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Après une belle hausse, Wall Street semble de plus en plus illisible

Après une belle hausse, Wall Street semble de plus en plus illisible

Wall Street, dont la franche hausse hebdomadaire n’a pas suffi à rassurer des observateurs de plus en plus perplexes face au comportement des investisseurs, s’apprête à digérer de nombreux indicateurs américains ainsi que le début des résultats trimestriels d’entreprises.

Lors des cinq dernières séances, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average a pris 3,72% à 17.084,49 points, soit sa plus forte hausse hebdomadaire depuis février, et le Nasdaq, à dominante technologique, 2,61% à 4.830,47 points.

L’indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif pour de nombreux investisseurs, a gagné 3,26% à 2.014,89 points, enregistrant sa plus importante progression hebdomadaire depuis le début de l’année.

“Les marchés ont retrouvé leur appétit pour le risque, mais rien n’a vraiment changé”, s’est étonné Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

Au cours de la semaine, les observateurs ont généralement attribué cette bonne humeur du marché au fait que la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, est apparue de moins en moins susceptible de relever ses taux, actuellement presque nuls, avant la fin de l’année, et qu’elle devrait donc conserver à court terme ce précieux soutien à l’économie.

“L’un de mes collègues a écrit que les investisseurs avaient conclu un pacte avec le diable, en l’occurrence la Fed”, a rapporté Chris Low, de FTN Financial. “Et comme il le dit, +Attention, parce que dans les légendes, c’est généralement le diable qui gagne !+.”

Cohérente en elle-même, cette interprétation semble cependant paradoxale en prenant en compte le fait que Wall Street avait nettement baissé après la dernière décision en date de la Fed de maintenir ses taux en l’état, à la mi-septembre.

“En deux semaines, on a eu deux interprétations totalement différentes”, a souligné Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services. “On a eu la preuve que tous les commentaires étaient totalement irrationnels.”

“Tous ces participants, analystes, économistes, journalistes financiers, qui révèlent leur totale ignorance par rapport à ce qui se passe, cela met le roi à nu”, a-t-il insisté. “Et le roi à nu, c’est qu’en ce moment, on ne comprend pas le comportement des marchés. Aux Etats-unis comme en Europe, toutes les explications données, on pourrait utiliser leur contraire et ce serait tout aussi valable.”

- Production industrielle -

Pour certains analystes, si les investisseurs ont été encouragés cette semaine à se concentrer de façon excessive sur la Fed, c’est en raison du manque d’indicateurs américains et de résultats d’entreprises, ce à quoi l’actualité économique va remédier la semaine prochaine.

Dans la première catégorie, les marchés prendront connaissance mercredi des ventes de détail en septembre, un indicateur important sur la consommation, et, le même jour puis le lendemain, de chiffres sur les prix, là aussi pour le mois dernier, l’inflation jouant toujours un rôle central pour la Fed.

Pour M. Low, c’est un chiffre sur la production industrielle en septembre, attendu vendredi, qui aura une importance particulière.

“Quand la production est faible, le rendement de la dette émise par certaines entreprises – surtout dans le secteur minier mais aussi dans l’industrie – augmente, c’est-à-dire que cela leur coûte plus cher de se financer, et cela pèse en retour sur leurs titres en Bourse”, a-t-il souligné.

Du côté des résultats d’entreprises, le groupe Alcoa, spécialiste de l’aluminium et des alliages, a donné le signal officieux pour les grands groupes, au titre du troisième trimestre, en publiant jeudi soir ses chiffres, franchement décevants.

“Dans le S&P 500, 35 groupes vont publier leurs résultats” la semaine prochaine, a rapporté M. Cahill. “Je vais faire attention au secteur financier avec JP Morgan (mardi), Bank of America (mercredi) et Citi (jeudi), et à l’industrie avec General Electric et Honeywell (tous deux vendredi). On va voir ce que tout cela nous dit sur l’environnement économique.”

“Les résultats d’entreprise la semaine prochaine, ce sont surtout les banques, ce sera très intéressant mais cela fait longtemps que le secteur financier n’est plus un moteur de l’économie”, a relativisé M. Volokhine.

“Le moteur aux Etats-Unis, c’est la consommation”, a-t-il conclu.”Ce que j’attends, c’est comment le consommateur a réagi lors des trois derniers mois à l’instabilité mondiale, et on n’aura pas cela la semaine prochaine.”

lexpansion.lexpress.fr

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