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Areva. Comment en est-on arrivé là ?

Areva. Comment en est-on arrivé là ?

Le Télégramme, l’info vous suit partout Actualité Bretagne Sports Loisirs Annonces Monde France Economie Faits divers Débats People Santé Economie Loi Macron Entreprise Agroalimentaire Bourse Emploi 17h17 l’Eco Areva. Comment en est-on arrivé là ? 8 mai 2015 à 06h58 Areva. Comment en est-on arrivé là ? Areva va supprimer entre 5.000 et 6.000 emplois dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France. Cette baisse des effectifs, une première pour le spécialiste du nucléaire, s’inscrit dans le « plan de compétitivité » annoncé en mars. Comment ce groupe, présenté comme un fleuron français et qui accuse aujourd’hui une perte de plus de cinq milliards d’euros, en est-il arrivé là ?

1.
Coup d’arrêt du nucléaire. La catastrophe de Fukushima en 2011 a incontestablement porté un coup à la filière nucléaire. Le Japon n’a toujours pas redémarré ses réacteurs et plusieurs pays, à l’image de l’Allemagne, ont depuis mis fin à leur programme nucléaire. Des commandes ont été annulées et Areva peine à vendre de nouvelles centrales.

2.
Le fiasco des EPR. L’EPR de Flamanville illustre à lui seul ce « désastre ». Le chantier cumule les retards et les problèmes. Le dernier en date ? Une nouvelle anomalie sur la cuve. Lancé en 2007, l’EPR de Flamanville devait être mis en service en 2012. Ce ne sera pas avant 2018. Et le coût de cet équipement a déjà presque triplé, à 8,5 milliards d’euros. En Finlande, le scénario est identique. Le chantier de l’EPR a même atteint les neuf ans de retard ! Ce projet plombe les comptes d’Areva : l’ardoise totale provisionnée pour pertes liées au chantier s’élève à 4,6 milliards d’euros, soit plus que le prix du réacteur, vendu trois milliards d’euros en décembre 2003. Une très mauvaise publicité pour le groupe qui espérait en vendre dix à l’étranger d’ici à 2016 et qui a dû revoir ses ambitions à la baisse.

3.
Une gouvernance critiquée. Anne Lauvergeon est au coeur des critiques. Mauvais choix stratégiques et d’investissements comme les mines d’uranium, dont les conditions de rachat sont aujourd’hui au coeur d’une enquête, manque de collaboration avec EDF : le bilan des dix années d’Atomic Anne ne fait pas l’unanimité. « Je porte forcément une part de responsabilité », a d’ailleurs reconnu l’ancienne dirigeante, dans une interview aux Echos. Mais elle pointe du doigt également la responsabilité de l’État, actionnaire majoritaire : « Il a tardé à donner à Areva les moyens nécessaires dans la compétition mondiale ».

4.
Des pertes abyssales. Tous les voyants sont au rouge chez Areva. L’activité fait grise mine, avec des ventes 2014 en baisse de 8 %. Areva a accusé une perte nette de près de cinq milliards d’euros pour la seule année 2014. Résultat, en un an, l’action a perdu plus de 55 %. Hier, elle était en baisse de 4,54 % à 7,95 €.

5.
Et maintenant ? Pour redresser la barre, Philippe Varin et Philippe Knoche, le duo à la tête du groupe, ont lancé un plan d’urgence, dont le volet social a été dévoilé hier : entre 5.000 et 6.000 suppressions d’emplois dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France. Un coup de massue pour les syndicats et les salariés. L’objectif ? Réaliser environ deux tiers du plan d’économies d’un milliard d’euros d’ici à 2018. Le directeur général a répété que le groupe ferait tout pour que les départs se fassent sur la base du volontariat. Areva doit également parachever son plan de financement, qui reposera notamment sur un rapprochement avec EDF. Mais d’autres groupes ont fait part de leur intérêt : Engie (ex-GDF Suez) pour les activités de maintenance des réacteurs, ou encore les géants chinois du nucléaire CGN et CNNC, déjà partenaires d’Areva et EDF sur la construction de deux EPR en Chine.

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