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Attijariwafa Bank inverse le chemin des caravanes arabes

Attijariwafa Bank inverse le chemin des caravanes arabes

L’accord conclu le 4 octobre entre Barclays et Attijariwafa Bank pour le rachat de 100% de Barclays Egypte concrétise le départ d’une grande anglaise de ses possessions du Moyen-Orient. Un départ qui sera suivi par la cession de 13 filiales de Barclays en Afrique Australe pour lesquelles les repreneurs ne sont pas, au finish, nombreux.

La candidature d’Atlas Merchant Capital et de son controversé mentor, Bob Diamond, s’est heurtée à la réalité: la consistance. Derrière l’échafaudage du montage financier, Atlas qui s’était allié avec le fonds américain Carlyle ne devra plus compter que sur lui-même. L’opérateur américain de private equity a en effet annoncé son retrait. Il est clair qu’un fonds comme Atlas, pesant 200 millions de dollars, ne peut reprendre à lui seul des actifs évalués à 6,9 milliards de dollars.

Au final, Barclays Africa n’a pas encore trouvé repreneur. La vente, le 4 mai dernier, d’un paquet de 100 millions actions représentant 12% à un prix de 797 millions d’euros donne une idée de ce qu’il faut débourser pour reprendre le réseau de la banque anglaise. En l’absence d’un repreneur crédible, la voie est désormais ouverte pour le fonds de pension sud-africain PIC. Une envie légitime exprimée par le gestionnaire des retraites des salariés de la fonction publique mais qui ne correspond pas à la vision du régulateur sud-africain acquis à la règle d’or voulant qu’un fonds ne prenne contrôle d’une banque. Dans tous les cas, le retrait de la banque anglaise devrait être finalisée d’ici 2019.
Quant à Barclays Egypt, jugée plus porteuse, elle a fait courir beaucoup de grandes enseignes dont la banque marocaine qui se serait sectionnée une veine pour s’offrir une place sous les pyramides. Même si aucune information n’a filtré en ce qui concerne la transaction, il s’avère que le prix a été corsé, entre 400 et 500 millions de dollars.
Nul n’aurait parié un dinar sur la capacité de la banque marocaine à battre une concurrence aussi relevée pour s’offrir un réseau bancaire de 56 agences globalement rentable. L’acquisition est l’œuvre d’Ismaël Douiri, directeur général d’Attijariwafa Bank et de ses lieutenants.

Au final, c’est certainement le dossier technique et le savoir faire qui l’a emporté sur les liquidités des candidats émirati et saoudien.

Avec cette conquête,la banque présidée par Mohamed El Kettani réalise la jonction entre le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne. Attijariwafa Bank inverse le chemin des conquêtes et du commerce des caravanes arabes orientées Est-Ouest. Cette incursion en terres égyptiennes, dans un marché de 80 millions de consommateurs, place la première institution financière de la zone CFA au rang des autres géants de la région comme la QNB.

La banque Qatari qui est présente sur le continent africain à travers Ecobank s’en mordra certainement les doigts pour avoir pendant longtemps rechigné à reprendre les 15% que la marocaine voulait lui céder dans son tour de table. Mais rien n’ est perdu.

En toute logique, Attijariwafa Bank qui puisera dans ses réserves pour financer ce deal devra aussi solliciter le marché. Une ouverture du capital paraît probable. C’est dire que l’alliance avec le naviral amiral Qatari n’est pas à écarter. La jonction QNB, Ecobank, Attijariwafa Bank et Nedbank sous une même bannière et au mépris de la géopolitique nous paraît probable. Beaucoup plus vite que l’on n’y pense.

Adama Wade / financialafrik.com

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