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Areva annonce 1 milliard d’économies après une perte record en 2014

Areva annonce 1 milliard d’économies après une perte record en 2014

Areva a enregistré une perte record de 4,8 milliards d’euros en 2014. Juste après avoir confirmé le montant de cette perte, le géant de l’énergie a dévoilé mercredi la première phase de sa thérapie de choc avec un plan d’un milliard d’euros d’économies, d’importantes cessions et un recentrage de ses activités.

Le spécialiste du nucléaire a confirmé une perte record de 4,8 milliards d’euros pour 2014. Areva doit ses résultats catastrophiques aux difficultés (retards et surcoûts) engendrées sur les projets d’EPR Olkiluoto 3 en Finlande, et de Flamanville en France, au fiasco financier de l’acquisition d’Uramin, à la morosité du secteur nucléaire depuis l’accident de Fukushima en 2011 et à des pertes dans les énergies renouvelables.

Réorganisation du groupe avec des départs sur la base du volontariat

Ce contexte particulièrement délicat pousse le groupe à revoir son organisation, comme l’a annoncé le directeur général d’Areva Philippe Knoche :

Nous ferons tout pour que, s’il doit y avoir des départs, ils se fassent sur la base du volontariat.

Le président François Hollande a exprimé mercredi soir sa volonté de ne voir aucun licenciement prononcé. Il a déclaré lors d’une conférence de presse :

Le dialogue social doit être engagé au plus vite, comme le dialogue avec les élus des sites concernés (pour qu’) aucun licenciement ne puisse être prononcé.

La ministre de l’Energie Ségolène Royal avait de son côté précisé dans l’après-midi :

Il n’y a a priori pas de licenciements prévus mais des départs volontaires ou anticipés.

Le Premier ministre Manuel Valls s’est voulu rassurant :

Le gouvernement est totalement mobilisé pour Areva et pour la filière nucléaire française (…) Les salariés d’Areva qui méritent notre considération, notre soutien, notre écoute, nous ne les laisserons pas tomber.

Le ministre du Travail, François Rebsamen a lui aussi tenu à rassurer les employés du groupe détenu à plus de 87% par des capitaux publics, en assurant qu’il n’y aura pas de licenciements. Le ministre a précisé qu’Areva prévoit d’engager à partir de la fin du mois de mars une phase de concertation avec les organisations syndicales sur “un projet d’accord-cadre relatif à l’emploi, aux rémunérations et au temps de travail”.

D’où proviendra le milliard d’économies annoncé par Areva ?

Le milliard d’économies visé à horizon 2017 se fera via “de nouveaux leviers d’achats”, “une forte amélioration de la productivité” et “en allégeant les structures et en optimisant les implantations géographiques”, selon le groupe.

Areva table sur un retour dans les trois ans à un niveau de marge “comparable à celui de ses concurrents sur les différents marchés du monde”. Le groupe a aussi annoncé une nette réduction de ses investissements et un programme de cessions d’actifs supérieur aux 450 millions d’euros prévus en octobre dernier. Et prévoit également “la levée de financements bancaires au niveau des actifs industriels” et “des partenariats comportant un volet financier”.

La Chine, porteuse d’espoir pour le groupe

Le groupe se tourne aussi vers l’Asie, et plus particulièrement la Chine, pour relancer sa croissance. Le marché chinois est en effet la nouvelle priorité stratégique affichée mercredi par le spécialiste français du nucléaire. La Chine représente “15% de notre chiffre d’affaires, 50% de la croissance” d’Areva, a affirmé mercredi le directeur général Philippe Knoche.

Pour poursuivre son développement dans ce pays, Areva compte sur les partenariats incontournables qu’il a scellé avec les géants locaux du secteur, CNNC et CGN.

Rapprochement possible avec EDF

Le gouvernement plaide pour la création d’une véritable filière française du nucléaire autour d’Areva, EDF et du Commissariat à l’énergie atomique. Dans un premier temps, ce rapprochement passe par l’achèvement des projets en cours (EPR de Flamanville, EPR d’Hinkley Point au Royaume-Uni), l’optimisation de la gamme de réacteurs développée par les deux groupes français et le “défi de la compétitivité”, selon Areva.

Le président François Hollande a de son côté lancé un appel aux deux entreprises pour qu’elles se rapprochent, comme il l’a annoncé lors d’une conférence de presse mercredi soir :

J’ai demandé aux dirigeants des deux entreprises de présenter un rapprochement qui pourrait être confirmé dans quelques mois

Article rédigé par la rédaction web iTELE

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