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Auto : le marché russe s’embourbe dans la crise

Auto : le marché russe s’embourbe dans la crise

Les ventes chutent de 27,5 % en juillet. Renault et PSA sont en première ligne.

Que reste-t-il du colosse de 2012 ? A l’époque la Russie était le 2e marché européen de l’automobile. Les constructeurs européens et asiatiques investissaient massivement portés par les espoirs de croissance. Le retournement de cycle est aussi brutal qu’inattendu. Chute du rouble, baisse du pouvoir d’achat, tension géopolitique : l’effondrement des ventes de voitures, malgré un léger infléchissement en juillet, traduit le marasme russe.

Les concessionnaires ont écoulé le mois dernier 131.087 véhicules légers et utilitaires neufs, soit 27,5% de moins qu’un an plus tôt, précise l’Association of European Businesses (AEB) dans un communiqué. Sur l’ensemble du premier semestre, la chute est de 36 %.

Selon des chiffres compilés récemment par le journal Vedomosti, la Russie est ainsi passée au premier semestre à la cinquième place européenne, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie. L’AEB prévoit une chute du marché de 36% sur l’année, à 1,55 million d’unités.

Aveu d’impuissance des experts du secteur. « L’évolution du marché automobile continue de décevoir, dans un contexte d’économie en difficulté et de baisse du pouvoir d’achat », explique le président du comité automobile de l’AEB, Joerg Schreiber. Le volontarisme d’Etat n’y change rien. Les mesures du gouvernement pour soutenir le marché (primes à la casse, subventions des crédits) n’ont pas généré le redressement souhaité.

Renault et PSA en première ligne

Le numéro un local, Lada, marque contrôlée par le groupe Renault-Nissan, a subi en juillet une chute de 25% de ses ventes sur un an. Peugeot (-60%), Citroën (-68%), Renault (-35%) et Nissan (-43%) ont été encore plus affectés.

Parmi les autres marques en tête du marché, Kia a vu ses ventes baisser de 13%, Hyundai de 15%, Toyota de 28%, Chevrolet de 26% et Volkswagen de 34%.

La situation est plus contrastée dans le haut de gamme : les ventes de Mercedes-Benz ont reculé de 33%, celles d’Audi de 23% mais celles de BMW sont restées stables et celles de Porsche ont augmenté de 19%.

Comme de nombreux constructeurs, les marques du groupe PSA ont appliqué des périodes de chômage technique pour adapter leur production locale à la situation du marché. Le groupe américain General Motors a également fermé son usine de Saint-Pétersbourg, limitant sa présence sur le marché russe à quelques modèles.

Geoffrey Marain-Joris
lesechos.fr

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