vendredi 30 octobre 2020
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BAD : des assemblées annuelles entre urgences post-Covid et réélection d’Akinwumi Adesina

BAD : des assemblées annuelles entre urgences post-Covid et réélection d’Akinwumi Adesina
La relance économique post-Covid en Afrique pour laquelle la BAD a lancé un fonds de 10 milliards de dollars et surtout la réélection (sauf coup de théâtre) du président Akinwumi Adesina, candidat unique à sa propre succession sont les principaux sujets des 55ème assemblées générales de l’institution qui se tiennent en ligne ces 26 et 27 août.

Placées sous le thème « Mieux reconstruire l’Afrique après la pandémie de COVID-19 », les 55ème assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) qui se tiennent virtuellement ces 26 et 27 août en raison de la pandémie de Covid-19, officialisent l’entrée de l’Irlande en tant que 81ème pays membre de l’institution dont les 54 africains. A l’occasion, les gouverneurs se pencheront en détail sur le fonds stratégique de 10 milliards de dollars lancé en avril dernier pour aider l’Afrique à faire face à la pandémie et l’aider à relancer son économie, alors que les déblocages de fonds se mettent progressivement en place.

Mais au-delà, le dossier le plus chaud de ces assemblées est sans aucun doute l’élection du président de la BAD pour les cinq prochaines années. Akinwumi Adesina, en poste depuis 2015, est candidat unique à sa propre succession. Alors que le vote est prévu à la fin des travaux, sauf coup de théâtre, le chemin semble complètement balisé pour l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture.

A la cérémonie d’ouverture ce mercredi matin, la ministre ivoirienne Kaba Nialé, présidente du conseil des gouverneurs de la BAD a salué « les efforts de tous les gouverneurs et de l’équipe de la Banque qui ont su adhérer à nos propositions de manière concertée et consensuelle » ainsi que « le panel des trois hautes personnalités sous la conduite de Mme Mary Robinson dont le travail en tout indépendance ont disculpé le président Adesina de toutes les allégations, mais surtout renforcer la crédibilité des organes de l’institution gage de sa réputation vis-à-vis des actionnaires ».

« Chers Gouverneurs, ces Assemblées annuelles sont pour moi l’occasion de vous offrir à nouveau mes services et de briguer un second mandat à la présidence de la Banque africaine de développement. », a déclaré Akinwumi Adesina dans son allocution ce matin, reconnaissant que « les derniers mois ont […] été difficiles pour la Banque ».

Accusé de mauvaise gestion par un groupe de de lanceurs d’alerte interne à l’institution, Adesina était pointé par seize allégations. Doublement blanchi, d’abord par l’enquête du comité d’éthique de la BAD, puis par la revue indépendante -préférée à l’enquête indépendante réclamée par les plaignants-, invoquant un manque de preuves contre le président. Entre-temps, plusieurs événements -dont la démission surprise d’une vice-présidente très proche d’Adesina, la suisso-américaine Jennifer Blanke- ont suscité de nombreuses interrogations restées en suspens.

A plusieurs reprises, le Nigeria a marqué son soutien au président Adesina, mettant notamment en avant certaines de ses réalisations dont l’augmentation historique du capital de la BAD en octobre 2019. Outre l’intense lobbying mené en faveur de son ancien ministre, le pays de Muhammadu Buhari, premier actionnaire de l’institution, créait encore la surprise tout récemment en renforçant sa participation dans le capital de la BAD, passé de 9,05% à 16,8%. De quoi peser davantage lors des votes du conseil des gouverneurs, notamment dans l’élection du président.

afrique.latribune

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