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Auto: l’Alliance Renault-Nissan peut-elle devenir numéro un ?

Auto: l’Alliance Renault-Nissan peut-elle devenir numéro un ?
Le 20 octobre dernier, le PDG de Renault et de Nissan Carlos Ghosn (à gauche) a officialisé la prise de contrôle de l'alliance franco-japonaise sur le groupe Mitsubishi Motors en présence d'Osamu Masuko, le patron de Mitsubishi.

Grâce à un partenariat qui dure depuis 1999, l’Alliance Renault-Nissan a réussi à se hisser progressivement au quatrième rang mondial en termes de production automobile. Avec 8,53 millions de véhicules sortis de ses usines l’an dernier, elle est devancée par le groupe japonais Toyota, qui occupe la première place de ce classement (10,15 millions d’unités produites en 2015) devant Volkswagen (9,93 millions) et General Motors (9,8 millions).
Mais l’alliance franco-japonaise ne compte pas rester longtemps au pied du podium des géants de l’automobile. Avec la prise de contrôle de Nissan sur le groupe Mitsubishi Motors (MMC), bouclée le 20 octobre, la galaxie Renault-Nissan devrait se rapprocher dès la fin de l’année 2016 du seuil symbolique des dix millions d’unités vendues sur un an. De quoi rêver de la place de numéro un mondial ?

Plus de 9,5 millions de véhicules produits en 2016

Annoncée depuis quelques mois, la prise de contrôle du groupe Mitsubishi Motors (MMC) par Nissan a finalement été bouclée le 20 octobre dernier. En grande difficulté depuis la révélation de tricheries sur les émissions polluantes de plusieurs de ses modèles, en avril dernier, la marque aux trois diamants échappe au naufrage en passant sous le giron de son concurrent et compatriote. En déboursant 237 milliards de yens (2,1 milliards d’euros), Nissan s’est offert 34% du capital de MMC. Cela lui assure le statut d’actionnaire de référence. Quant à Carlos Ghosn, le PDG de l’Alliance Renault-Nissan, il en devient le président du conseil d’administration.

Grâce à l’acquisition de MMC, l’Alliance Renault-Nissan se rapproche en termes de volumes de production des géants de l’automobile. Outre ses deux marques phares, on trouve dans son giron le premier constructeur russe, Avtovaz (Lada), le coréen Samsung Motors, la marque japonaise haut de gamme Infiniti, ainsi que les constructeurs low-cost Dacia et Datsun. Si l’on ajoute à cela Mitsubishi, l’Alliance Renault-Nissan devrait dépasser les 9,5 millions de véhicules produits dès l’exercice 2016. Atteindre les dix millions d’unités vendues en 2017 ou 2018 semble à sa portée, ce qui lui permettrait de titiller les géants du secteur, Toyota, Volkswagen et General Motors. Et pourquoi pas leur passer devant.

Renault-Nissan, une coopération qui roule

Si la prise de contrôle de Nissan sur Mitsubishi devrait permettre à court terme d’installer l’Alliance franco-japonaise dans le top 3 des plus gros producteurs automobiles, et pourquoi pas d’occuper la place de numéro un mondial, il ne s’agit pas vraiment de sa priorité. Cette nouvelle acquisition a surtout pour but de renforcer les synergies entre les différents partenaires, pour réaliser des économies d’échelle décisives sur un secteur qui se caractérise par des marges faibles. Fin juillet, l’Alliance Renault-Nissan avait annoncé avoir réalisé l’an dernier 4,3 milliards d’euros de synergies.

Depuis 2014, les deux constructeurs ont mis en commun leurs fonctions ingénierie, fabrication et logistique, achats et ressources humaines. Et ça ne va pas s’arrêter là car l’alliance prévoit que 70% de ses véhicules seront construits sur des architectures partagées d’ici 2020. On peut ajouter à cela la production de véhicules d’une marque dans l’usine de l’autre, comme celle de la Nissan Micra dans l’usine Renault de Flins (Yvelines). À noter que c’est également à l’échelon de l’alliance qu’est développée la stratégie en matière de véhicules connectés et autonomes. D’ici 2018, elle vise les 5,5 milliards d’euros de synergie, notamment en étendant la convergence entre les deux partenaires au contrôle qualité et coûts.

Au-delà des synergies, et de l’objectif affiché d’atteindre les dix millions d’unités produites par an, l’acquisition de Mitsubishi Motors va permettre à l’Alliance Renault-Nissan d’accroître sa présence en Asie du Sud-Est. La marque aux trois diamants est bien implantée sur ce marché prometteur, avec des usines et un bon réseau, ce qui n’est pas le cas de Nissan et de Renault. Le groupe MMC pourra également apporter son expertise dans les “midgets”, ces mini-véhicules qui disposent d’avantages fiscaux dans l’archipel nippon. Bref, avec Mitsubishi dans son giron, l’Alliance Renault-Nissan se positionne de plus en plus comme un challenger sérieux pour occuper la place de numéro un mondial de l’industrie automobile. Mais ses concurrents, comme Toyota qui lorgne actuellement sur Suzuki, ne devraient pas se laisser faire si facilement.

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