dimanche 05 juillet 2020
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Automobile : le casse-tête d’une relance verte

Automobile : le casse-tête d’une relance verte
Electric cars charging

Réserver les aides aux véhicules électriques n’aurait pas suffi à préserver la filière d’une vague de faillites. Reste à savoir si l’extension du bonus suffira à préserver la part de marché des véhicules à batteries, qui a atteint près de 10 % sur les quatre premiers mois de 2020.

Les ONG n’ont pas manqué de monter au créneau sur le plan de soutien à la filière auto, qui doit être annoncé cet après-midi . « Le gouvernement doit clairement écarter l’option d’une énième prime à la casse pour les véhicules thermiques, y compris les plus récents », ont insisté plusieurs d’entre elles (Greenpeace, Réseau Action Climat et Fondation Nicolas Hulot) dans un communiqué commun publié lundi. « Si les aides publiques permettent d’encourager l’achat individuel de gros véhicules, type SUV, même électriques ou hybrides, c’est un non-sens climatique et social », poursuivent-elles.

Alors que la crise sanitaire a encore accru la pression environnementale sur le gouvernement, soutenir à la fois la transition énergétique et la filière automobile dans son ensemble relevait toutefois du grand écart. Les acteurs de la filière n’ont eu de cesse de le rappeler : les faillites menacent déjà chez les distributeurs, qui croulent sous les stocks et représentent à eux seuls 200.000 emplois dans l’Hexagone.

Argent public considérable

Or, selon les données transmises par le Centre national des professions automobiles CNPA), les stocks sont constitués à 52 % de véhicules diesel, à 44 % de véhicules essence et 4 % de véhicules à batteries (100 % électriques ou hybrides rechargeables). Sans même parler des lignes de production, aujourd’hui encore largement dimensionnées pour fabriquer des véhicules thermiques.

Réserver les primes à l’acquisition au seul lithium ion risquait donc de ne pas résoudre le problème de la filière à très court terme . Certains sont même sceptiques sur l’effort à moyen terme. « L’argent public consacré au véhicule électrique est considérable, et malgré tout les acheteurs restent réticents : le véhicule électrique n’est toujours pas compétitif », avance le directeur de l’observatoire Cetelem de l’automobile, Flavien Neuvy.

Les ventes ont pourtant bien progressé en début d’année. Avec 29.000 voitures électriques vendues entre janvier et avril 2020, auxquelles s’ajoutent près de 10.000 hybrides rechargeables (soit 80 % de plus que l’an dernier), les véhicules à batterie ont représenté 9,6 % du marché sur les quatre premiers mois de l’année. Une période toutefois atypique : ayant cette année des objectifs CO2 à remplir, les constructeurs ont eu tendance à ralentir les ventes fin 2019 et à les pousser début 2020, notamment en constituant des stocks chez les concessionnaires.

Part de marché à près de 10 %

La crise sanitaire, qui a provoqué une chute du marché de 90 % en France en avril, n’a pas modifié cette part de marché. Le coronavirus avait déjà conduit l’exécutif à décaler du 31 mars au 15 juin la chute du bonus à l’achat, prévue pour les véhicules d’entreprise (de 6.000 à 3.000 euros). « Nous avons fortement milité pour que les entreprises récupèrent ce bonus : elles représentent plus de 50 % des ventes », avance la déléguée générale de l’Avere-France, Cécile Goubet.

Les mesures annoncées ce mardi par Emmanuel Macron seront-elles suffisantes pour réellement doper les ventes ? Malgré l’effort public, les freins à l’achat ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Même porté à 8.000 euros, le bonus s’appliquera à des véhicules facturés au moins 25.000 euros, ce qui reste loin de la portée de toutes les bourses. Les craintes sur l’autonomie et l’insuffisance du réseau de recharge, notamment dans les copropriétés, demeurent. En outre, l’impact de la crise sanitaire reste incertain. « La chute du prix des carburants va accroître l’écart de coût avec les véhicules thermiques », s’inquiète ainsi Cécile Goubet. Sans soutien public, le risque de chute des ventes de voitures à batteries était en tout cas bien réel.

lesechos

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