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Automobile: le chinois Great Wall affirme avoir des vues sur Fiat-Chrysler

Automobile: le chinois Great Wall affirme avoir des vues sur Fiat-Chrysler

Le groupe automobile chinois Great Wall Motor a affirmé lundi avoir des vues sur le constructeur italo-américain Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), dont il pourrait tenter de racheter la marque Jeep –une façon de se conforter dans sa spécialité, les 4×4 urbains, très prisés en Chine.

Fragilisé par l’effritement de ses ventes aux Etats-Unis, FCA pourrait trouver sa planche de salut dans une offre de rachat chinoise: l’hypothèse, qui fait l’objet de vives spéculations depuis une semaine, a été confortée lundi par l’intérêt manifesté par le septième constructeur de Chine.

“Nous sommes assurément intéressés pour réaliser une acquisition” liée à FCA, même si pour l’heure “cela reste une intention”, aucune offre formelle n’ayant été déposée, a indiqué à l’AFP une porte-parole de Great Wall Motor.

Pour autant, “nous allons agir de façon sérieuse (pour concrétiser) cette intention de rachat”, a-t-elle insisté, sans vouloir préciser si une future offre viserait tout ou partie du groupe FCA.

De fait, selon le site spécialisé Automotive News, Great Wall ne serait intéressé que par la marque de véhicules tout-terrain Jeep, propriété de FCA. Sa présidente Wang Fengying “est en contact” avec Fiat-Chrysler pour “entamer des négociations” à ce sujet, ajoutait le site.

De son côté, FCA a affirmé lundi dans un communiqué n’avoir “pas été approché par Great Wall Motor au sujet de la marque Jeep ou de toute autre affaire”.

Spécialiste des SUV –4×4 urbains– dont il est le premier fabricant chinois, Great Wall a vendu l’an dernier 1,07 millions de véhicules en Chine et en a écoulé près de 17.400 à l’étranger, selon des chiffres de l’entreprise.

Etant donné son positionnement, il se pourrait que Great Wall “préfère racheter” la seule filiale Jeep “plutôt que l’ensemble du groupe FCA”, estime Bill Russo, directeur du cabinet Gao Feng Advisory et ancien dirigeant de Chrysler en Chine.

“Jeep est le bijou de Fiat-Chrysler (…) c’est une marque à forte valeur”, déjà connue et appréciée en Chine, a-t-il expliqué à l’AFP.

- SUV plébiscités en Chine -

Les ventes de 4×4 urbains explosent en Chine, le premier marché automobile mondial: elles se sont envolées de 45% l’an dernier, à 9,05 millions d’unités, selon la fédération professionnelle CAAM.

A l’heure où Great Wall tente de monter en gamme en proposant des modèles plus onéreux –et plus rentables–, un rachat de Jeep lui permettrait de donner un nouvel élan à son image, observe John Zeng, patron de la firme de conseil spécialisée LMC à Shanghai, cité par l’agence Bloomberg.

FCA est déjà présent en Chine, où il a écoulé 110.000 voitures fabriquées sur place au premier semestre 2017, à la faveur d’une forte progression des ventes de Jeep produites par sa joint-venture avec le constructeur local GAC.

Chrysler, avant son rachat en 2009 par Fiat alors qu’il était en faillite, a été l’un des premiers constructeurs automobiles américains à s’implanter en Chine avec Jeep au début des années 1980 –avant de se faire largement dépasser par General Motors.

- Le précédent Ferrari -

Une acquisition chinoise pourrait permettre à FCA de sauver ses marques Chrysler, Dodge et Fiat, et lui donner les moyens nécessaires pour développer ses activités de recherche et de développement.

Son PDG actuel, Sergio Marchionne, avait donné en 2015 son indépendance à Ferrari et pourrait faire de même pour Alfa Romeo et Maserati. Faire passer d’autres marques, dont Jeep, sous contrôle chinois pourrait donc faire partie de sa stratégie.

Or, Great Wall pourrait ne pas être le seul constructeur de l’empire du Milieu à convoiter FCA.

Automotive News avait ainsi affirmé la semaine dernière que les représentants d’un groupe automobile chinois “bien connu” –mais non nommé par le site– avaient déjà fait au moins une offre en juillet pour acquérir FCA “un peu au-dessus de sa valeur de marché” actuelle.

Signe de l’enthousiasme du marché par ces spéculations: à la Bourse de Milan, peu avant 11H00 GMT lundi, le titre de FCA prenait 3,46% à 11,07 euros. L’action a pris environ 12% depuis une semaine.

Certes, FCA ne serait pas le premier constructeur de renom à passer sous contrôle chinois –le suédois Volvo appartient à Geely depuis 2010.

Mais il resterait toutefois à convaincre le président des Etats-Unis Donald Trump, lequel dénonce volontiers les déséquilibres commerciaux entre Pékin et Washington et pourrait s’opposer au passage sous pavillon chinois d’un fleuron de l’industrie américaine.

romandie

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