mercredi 02 décembre 2020
Accueil / International / Aviation: pourquoi les compagnies à bas coût vont imposer leur modèle

Aviation: pourquoi les compagnies à bas coût vont imposer leur modèle

Aviation: pourquoi les compagnies à bas coût vont imposer leur modèle

En Europe le trafic aérien est toujours au plus bas, à cause de la deuxième vague de coronavirus. Les aéroports comme les compagnies sont en mode « survie », seules les compagnies à bas coûts semblent aujourd’hui en mesure de surmonter l’épreuve de la pandémie.

La Britannique Easyjet a reconnu hier mardi des pertes importantes, un milliard de livres au premier semestre, mais elle reste optimiste, se dit prête à rebondir, à aligner ses appareils sur le tarmac au moindre frémissement de la demande. Idem pour Ryanair qui a perdu seulement 193 millions d’euros en 2020. L’entreprise irlandaise connue pour le traitement de choc qu’elle peut infliger à ses passagers comme à son personnel apparait comme la grande gagnante de la crise avec sa rivale hongroise Wizz. Toutes ces compagnies ont un avantage immédiat, c’est leur marché, le court et le moyen courrier, le seul à vivoter en Europe, tandis que le trafic long courrier, assuré par les grandes compagnies nationales, s’est effondré avec la fermeture des frontières. Leur force sur la durée, c’est leur gestion au cordeau, Easyjet a supprimé le tiers de ses emplois dès le début de la crise.

En revanche les compagnies historiques se demandent encore comment elles vont passer l’hiver

Chez la Britannique IAG, l’ambiance est crépusculaire : 11 de ces airbus initialement stationnés à Châteauroux dans le centre de la France pour six mois sont envoyés à Madrid pour une hibernation dont nul n’est en mesure de prédire la fin. Air France pensait limiter la casse en décembre avec un repli de 20% des vols, elle s’attend maintenant à une chute de 60% par rapport à 2019. Pour l’avenir elle compte sur sa filiale à bas coût Transavia qui devra assurer les vols domestiques. L’Allemande Lufthansa est dépourvue de cet atout, alors elle se convertit aux recettes du low cost. Elle a annoncé hier que les snacks à bord seront désormais payants.

Le modèle des compagnies pas chères est en train de s’imposer?

Même dans le Golfe : l’Emirienne Etihad laisse les court et moyens courriers à sa filiale à bas cout Air Arabia pour se concentrer sur le long courrier. Les Etats, qui sont très sollicités en ce moment, ne soutiendront pas éternellement leurs compagnies nationales, leur mue parait aujourd’hui inéluctable. Elles devront resserrer tous leurs coûts, pour préserver ce qui est encore leur chasse gardée, les longs courriers. Un créneau pour le moment pas compatible avec l’exploitation à outrance des appareils et des équipages, pratiquée par les compagnies à bas coûts, celles qui ont tenté l’aventure se sont cassé les dents.

Les aéroports européens sont aussi très inquiets pour leur avenir

Selon leur association -qui a tenu hier son assemblée générale en format virtuel, sur les 500 membres près de 200 sont au bord de la faillite. Pour maintenir le trafic ils ont fait des rabais aux compagnies mais aujourd’hui ils sont à bout de souffle. Leurs coûts sont fixes, et leurs ressources, basées sur le trafic, se sont taries. En novembre avec la deuxième vague de coronavirus, la fréquentation a chuté de 90% par rapport à l’an dernier. Ils demandent d’urgence une aide publique, et des test Covid rapides plutôt que des quarantaines pour faire revenir les voyageurs. In fine leur sort dépend aussi des compagnies à bas coût, les seules qui ont encore des liquidités abondantes, des milliards d’euros pour Ryanair par exemple, mais des compagnies pas très enclines à pratiquer la charité. Pas question pour l’Irlandaise de payer plus de redevance, cette compagnie comme les autres continueront à privilégier les aéroports les mieux disant.

rfi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut