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Automobile : l’incertitude liée au Brexit pèse sur l’activité au Royaume-Uni

Automobile : l’incertitude liée au Brexit pèse sur l’activité au Royaume-Uni

Le nombre de voitures sorties des chaînes de montage au Royaume-Uni a baissé en septembre pour le cinquième mois de l’année, sous l’effet d’un décrochage de la demande domestique.

Coup de froid sur la demande de voitures « made in Britain » au Royaume-Uni. Son recul a atteint 14,2 % en septembre, ce qui a précipité l’activité des constructeurs britanniques dans son cinquième mois de baisse cette année, à – 4,1 %, soit 153.220 unités.

La production diminue ainsi de 2,2 % sur neuf mois, à 1,26 million de véhicules, selon la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT) . A eux trois, Jaguar Land Rover, Nissan (Renault) et Mini pèsent 70 % de la production britannique. Mini semble le plus touché : ses ventes ont chuté de 6 % en septembre. Vauxhall (PSA), de son côté, a vu les siennes reculer de 20 % et l’Astra, régulièrement dans le Top 5 des ventes, est sortie du Top 10 en septembre. PSA vient de supprimer 400 emplois dans l’usine d’Ellesmere Port.

80 % des voitures produites au Royaume-Uni sont exportées

« La baisse de confiance des consommateurs et des entreprises affecte la demande domestique et, du coup, les volumes de production », a souligné Mike Hawes, directeur général du SMMT, qui invoque le plan national sur la qualité de l’air pour expliquer le recul des véhicules Diesel, mais aussi, plus globalement, les incertitudes liées au Brexit.

« Le Brexit est le plus grand défi de notre temps, et nous n’avons toujours pas de clarté sur la future relation que nous entretiendrons avec notre plus gros partenaire commercial, ni de détail sur un éventuel accord de transition », a-t-il indiqué. Environ 80 % des voitures produites au Royaume-Uni sont exportées, dont la moitié vers l’UE.

« Une espèce de brouillard »

« Le gouvernement doit comprendre que nous ne pouvons rester dans cette espèce de brouillard », a aussi lancé, il y a quelques jours, Didier Leroy, vice-président de Toyota . Le constructeur (3.000 emplois dans le pays) demande à Londres de sécuriser un deal avec Bruxelles qui assure l’avenir de l’usine du Derbyshire, dans le centre de l’Angleterre, d’où sortent 180.000 véhicules par an.

Les mauvais chiffres de la production viennent confirmer la tendance enregistrée sur les immatriculations de véhicules neufs, qui ont baissé pour le sixième mois d’affilée en septembre (- 9,3 %, à 426.170 unités) , un mois crucial qui n’avait pas connu de recul depuis six ans. La demande a ainsi reculé de 5,2 % chez les entreprises, de 10,1 % chez les gestionnaires de flotte et de 8,8 % chez les particuliers.

Taxes sur les exportations

« La période d’incertitude politique et économique incite les entreprises à remettre leurs achats de véhicules à plus tard », explique Edmund King, président de l’Automobile Association, qui rappelle que les véhicules de fonction pèsent près de la moitié du marché. « Le Brexit a surtout, pour l’instant, un effet psychologique, son seul effet tangible à ce stade étant la baisse de la livre, qui renchérit le prix des carburants. »

La SMMT a fait ses comptes : sans accord commercial avec l’UE pour l’après-Brexit (après 2019), une taxe de 10 % (comme le prévoit l’OMC) sur les véhicules allant ou venant de l’autre côté de la Manche pourrait alourdir le coût des importations d’au moins 2,7 milliards de livres par an, et celui des exportations de 1,8 milliard. Le prix final des voitures importées du continent pourrait grimper de 1.500 livres si les constructeurs et les revendeurs en répercutaient l’intégralité.

Alexandre Counis
lesechos

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