibilité de gérer deux grandes problématiques africaines : l’écart entre l’épargne et les investissements d’une part, et le manque de technologies et de compétences de l’autre. Il est entendu que ces investissements ne représentent pas seulement un flux de capitaux, mais aussi un apport non négligeable d’expertise technologique et de gestion susceptible d’améliorer la productivité. La plupart des responsables africains le savent, et voici que l’Afrique est plus que jamais ouverte à ces investissements. Cependant la réalité est qu’ils ne s’y dirigent que lentement, en traînant le pas. »
D’entrée de jeu, nous posons la question : qui sont ces économistes qui plaident pour les investissements étrangers dans le développement de l’Afrique ? Si ce ne sont pas les chantres du capitalisme, les institutions internationales qui sont au service du capitalisme ou les élites occidentales qui ne veulent pas entendre parler de l’indépendance de la pensée africaine.

Pourtant, nous pensons et nous en sommes sûr que Roger Ndokolo est bien au courant du nouveau discours favorable qui est tenu sur le continent africain.
Aussi, voulons-nous lui dire que l’Afrique n’est pas capitaliste ou libérale ; mais plutôt communautariste. C’est dans les concepts du grenier et du « mbongui » qu’elle fonde sa doctrine politique, sociale et économique.

Mais, il faut aussi rappeler que tous les économistes s’accordent, aujourd’hui, pour dire que l’Afrique est le continent le plus riche et que sa météo prévoit un ciel radieux. Les plus optimistes la qualifient de continent d’avenir qui va enregistrer d’importants flux migratoires dans cinquante ans.

Ce nouveau discours tenu par ceux-là même qui, hier, étaient encore sceptiques sur l’avenir de l’Afrique, devrait faire réfléchir les élites africaines, notamment les politiciens de la jeune génération comme Roger Ndokolo.
L’Afrique est enfin présentée comme un continent riche qui est plein d’avenir.

Un riche peut-il avoir besoin de l’aide financière ?

L’Afrique est aujourd’hui présentée comme un continent riche. Comment peut-elle encore compter sur l’aide publique ou aux investissements directs étrangers ? C’est à ce niveau que nous trouvons les limites de l’article de Roger Ndokolo.
Car, son texte veut faire croire que l’Afrique manque cruellement d’intellectuels c’est-à-dire des personnes qui créent leurs propres savoirs à partir des connaissances acquises à l’école ou dans leurs milieux de vie. Ce qui est faux !
L’Afrique est riche. Il suffit donc de transformer cette richesse en capitaux. Premièrement, créer le capital matériel c’est-à-dire les moyens de production durables devant permettre de produire les biens et les services.
L’Union Africaine doit, pour ce faire, avoir ce que nous appelons « Projet de Société » et qui est défini dans « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président. » Il devra être rédigé par le Parlement Africain.

Deuxièmement, créer un capital financier nécessaire pour les investissements à partir de la vente des matières premières de l’Afrique. C’est ici que le projet de création de la monnaie unique africaine et celui de l’ouverture de la Banque centrale africaine ont tout leurs sens.

Troisièmement, former un capital humain

Voilà les trois principales missions que devaient se donner les Etats africains.
Dans notre livre, « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président », nous avons dit que nous sommes Prométhée qui, dans la mythologie grecque, avait volé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains. Nous, nous avons volé le feu de l’intelligentsia africaine. Nous avons, en effet, pris le risque d’aller paitre ailleurs par les économistes ou autres spécialistes aguerris dans les sciences économiques, politiques et humaines ainsi que d’autres domaines dans lesquels nous nous sommes aventurés dans notre livre. Heureusement pour nous, tout se passe bien jusque-là. Sauf que les lecteurs décèlent quelques coquilles qui nous ont crevé les yeux.
Nous avons, en effet, parlé de la revalorisation des « fortunes africaines » parce que ce sont elles qui doivent être les piliers de l’économie africaine et du développement de tout le continent, et non les gouvernements ou les entreprises publiques.
Nous considérons qu’une économie nationale ou continentale ne se fonde pas sur les investissements publics ou étrangers mais sur les investissements de ses « Fortunes » qui tiennent le secteur privé.

Les Etats africains devraient donc soutenir et faciliter les investissements des fortunes africaines sur tout le continent.

Toujours dans ce même livre, nous avons proposé quelques pistes pour que les Etats africains se créent leurs propres capitaux dont il ont besoin pour leurs investissements et leur développement.

Quatre nouveaux concepts pour développer l’Afrique

En effet, nous avons parlé dans la douzième partie de ce livre qui porte le titre de « Quatre nouveaux concepts pour le Congo et l’Afrique », et qui va de la page 171 à la page 187, de l’uniformisation des maquettes, concepts et plans de développement. Ce premier volet touche aussi la formation du capital humain parce qu’il concerne, entre autres, les systèmes éducatifs africains , l’intégration des économies de tous les pays. Il existe deux types d’intégration. Le premier concerne la réalisation d’un grand projet par deux ou plusieurs pays ou encore tous les pays d’une sous-région africaine. Le deuxième, le soutien que les autres pays peuvent apporter à un autre pays de la région ou de la sous-région. Par exemple, puisque la Côte d’Ivoire est reconnue comme étant le premier producteur mondial du cacao, la stratégie serait que les autres pays africains qui ont des terres favorables à la culture du cacao participent à l’augmentation de la production de cette matière première et à la croissance de l’industrie agroalimentaire qui est créée à partir du cacao ; l’ouverture des comptoirs africains. Elle concerne la vente de certaines matières premières. Les pays africains doivent tous se mettre dans l’obligation de céder une partie de leur souveraineté. Au lieu d’être concurrents dans la vente du pétrole ou d’un autre produit, par exemple, tous les pays producteurs peuvent s’entendre pour ouvrir un comptoir africain de la vente du pétrole. La vente du pétrole en dehors de ce comptoir sera illicite et les pays qui outrepasseront cette mesure devront subir des sanctions de l’Union africaine.
Ceci permettra de mettre fin à la corruption qui gangrène le secteur pétrolier et aux conflits armés (cas de celui qui a lieu à l’est de la République démocratique du Congo et qui est dû tout simplement au pillage de certaines matières premières par les puissances étrangères qui passent par le truchement de certains pays voisins) ainsi que la vente illicite de certaines matières premières ; et la transformation sur place de certaines matières premières à partir de laquelle l’Afrique pourra créer beaucoup de richesses et d’emplois.

Mise sur cette voie, nous osons croire que l’Afrique n’aura plus besoin des investissements directs étrangers. Elle se développera avec ses propres capitaux : capital matériel, capital humain et capital financier, ainsi que ses propres concepts, plans et maquettes de développement. Elle n’attendra plus ceux qui lui sont vendus cher, très cher par les institutions internationales.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain
congopage

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