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Bancassurance en Afrique: alliances gagnantes et perdantes

Bancassurance en Afrique: alliances gagnantes et perdantes

La percée du groupe ivoirien NSIA dans le secteur bancaire par le rachat de la BIAO en 2006 avait constitué un laboratoire à ciel ouvert pour le secteur des assurances en Zone CIMA.

Il s’agissait de valider une règle empirique selon laquelle une compagnie d’assurance rentable, disposant d’excédents (plusieurs fois ses réserves techniques et sa marge de solvabilité minimale) a intérêt à s’assurer du soutien d’un réseau bancaire étendu pour placer ses produits à moindre coût via un canal de distribution étendu.

Sauf que dans le cas d’espèce, la reprise de la BIAO, s’apparentait à du développement ground zero. Il a fallu revitaliser une vieille institution bancaire, qui fut établissement d’émission monétaire, la sortir de sa torpeur centenaire (la première agence BIAO fut ouverte en 1906 à Grand Bassam) par la création d’une filiale (juillet 2011) en Guinée dotée d’un capital de départ de 5 milliards de FCFA. Autre investissement consenti, le changement de la marque et le passage de l’identité visuelle sous le giron de la NSIA. Dix ans après, la NSIA Banque est en Bourse.

Entre temps, la compagnie, détenue partiellement (20,9%) par un fonds d’investissement, en l’occurrence Emerging Capital Partners, a remplacé ce dernier par la Banque nationale du Canada (BNC) et le Fonds d’investissement Amethis finance. Le marché en avait tiré la conclusion, en mars 2015, que, d’une part la NSIA n’a pas voulu ou souhaité saisir l’opportunité de la sortie de son «encombrant» partenaire, pour reprendre ses parts et que, d’autre part, un développement par la banque a été privilégiée plutôt que l’option Swiss Ré qui était pressentie. Soit dit en passant, Swiss Ré s’est depuis rattrapée, s’offrant une participation indirecte dans la holding mère Manzi Finances (basée à Lomé, Togo) et actionnaire majoritaire -60%- de NSIA Participations. La transaction serait revenue à 112 millions de dollars, soit 72 milliards de FCFA. Ce petit matelas permet au patriarche Diagou de vivre avec sérénité le relèvement du capital minimum en zone CIMA.

En attendant, le partenaire canadien, irrité par l’intrusion royale de Swiss Ré, rêve des jours meilleurs. Deux ans après l’arrivée de la BNC dans le tour de table, force est de le constater, la NSIA n’a pas procédé à des acquisitions majeures dans la sous région pour hisser son canal bancaire au niveau de son réseau d’assurance.

En fait, le modèle NSIA rassemble aujourd’hui plus à de l’assurbanque qu’à de la bancassurance. À l’instar d’Axa Banque, qui n’a pas prospéré à l’ombre du géant mondial des assurances, les assureurs ont du mal à développer un réseau bancaire. Le cas de la France est édifiant en la matière. Tirant les traits sur ses pertes sèches, Groupama a cédé sa filiale banque à Orange. Ce, alors que l’intégration engrange des succès en sens inverse. La première collecte de l’assurance vie en France (marché le plus développé au monde devant l’Espagne) est assurée par la CNP, gestionnaire de l’épargne collectée par le réseau BPCE, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et BNP Paribas.

Le groupe Axa n’arrive qu’en cinquième position. Alors que les banques investissent l’assurance-vie, divers produits de prévoyance et quelques créneaux de l’assurance dommages (automobiles et habitations) peu d’assureurs arrivent à engranger des parts de marché par le biais de l’assurbanque.

En zone CIMA, la NSIA qui structure son approche bancassurance grâce à des alliances ouvertes avec Ecobank et la SIB (filiale d’Attijariwafa Bank) semble, estiment les analystes, avoir consenti beaucoup de fonds à développer une filiale bancaire quand ses concurrents potentiels, Sunu et Activa, ont opté pour des alliances par réseau peu gourmandes en fonds propres et rentables.

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