lundi 21 septembre 2020
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Au cœur de l’espace Afrique de Facebook

Au cœur de l’espace Afrique de Facebook

REPORTAGE. Alors qu’il revendique 155 millions d’utilisateurs en Afrique subsaharienne, comment Facebook y travaille-t-il son ancrage ? Éléments de réponse.

« Je suis enthousiasmée par les perspectives d’avenir de Facebook et de notre famille d’applications ici en Afrique, ainsi que par le potentiel de ce continent jeune, mobile et dynamique », a fait savoir Nunu Ntshingila, directrice régionale de Facebook Afrique en décembre, lors de la publication des investissements 2019 du groupe en Afrique subsaharienne. « J’ai hâte de créer de nouveaux partenariats en 2020 et au-delà. » Pour le grand public, le premier signal visible de l’intérêt de Facebook pour le continent date de 2015 avec l’ouverture en Afrique du Sud du premier bureau africain du réseau social crée par Mark Zuckerberg et la nomination de Nunu Ntshingila à sa tête. Cependant, certains ont toujours le sentiment que l’utilisateur africain est traité comme quantité négligeable et que Facebook est une firme américaine gérée par des Américains pour des Américains. Olivia Nloga, responsable de la communication de Facebook pour l’Afrique, dément : « Chez Facebook, il y a des Africains qui travaillent sur l’Afrique – ou sur des projets à destination des publics africains — à tous les niveaux : des ingénieurs, des communicants, des gens aux affaires publiques, des réviseurs de contenu. » Et de poursuivre : « L’Afrique n’est en aucun cas un marché mineur pour nous. »

Programmes et partenariats

Les initiatives menées en Afrique subsaharienne ne manquent pas, comme l’indique le rapport annuel de Facebook. En 2019, plus de 7 000 entreprises appartenant à des femmes ont été formées aux compétences numériques. Facebook s’investit en effet auprès des entrepreneurs à travers des programmes comme « Boost avec Facebook » qui offre aux chefs d’entreprise des sessions de formation gratuites en marketing digital sur Facebook, WhatsApp Business et Instagram. Ce programme, qui repose sur un partenariat avec plus de 100 entreprises et institutions, a d’abord été lancé en 2017 au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud. Il s’est récemment étendu à six pays d’Afrique francophone (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, République démocratique du Congo, Bénin et Guinée Conakry). Facebook s’implique également auprès de la jeunesse et des développeurs. Au Nigeria par exemple, le groupe s’est associé avec l’incubateur Co-creation Hub pour créer le NG Hub, « un lieu où les startupeurs peuvent venir échanger des idées », indique Olivia Nloga. Cet espace a pour ambition d’aider le Nigeria à devenir un foyer d’innovation de haute technologie (intelligence artificielle, réalité augmentée etc.).

Quelque 155 millions d’Africains sont branchés sur le réseau soxial crée par Mark Zuckerberg.

© DR

Un centre de révision au Kenya pour protéger les utilisateurs

Les réseaux sociaux peuvent être un réel atout pour des utilisateurs avertis et entreprenants. Mais mal régulés, ils risquent aussi de devenir le foyer de manipulations de masse. De fait, plusieurs pays africains ont dernièrement été la cible de campagnes de désinformation menées depuis Israël et depuis la Russie. Ces réseaux ont été démantelés cette année par Facebook, qui a supprimé des centaines de faux comptes, pages et groupes. En février 2019, Facebook a choisi le Kenya, considéré comme le hub numérique du continent, pour ouvrir le tout premier centre de révision de contenu en Afrique subsaharienne. Le rôle de cette infrastructure basée à Nairobi est de renforcer la sécurité de la plateforme et de ses utilisateurs africains. Une centaine de personnes sont chargées de la vérification des informations et de veiller au respect des « standards de la communauté ». Ces standards sont en quelque sorte la Bible de Facebook. Ils déterminent ce qui est autorisé ou non sur le réseau social et doivent pouvoir s’appliquer à plus de 2 milliards d’utilisateurs de tous horizons. Un vrai défi : « La prise en compte des différents contextes venant des différentes parties du monde s’effectue non seulement dans la manière dont on applique les standards de la communauté mais dès le moment où on les écrit », explique la Zimbabwéenne Fadzai Madzingira, directrice adjointe des politiques publiques chez Facebook. Son équipe se réunit régulièrement avec des experts du monde entier en forum : « Ça veut dire concrètement avoir des constitutionnalistes africains qui nous expliqueraient ce qu’implique le discours incitant à la haine dans les contextes locaux de tel ou tel pays », détaille Fadzai Madzingira. « Ces retours vont permettre d’écrire les politiques globales. »

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