mardi 20 octobre 2020
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Banque africaine de développement : Immersion au cœur de 56 ans de leadership stratégique

Banque africaine de développement : Immersion au cœur de 56 ans de leadership stratégique
Réélu à l’unanimité lors des 55ème assemblées générales de la Banque africaine de développement (BAD) le 27 août, Akinwumi Adesina –investi le 1er septembre- en est le 8è président depuis la création en 1964 de la plus grande institution financière multilatérale du continent. Le leader nigérian sort ainsi vainqueur d’une période de crise de gouvernance sans précédent dans l’histoire de la BAD. Si les prochaines années s’annoncent pleines de défis, La Tribune Afrique saisit l’occasion de revenir sur ce qu’a été, au fil des ans, le leadership stratégique au sein de cette illustre institution qui a vocation à stimuler le développement de l’Afrique. Décryptage.

Dans la commune du Plateau à Abidjan, l’emblématique siège de la Banque africaine de développement (BAD) revêt bien le caractère mythique de cette institution financière multilatérale panafricaine, créée à Khartoum en 1964. Cette imposante « aura » tire son essence du leadership développé dans les années post-indépendances. « Historiquement, il n’y a pas un endroit en Afrique qui, au mètre carré, recèle un niveau d’intelligence aussi élevé qu’à la BAD. Il ne s’agit pas d’être Docteur ou Professeur, il s’agit d’avoir des gens qui, dans leur domaine respectif, ont des compétences pointues. De tels profils, rassemblés avec une vision pour l’Afrique, sont légion à la BAD. Je dis bien, historiquement », estime sous anonymat un ancien directeur à la retraite, interrogé par La Tribune Afrique.

En 56 ans, huit présidents se sont succédés à la tête de la BAD. Le dernier, le Nigérian Akinwumi Adesina, a été réélu à l’unanimité le 27 août dernier lors d’un vote électronique aux 55ème assemblées générales tenues virtuellement en raison de la pandémie de Covid-19. Il a été investi mardi 1er septembre, à Abidjan.

Si les deux premiers présidents de la BAD posent les fondements du devenir de l’institution, l’histoire retient que le Soudanais Mamoun Beheiry concrétise les premières opérations en juillet 1966 : une prise de participation dans la Banque de développement sierra-léonaise et un prêt de 2,3 millions de dollars au Kenya pour la construction d’une route. La BAD se résume alors à 10 employés, 23 pays membres (uniquement africains et indépendants) et un capital de 250 millions de dollars. Avec le Tunisien Abdewahad Labidi, la BAD lance le Fonds africain de développement (FAD), expérimente sa première augmentation de capital, pose la première pierre de son siège abidjanais et fait face au choc pétrolier de 1973.

Kwame Donkor Fordwor, « le Kwame Nkrumah de la BAD »

Le Ghanéen Kwame Donkor Fordwor (1976-1979), marquera les esprits par son leadership et son esprit panafricaniste. Un collaborateur de l’époque en parle encore avec émotion : « Fordwor était le Kwame Nkrumah de la BAD. C’était l’affirmation de l’Afrique et surtout un très haut niveau de technicité ».

Kwame Donfor Fordwor

Kwame Donfor Fordwor au Forum du Cinquantenaire de la BAD, le 26 mai 2015 à Abidjan.

Ce fonctionnaire international retraité se souvient d’une mission qui lui est confiée en Guinée Bissau en 1976, trois ans après l’indépendance. « Nous étions un groupe de deux experts et devions travailler sur un projet d’électrification rurale. Très peu de données sur le pays étaient disponibles à ce moment ». Après un travail de desk à Abidjan, le duo descend sur le terrain à Bissau. « Le gouvernement nous avait attribué comme correspondant local un expert européen, collaborateur du conseiller du ministre. Lorsque nous avons présenté le coût du projet tel que nous l’avions évalué, l’expert expatrié l’a estimé erroné. Ce que nous jugions impossible. Notre mission n’a pas pu avancer parce que ce consultant disait qu’on avait trop baissé les coûts et que ceux-ci devaient être plus élevés », raconte cet ex-manager à la BAD.

« Serez-vous prêts à quitter la BAD si vos chiffres sont erronés ? »

Il s’avère qu’au milieu de cette mésentente, Kwame Donkor Fordwor se rend en Guinée Bissau. « Nous lui avons fait part de ce que l’expert envoyé par le gouvernement nous empêchait d’avancer. Fordwor nous a posé une seule question :  »Si je fais venir des experts d’une autre organisation internationale pour étudier ce projet et qu’ils confirment que vos chiffres sont erronés par rapport à ceux du consultant expatrié, serez-vous êtes prêts à être renvoyés de la BAD ? » Nous l’avons regardé dans les yeux et avons répondu :  »Oui, nous sommes prêts ». Il a dit au ministre :  »Laissez mes experts faire leur boulot » ».

A l’insu de ses collaborateurs, Fordwor contacte des experts de la Banque mondiale pour une évaluation du projet bissau-guinéen. Deux mois et demi plus tard, le duo de la BAD est convié à présenter son rapport de mission au conseil d’administration. « Nous avons su qu’il avait commandé une contre-expertise, parce qu’il le dira devant tous les administrateurs :  » Ce que je veux dans cette Banque, ce sont des experts de qualité. Ce rapport a été fait par deux fonctionnaires de la BAD. J’ai demandé aux experts de la Banque mondiale de l’évaluer et leur résultat ne présente qu’une différence de 2% par rapport au coût proposé par nos experts » ». D’après notre source, le président « avait découvert qu’une grande société européenne finançait l’expert recommandé par le gouvernement bissau-guinéen ».

Discipliné et passionné par la compétence et la qualité du travail, Fordwor a entrepris plusieurs réformes à la BAD et conduit une importante augmentation de capital. Lui, qui avait pourtant commencé sa campagne pour un second mandat, a malheureusement démissionné. En cause, des frictions en interne. Un récit ghanéen de son parcours invoque « une grande animosité et l’envie de nombreux représentants africains à la Banque » résultant de ses exploits. D’après ceux qui l’ont côtoyé, Fordwor avait un « fort caractère qui faisait qu’il ne supportait pas certaines choses ». Tête pensante de l’entrée des non régionaux dans le capital de la Banque pour l’aider à mieux mobiliser les ressources sur les marchés financiers, Fordwor publie après son départ un livre sur la BAD, évoquant les problèmes de coopération internationale. Le vice-président malawite Godwin Gondwe assumera l’intérim de la présidence, jusqu’à l’arrivée du Zambien Wila Mungomba en juin 1980 pour un mandat de cinq ans.

« Dans l’Afrique normale, impossible qu’un adjoint brille plus que le président »

Cet avocat passé par les Nations Unies, le FMI et la Banque mondiale sera un leader assez particulier. Selon d’anciens collaborateurs, « la Banque a commencé à faire bouger les lignes » sous son mandat. Après le choc pétrolier de 1979, la BAD fait face à un besoin criard de ressources pour soutenir les économies fragilisées. C’est alors que se concrétise l’entrée des non-régionaux dans le capital de l’institution, laquelle obtient ensuite sa première notation double A.

Au fil de ces réalisations, l’adjoint au président se fera particulièrement remarquer. « Mungomba n’était pas très attaché aux dossiers, il laissait faire. C’est pour cela que Babacar Ndiaye a pu briller », témoigne notre source. « C’était assez curieux d’ailleurs, remarque cet ancien responsable à la BAD. Dans l’Afrique normale, il est impossible qu’un vice-président soit chargé de lauriers dans le monde entier pendant que le président est là. C’est déjà un leadership énorme ! », relativise-t-il, avant d’ajouter :

« Généralement, quand un vice-président brille plus que le président, on lui coupe la tête. Donc, félicitations à Mungomba qui n’a pas coupé la tête de Ndiaye ! ».

Babacar Ndiaye, la « marque BAD »

Capitaine du navire de 1985 à 1995, le Sénégalais Babacar Ndiaye inaugure les deux mandats à la présidence de la BAD. Premier Africain sacré meilleur banquier de l’année au monde par la revue londonienne International Finance Review en 1984, le nouveau leader cumule les exceptions : premier employé de l’institution en 1965, il en est le premier et dernier -à ce jour- à devenir président. « Le président Ndiaye a énormément changé la BAD, avec notamment la reformulation de toutes les grandes procédures. C’était un grand professionnel. Il connaissait l’institution, connaissait ses hommes et les aimaient », nous explique un de ses conseillers de l’époque.

Babacar Ndiaye conduira en 1987 la quatrième augmentation du capital de la BAD, à hauteur de 200%, l’établissant à 22,3 milliards de dollars. Ses collaborateurs de l’époque lui créditent en outre une technique de recrutement en interne adoptée par certaines multinationales. « Pendant une semaine, tous les postes étaient vacants et les professionnels en interne pouvaient, sur la base d’un Job description, postuler à trois postes. Des consultants extérieurs réalisaient des tests écrits et oraux pendant deux semaines. Il en découlait des affectations. La première fois que cette technique a été appliquée dans le monde, c’était à la BAD et c’était une idée du président Ndiaye », témoigne un ex-responsable en Afrique de l’Est.

Sous le leadership de l’expert-comptable sénégalais, la BAD obtient sa première notation triple A de Fitch Ratings et Moody’s, puis Standard & Poor’s. Babacar Ndiaye nomme également la première femme vice-présidente -la soudanaise Bodour Abou Affan. Panafricaniste dans l’âme, il pense plusieurs initiatives visant à amplifier l’action de la BAD, comme la création du secteur privé dans les opérations de la Banque, la table ronde des hommes d’affaires d’Afrique (présidée par le béninois Samuel Dossou Aworet), ou encore le Banque africaine d’import-export (Afreximbank). « Ndiaye comprenait que la BAD ne pouvait pas tout faire, toute seule », souligne son ami proche.

Plusieurs lui ont prêté l’ambition d’un troisième mandat, mais pour ses intimes, ce ne serait qu’une « rumeur sans fondement » nourrie suite à une réforme. « Un des problèmes de Ndiaye a été qu’il a mis un terme au mandat des administrateurs qui étaient à la BAD depuis quatre à cinq mandats. Certains étaient devenus des permanents. Ndiaye avait conçu un système qui ne leur permettait de siéger que pendant deux ans. Plusieurs lui en ont voulu. On l’a donc soupçonné de vouloir faire un troisième mandat, mais personne ne peut prouver cela avec un écrit », explique le conseiller. Sur le départ de Ndiaye, la Banque est cependant en situation financière difficile, ce qui complexifie le choix de son successeur.

Ndiaye Kabbaj

Babacar Ndiaye félicite Omar Kabbaj, son successeur.

Omar Kabbaj, l’artisan du redécollage

Président de la BAD dès septembre 1995 après un scrutin de 14 tours et des tractations entre puissances africaines, le Marocain Omar Kabbaj, ancien ministre, a la lourde tâche de remonter les compteurs de l’institution. Cela passera par plusieurs réformes difficiles, très critiquées mais fructueuses dont une coupe dans les effectifs, l’abandon de certains projets et l’augmentation des droits de votes des non régionaux passés de 33% à 40%, leur conférant ainsi une minorité de blocage, après une augmentation du capital de 35%. « Les non-régionaux ne veulent pas imposer leurs points de vue, mais éviter qu’une coalition africaine n’impose les siens à tout le monde », expliquait Kabbaj à nos confrères de Jeune Afrique en 2005.

« On sentait pendant le mandat de Kabbaj que les Occidentaux avaient la main haute, mais cette occidentalisation de la BAD -si je peux le dire ainsi- était nécessaire, parce qu’il fallait muscler la position technique de la Banque, la connecter au système financier international, renforcer sa crédibilité pour avoir des investisseurs au travers des émissions obligataires réalisées successivement et surtout ramener des capitaux frais … C’est ce qu’il a fait et cela a été salutaire », explique à LTA un analyste financier proche de l’institution.

Omar Kabbaj a conduit le déménagement temporaire des bureaux de la BAD à Tunis en 2003. Ce qui lui vaudra quelques incompréhensions en Côte d’Ivoire notamment. Mais après la crise de 1999 où la Banque était confrontée à des difficultés dans ses opérations, le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 était la goutte d’eau de trop. « Une banque internationale comme la BAD ne peut fonctionner sans être en relation constante avec les marchés financiers. Plusieurs milliards de dollars sont en jeu. En plus, la BAD travaille avec l’ensemble de l’Afrique. Elle a plus de six cents projets à suivre. C’est dire que les activités de la Banque ne peuvent supporter la moindre interruption. Il y va de sa réputation et de sa rentabilité », défendait Kabbaj à JA, soulignant qu’outre ces facteurs stratégiques, la sécurité du staff -victime de braquages et d’agressions- était en jeu.

Conseiller du roi Mohammed VI du Maroc depuis 2006, Omar Kabbaj part en août 2005. Plusieurs lui ont reproché son rapport aux autres, mais il a le mérite d’avoir laissé la BAD en santé financière, ce qui a permis à son successeur de démarrer sur une note dynamique.

Donald Kaberuka, un travailleur qui « force le respect »

Lorsque le Rwandais Donald Kaberuka prend les rênes de l’institution, l’économie africaine se porte plutôt bien et termine l’année 2005 avec une croissance du PIB de 5,3%. Le président de la BAD doit pérenniser les acquis de la Banque et hisser l’institution à de nouveaux sommets. Ancien ministre des Finances et de la planification économique et artisan du « miracle rwandais », il a de quoi tenir, même si ceux qui l’ont côtoyé le qualifie souvent d’austère. « Le président Kaberuka est le genre de personnage dont on peut ne pas aimer la personne pour X ou Y raison, mais il force le respect par son travail. C’est un bosseur et ses résultats à la tête de la BAD ont parlé en sa faveur », témoigne un cadre dans les rangs de la Banque.

Donald Kaberuka

Donald Kaberuka met l’accent grave sur l’investissement dans les infrastructures et l’appui au secteur privé. Ses compétences techniques permettent notamment à la BAD d’accompagner les économies africaines lors de la crise financière mondiale de 2008, mais aussi de procéder à la sixième augmentation de capital et décrocher à nouveau en 2013 la note triple A de Fitch, conservée jusqu’à ce jour. « Kaberuka a ramené un très grand leadership à la BAD. Lorsque je l’ai rencontré aux Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Singapour, il venait d’accéder à la présidence. Il évoquait déjà certains chantiers auxquels il songeait pour la BAD et qu’il a bel et bien réalisé », confie un patron dans le secteur de l’investissement.

Au-delà, les annales de la Banque signalent avec fierté le retour de la BAD à son siège statutaire à Abidjan en août 2014, après 11 ans de relocalisation à Tunis. Kaberuka y avait émis plusieurs conditions. « La BAD avait exigé des autorités ivoiriennes la mise à jour d’un certain nombre de privilèges dont devaient bénéficier ses fonctionnaires, mais aussi que la Banque soit propriétaire du terrain sur lequel était bâti le siège, environ 4 700 m2. Abidjan l’a accepté, faisant même davantage, en y ajoutant un peu plus de 5 000 m2. L’Etat de Côte d’Ivoire a donc cédé au total près de 10 000 m2 à la BAD, à titre gracieux et définitif. Pour l’ensemble des efforts consentis pour le retour de la BAD, la Côte d’Ivoire a quand même dépensé plusieurs milliards de Fcfa, ce qui n’est pas rien. Et le pays a commencé à en récolter les fruits », analyse Guy Gweth, président du Centre africain de veille et d’intelligence économique (Cavie).

Donald Kaberuka est sorti par la grande porte en août 2015. Toutefois, ses détracteurs lui reprochaient de n’avoir pas incarné l’équilibre Afrique anglophone et francophone qu’il inspirait à son arrivée, estimant qu’il aura plus servi les pays anglophones.

Akinwumi Adesina, les enjeux d’un second mandat

Huitième président de la BAD arrivée en septembre 2015, le Nigérian Akinwumi Adesina joue déjà les premières cartes de son second mandat. A son investiture mardi, il a tenu à souligner que sa réélection, « avec 100 % des suffrages des actionnaires régionaux et non régionaux – sans la moindre abstention, est un fait inédit dans les 56 années d’histoire de la Banque ». C’est sa victoire sur ce qui a failli détruire les acquis d’une longue et prestigieuse carrière : la crise de gouvernance qui a secoué la BAD de cette année, suite aux allégations de mauvaise gestion par un groupe de lanceurs d’alerte.

adesina

Avec sa stratégie baptisée « High 5 » et déclinée en cinq axes (Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ; Nourrir l’Afrique ; Industrialiser l’Afrique ; Intégrer l’Afrique ; et Améliorer la qualité de vie des populations africaines), Adesina s’était notamment fait le chantre d’une Afrique prospère par l’exploitation de ses riches terres en développant l’agriculture. Il a su capitaliser sur ses acquis d’ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria pour imposer sa marque à la BAD. L’augmentation du capital de la Banque en octobre dernier, passé de 93 milliards de dollars à 208 milliards de dollars, la reconstitution du Fonds africain de développement (FAD) ou encore la facilité de 10 milliards de dollars lancée pour aider les économies africaines à faire face à pandémie de Covid sont autant d’opérations qu’il a menées. Si la récente crise interne aurait pu balayer du revers de la main ces réalisations, l’intense lobbying du Nigeria a permis au président de la BAD de se tirer d’affaires. « La pluie est derrière nous. Les nuages qui assombrissaient l’horizon se sont dispersés », s’est-il fendu dans son allocution.

« Affirmation du pouvoir des Africains » ?

Pour certains observateurs, « le deuxième mandat d’Adesina risque d’être diminué de sa puissance, en raison du traitement de cette affaire », d’autres pensent plutôt que son dénouement illustre « une sorte d’affirmation du pouvoir des Africains » au sein de la BAD. « Comme je le disais l’occidentalisation de la BAD sous les deux leaderships qui ont précédé Adesina était un mal nécessaire pour conforter sa crédibilité en tant qu’institution financière. Après il faut savoir mettre une limite et je pense que c’est ce qui vient de se passer. Ce qui permet aujourd’hui à Adesina de revenir, la balle au centre, avec une plus grande maîtrise », explique l’analyste proche de la BAD.

La BAD, qui compte aujourd’hui plus de 2 000 employés et 81 pays membres dont les 54 d’Afrique, écrit donc un nouveau chapitre de son histoire au moment où sonne l’urgence de la reconstruction économique du continent cassé dans son élan par la Covid-19 qui devrait le plonger dans sa première récession en 25 ans. Le leader nigérian, qui va également devoir relever plusieurs autres défis dont la mobilisation effective des ressources, fera probablement tout pour finir sur une note positive comme ses deux prédécesseurs.

« Les leaders de la BAD ont tous été jusqu’ici des hommes à très forte personnalité. A des exceptions près, ils ont tous, selon leur contexte, réussi à faire ressortir du bon de cette institution absolument nécessaire pour le rayonnement de l’Afrique. Il y a eu des hauts, il y a eu des bas, parfois des erreurs stratégiques, il faut désormais tout faire pour qu’au-delà des discours, les Africains poussent dans le leadership, le vrai », analyse l’expert.

La nature et qualité du récit des cinq prochaines années sera déterminé par les réalisations d’Akinwumi Adesina, au travers de qui le Nigeria -premier actionnaire de la BAD qui s’attendait à présider l’institution depuis les années 1990- a enfin décroché sa décennie aux commandes de l’emblématique institution financière multilatérale panafricaine.

afrique.latribune

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