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BANQUE-INNOVATIONS-REGLEMENTATIONS-BALE II-BALE III : 3 questions à Monsieur Patrick Mestrallet

BANQUE-INNOVATIONS-REGLEMENTATIONS-BALE II-BALE III :  3 questions à Monsieur Patrick Mestrallet

Monsieur Patrick Mestrallet est un ancien Président du Club des Dirigeants de Banque et Etablissements de crédit d’Afrique. Il est par ailleurs le Chef de projet Comité de Projet de Fusion BTCI/UTB. Dans l’entretien qui suit il revient à propos de la vie du club des Dirigeants de Banque et Etablissements de Crédit d’Afrique, Bale II et Bale III ainsi que les risques liés aux innovations pour la banque de demain. Lisez plutôt.

 

Quel bilan tirez-vous de votre mandat à la tête du Club ?

Patrick Mestrallet : Le premier bilan pour moi c’est l’amitié. L’amitié entre les banquiers de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre. C’est vrai qu’au début le club avait été créé comme un club d’Afrique francophone. Aujourd’hui il est étendu à toute l’Afrique. Et quand vous vous promenez vous verrez qu’il y a toutes les nationalités. C’est pourquoi ces rencontres constituent d’abord une réunion amicale. Ensuite c’est une occasion pour nous d’échanger nos expériences et nos idées sur notre propre métier et son évolution. C’est important par ce que il n’existe pas tant que cela dans d’autres secteurs. Par exemple vous n’avez pas le club de tous les dirigeants de BTP. Les banques travaillent les unes avec les autres au quotidien. Sur le marché inter bancaire par exemple, l’on s’appelle les uns les autres, par exemple pour des raisons de trésorerie ou des questions de finance. Qu’il y ait une véritable proximité entre banques est véritablement le bilan positif que l’on tirer du club.

Risques et innovations. A quoi doit s’attendre la banque de demain ?

C’est vrai que le métier de banquier ne peut prétendre au titre du plus vieux métier du monde. Mais il existe quand même depuis longtemps. Par exemple au Sénégal la première banque a été créée en 1853. Elle faisait banque centrale par ce qu’on a introduit la monnaie. C’est dire que le secteur bancaire a toujours apporté des innovations et a toujours pris des risques. Ce qui signifie que ce n’est pas nouveau et que l’on fait cela tout le temps. Le monde des risques ainsi que les innovations évoluent. Aujourd’hui nous sommes en train de réfléchir sur la digitalisation. C’est-à-dire que l’on puisse payer sans échange de monnaie. Ce n’est qu’une réflexion mais toute les banques qui n’iront pas dans cette voie dans les trente ans qui viennent vont disparaître. En revanche l’on ne peut pas aller trop vite aussi. Si vous aller dans un marché d’une ville de province au Sénégal, vous n’allez pas payer avec de la monnaie virtuelle, il faut de vrais billets. Les paysans, les artisans en ont besoin. Il faut donc y aller progressivement et s’y préparer.

 

Le débat est houleux aujourd’hui autour de Bale II et Bale III, deux nouvelles réglementations bancaires de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en vigueur depuis janvier 2018. Quel est votre point de vue là-dessus ?

Les gens du Comité de Bale sont déjà à Bale IV mais c’est déjà contesté par notamment les banques françaises qui veulent mettre le doigt sur les difficultés d’application de ces accords. Ici il faut y aller doucement il ne faut pas s’imaginer que demain on va passer de Bale I à Bale III vite fait et bien fait alors que le taux de bancarisation n’est pas le même. La banque centrale l’a bien compris. Et notamment le financement de projets des PME pose véritablement un problème dans le cadre de Bale II, Bale III. La banque centrale à essayer de trouver un mécanisme pour favoriser un peu le financement des PME, mais ce n’est pas simple par ce que la définition des PME qu’elle prend en compte est une définition restrictive. Ce sont des PME très structurées. Pourtant on sait bien que dans nos pays, les PME ne sont toujours pas bien structurées, elles n’ont pas de commissaires aux comptes ni des comptes arrêtés comme il faut. Il va falloir que l’on s’adapte à cela. Ainsi qu’avoir un peu de temps pour adopter le bon rythme et placer le curseur au bon endroit pour pouvoir financer l’économie.

 

Entretien retranscrit par B.S

 

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.Com

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